NUMERO : Janvier-Février 2015

Le maquillage du teint (et le maquillage pour enfants)


Pourtant, la proportion de maquillage dans la cosmétique bio vendue dans le circuit spécialisé reste de loin inférieure à celle du maquillage au sein du marché total de la cosmétique conventionnelle, alors que du côté de la plupart des autres familles de produits (soins visage et corps, capillaires…), la proportion est globalement comparable. En effet, en France, sur le marché de la cosmétique, le soin de la peau ( visage, corps, solaires…) tourne selon les années autour de 30 %, les capillaires environ 25 %, les produits d’hygiène et de toilette (bain, douche, dentifrice, déos, épilation) autour de 10 à 15 %, idem pour les parfums et 15 à 17 % pour le maquillage.

 

Si le soin de la peau et du cheveu, ainsi que l’hygiène, sont également en tête du marché de la cosmétique bio, parfum et maquillage sont par contre largement en retrait. Si l’offre en « parfums bio » est assez réduite, pour le maquillage bio par contre, pour lequel l’offre ainsi que la qualité sont bien là, on doit en déduire qu’il n’a pas atteint tout le potentiel qu’il mérite.

Et ce d’autant plus que sur un marché de la cosmétique conventionnelle plutôt morose et stable ces dernières années, le maquillage est encore le segment qui résiste le mieux, avec une croissance régulière de quelques %. Il importe donc de mieux connaître le maquillage, afin de pouvoir le conseiller de façon efficace. Selon des chiffres récemment publiés par le magazine Les Nouvelles Esthétiques 18 % des achats de maquillage concernent les produits pour les ongles, 24 % les lèvres, 32 % les yeux et 27 % le teint, catégorie que nous évoquons dans cet article.

 

Pourquoi se maquiller ?

Se maquiller est une chose qui fait parfois encore peur à certaines femmes. Parce ce qu’elles ne le maîtrisent pas totalement et pensent que c’est compliqué, parce qu’elles ne supportent pas les produits de maquillage conventionnel, parce que cela ne fait pas « naturel ». Toutes les esthéticiennes passées au bio le confirment néanmoins : le maquillage certifié est très facile à appliquer, il est de loin beaucoup mieux toléré, et par ses propriétés « soignantes » permet même de vraiment « rattraper » une qualité de peau dégradée.

Et si la palette de couleurs est encore (un peu) moins riche que le maquillage conventionnel, ses couleurs naturelles permettent d’obtenir un résultat élégant. Il unifie le teint, apporte fraîcheur et éclat au visage, fait disparaître les marques de fatigue et les défauts. Tout ce qu’il faut pour avoir bonne mine avec un aspect des plus naturels, et si nécessaire apporter les touches de couleur de circonstance lors d’occasions particulières. Sans oublier que le maquillage donne de la confiance en soi. La « femme bio » n’a donc aucune raison de ne pas s’y intéresser.

Se maquiller le visage nécessite néanmoins de respecter un ordre précis pour obtenir un résultat impeccable. D’abord les yeux (base puis fard à paupières, eyeliner, mascara pour les cils et crayons sourcils), puis le teint (base, fond de teint, anti-cernes et/ou illuminateur, poudre libre et fard à joues), ensuite les lèvres (crayon, rouge et éventuellement gloss) et enfin les ongles selon l’envie. Parce que le fond de teint est la base d’un maquillage réussi et que le maquillage du teint est celui pour lequel il y a plus de produits disponibles, il est donc utile de commencer par cette phase (nous parlerons des lèvres et des yeux dans le prochain article), même si elle est la seconde dans l’ordre logique.

 

Préparer la peau

Pour un teint parfait, il est nécessaire que le terrain soit bien préparé : le résultat ne sera jamais optimal si la peau n’est pas en bon état. Elle doit donc être bien nettoyée, et ce, matin et soir, pour être débarrassée des impuretés cutanées, des salissures apportées par l’environnement et des éventuelles traces de maquillage précédent. Un gommage et/ou un masque hydratant régulier (une fois par semaine) sera toujours un plus.

Au quotidien, on commencera par hydrater (peau sèche) ou matifier (peau grasse ou mixte) avec la crème de jour adaptée à son type de peau. Le maquillage du teint tiendra d’autant mieux et plus longtemps. Si à l’usage on constate que le fond de teint ne donne pas un aspect parfait, on pourra commencer par l’application d’une base neutre.

En cas d’imperfections et de rougeurs à cacher, il existe des bases tirant vers le vert, qui cacheront ces défauts par le jeu de la complémentarité des couleurs. À l’instar du fond de teint lui-même, ces bases s’appliquent sur le nez, le front, les joues et le menton, puis s’étalent délicatement de l’intérieur vers l’extérieur du visage.

Le fond de teint

Le fond de teint existe avec différentes textures. Sous forme fluide, très facile à appliquer, il convient en général tout particulièrement aux peaux sèches et aux femmes qui ne maîtrisent pas les poudres compactes ou à celles qui cherchent un effet très naturel. Les poudres compactes sont conseillées aux peaux grasses, pour leur effet matifiant et leur bonne couvrance pour cacher les imperfections. Il existe aussi des crèmes poudrées, à l’effet velouté/satiné, parfaites par exemple pour les peaux mixtes, voire sèches. Les fonds de teint mousse, encore rares en certifié, offrent quant à eux une texture légère, facile à appliquer, qui convient bien aux peaux mixtes à grasses. Idéalement, on utilise deux couleurs de fond de teint pour structurer le visage : une claire pour la partie médiane (pommettes, front et menton) et une autre plus foncée pour le reste.

La couleur la plus foncée (ou la couleur unique) doit impérativement être choisie en harmonie avec la carnation naturelle, en la testant dans le cou ou sous le menton, zones moins exposées au soleil : le fond de teint ne doit pas se voir. En utilisant un pinceau, une éponge ou les doigts (on trouve de nombreux tutoriels vidéo sur Internet), on dépose le fond de teint le plus clair sur le front, l’arête du nez, les pommettes et la mâchoire, en l’étalant de l’intérieur vers l’extérieur, jusqu’à la naissance des cheveux, à la base des oreilles et sur le cou (pas trop bas néanmoins), en estompant délicatement pour éviter toute démarcation, sans oublier le lobe des oreilles. Au niveau du menton, on étale le produit de bas en haut, et de haut en bas au niveau du front. On appliquera ensuite la teinte plus foncée sur le haut du front dans le creux des joues, en l’estompant bien avec le reste du visage.

 

Corriger, fixer et rehausser

Après l’application du fond de teint – et non avant, car sinon on l’efface ! – il peut être utile d’appliquer un correcteur anti-cernes ou illuminateur. Le rôle de celui-ci est d’éclaircir les zones d’ombre et il doit donc être choisi dans une teinte légèrement plus claire que celle du fond de teint (et donc de la carnation naturelle), au risque d’obtenir l’effet inverse de celui recherché. On l’applique sous les yeux, idéalement avec un pinceau s’il n’est pas présenté en crayon ou stick, en partant du coin interne de l’œil vers l’extérieur. On tapotera légèrement pour bien l’estomper, ce qui activera également la circulation sanguine sur cette zone et aidera à la décongestionner. Là aussi, la peau du contour des yeux doit préalablement être bien hydratée, en utilisant une crème spécifique contour des yeux. À noter qu’on peut aussi appliquer le correcteur sur le haut des pommettes ou sur l’arête du nez, et bien entendu sur toutes les imperfections à camoufler (acné, points noirs, taches ou cicatrices…), en l’estompant délicatement.

L’étape suivante consiste à appliquer, à l’aide d’un gros pinceau avec des mouvements de balayage, une poudre libre sur tout le visage. Le rôle de celle-ci est notamment de « fixer » le fond de teint et aussi de donner du velouté à la peau. Il faut l’appliquer en ayant la main légère – mieux vaut pas assez que trop – par petites touches de l’intérieur vers l’extérieur, et du bas vers le haut sur le menton. Ne pas oublier de poudrer les paupières, puisque les yeux auront été maquillés avant le teint. On peut également en appliquer sur les lèvres avant de mettre du rouge, ce qui en améliorera aussi la tenue. Le maquillage du teint – au total à peine 5 à 10 minutes si on réalise effectivement toutes les étapes – se termine par l’application d’un blush alias fard à joues qui permettra d’illuminer le visage. Pour le déposer à l’endroit idéal, il faut sourire : la pommette devient alors saillante, et on applique le blush sur le dessus de celle-ci avec un pinceau, par un léger mouvement de l’intérieur vers l’extérieur.

Pour avoir la bonne quantité – recommandation valable pour toutes les poudres – on prélève un peu de poudre avec le pinceau et on tapote sur le dos de la main pour éliminer l’excédent. De façon générale, on utilise une couleur chaude (brique, pêche, orange, brun…) sur une peau au teint mat, et une couleur froide (rose bonbon, rose bleuté, fuchsia…) sur une peau claire. L’essentiel est cependant que cette couleur soit en harmonie avec le reste du maquillage (rouge à lèvres en particulier). Effet bonne mine garanti !

 

Le maquillage pour enfants

Le maquillage pour enfants concerne avant tout le visage, et s’apparente donc au maquillage du teint. Il va de soi qu’il ne s’agit pas ici de faire l’apologie d’un maquillage trop précoce des petites filles, dont le teint de rose n’a en général nul besoin d’être modifié ou rehaussé. Il n’est acceptable qu’à partir de l’adolescence. Nous pensons évidemment au maquillage festif.

La période des déguisements de carnaval approchant, un petit aparté à son propos s’impose donc ici. Au printemps dernier en effet, un magazine comparatif bien connu en France avait évalué 10 kits de maquillage pour carnaval et 8 coffrets de maquillage pour petites filles. Verdict : la moitié des produits testés contenait des parabènes, potentiels perturbateurs endocriniens, 5 des pigments étaient chargés en métaux lourds (plomb, nickel, cobalt) et 5 produits contenaient des parfums allergisants. Un des produits présentait même une dose d’allergènes 140 fois supérieure à la valeur limite imposant leur étiquetage ! Quand on sait combien la peau des enfants est sensible, fine et particulièrement perméable, il y a de quoi s’inquiéter.

Il importe donc de rendre la clientèle particulièrement attentive et à la faire impérativement se tourner vers des produits certifiés naturels. Ceux-ci sont rares sur le marché, mais ils existent. Ils sont bien entendu sans parabènes ni autres conservateurs de synthèse, n’utilisent que des pigments minéraux ou naturels et leurs parfums minimisent les allergies. Les produits sont lavables à l’eau.

La présence du marquage « CE », même s’il est apposé par le fabricant lui-même sur la base d’une autocertification, est en outre la garantie que ce maquillage est conforme à la réglementation relative aux jouets, auxquels il est assimilé.