NUMERO : Nov-Dec 2013

Acide – Base… un équilibre fondamental pour une santé optimale

 

Avec l’avènement de l’alimentation « moderne », les assiettes garnies de viandes, volailles, céréales raffinées, fromages ou encore l’éternel sandwich jambon-beurre-gruyère sont de véritables petites « bombes » acidifiantes et déminéralisantes si elles ne sont pas compensées par des aliments ayant un fort pouvoir alcalin.

Qu’est-ce que l’équilibre Acidobasique ?

Pour que l’organisme fonctionne correctement, le pH sanguin doit se situer dans une zone comprise entre 7,35 et 7,45. Chimiquement, le pH (potentiel Hydrogène) permet de mesurer l’activité de l’ion hydrogène dans une solution. Cette grandeur mesure le caractère plus ou moins acide ou basique (alcalin) d’une solution aqueuse.

L’alimentation fournit des ions hydrogène H+ (acides) ou bicarbonates HCO3-(basiques).

Selon que les premiers prédominent ou pas, le sang est plus ou moins acide. Si le pH sanguin est trop bas, donc trop acide, on dit que l’organisme est dans un état d’acidose. Quand cet état perdure dans le temps, on appelle cela l’acidose chronique avec les multiples conséquences sur la santé qui continuent d’être démontrées par de multiples études scientifiques.

En fait, la présence d’acides est normale et parfaitement tolérée par le corps tant qu’un certain seuil n’est pas dépassé. En effet, l’organisme dispose de différents « systèmes tampons » au niveau des poumons, des reins, du foie et du sang, lui permettant d’équilibrer les variations de pH en neutralisant les acides avec des bases. Chimiquement, les ions hydrogène H+ seront neutralisés (on dit aussi tamponnés) par les bicarbonates HCO3- pour former de l’eau (H2O) et du dioxyde de carbone (CO2) qui sera ensuite évacué par les poumons.

Les poumons sont donc capables de rejeter les acides « volatils » provenant surtout de la dégradation des protéines végétales. Toutefois, lorsqu’une quantité excessive d’acides pénètre dans le sang, les poumons passent aussitôt en hyperventilation et expulsent donc plus de CO2.

Les reins, vont quant à eux rejeter les autres acides « non volatils », provenant principalement de la dégradation des protéines animales. Toutefois, les capacités rénales sont lentes et en raison de certaines pratiques alimentaires hyperprotéinées, elles atteignent pratiquement leurs propres limites de traitement et de détoxification. Les reins ne peuvent donc éliminer qu’une quantité limitée d’acides par jour et avec l’âge, leur efficacité diminue d’environ 1 % par an.

Le foie, via le cycle de l’urée, en libérant des bicarbonates, intervient également dans l’élimination des acides organiques, comme l’acide lactique. Il est donc important de le soulager à chaque changement de saison avec des suppléments phytonutritionnels appropriés. D’autres organes interviennent également, dans une moindre mesure, dans la régulation de l’équilibre acido-basique : l’estomac, les intestins et la peau avec les sécrétions et la sueur.

L’organisme met donc en place de nombreux systèmes pour neutraliser et éliminer les surcharges acides. Cependant au-delà d’une certaine limite, les systèmes tampons ne suffisent plus, l’apport d’acides est trop important et l’organisme est dépassé.

Quelles conséquences pour la santé ?

L’organisme ne peut pas fonctionner à plein régime dans un environnement trop acide et les chercheurs soupçonnent cet état d’acidose chronique de favoriser :

● la fonte musculaire,

● les calculs rénaux et donc d’abîmer les reins,

● l’hypertension artérielle,

● l’ostéoporose par déminéralisation osseuse.

Pour savoir si vos clients sont concernés par l’acidose chronique, vous pouvez leur conseiller l’utilisation des bandelettes urinaires, très efficaces pour connaître facilement le pH de l’organisme.

Pourquoi ce déséquilibre ?

Jusqu’à la fin de l’ère paléolithique, l’alimentation des Hommes préhistoriques a été largement alcaline car riche en fruits et légumes qui contrebalançaient les acides issus du métabolisme des protéines animales (poissons, viandes). On estime d’ailleurs que la part des végétaux représentait à cette époque près de 65 % des apports.

Mais tout s’est compliqué à partir du néolithique quand l’alimentation s’est basée sur les céréales, les viandes et les laitages qui fournissent beaucoup d’acides aminés soufrés, mais quasiment pas de composés alcalins. Clairement, le régime « moderne » est devenu acidifiant, alors que le régime préhistorique (préagricole) était alcalinisant.

Sans conseiller strictement à vos clients de revenir à l’alimentation de nos ancêtres du paléolithique, votre objectif sera d’alerter sur l’excès de certains aliments et en particulier les viandes, les céréales et les laitages (et plus spécifiquement les fromages) et de favoriser les aliments alcalinisants comme les fruits, les légumes et les compléments alimentaires alcalins.

De plus, comme le mode de vie joue également un rôle important dans cette acidification, vous pouvez également recommander : la pratique d’une activité physique régulière -afin de favoriser une bonne ventilation par les poumons-, l’arrêt du tabac, une meilleure gestion du stress et une consommation modérée d’alcool et de médicaments.

Comment savoir si un aliment est acidifiant ou alcalinisant ?

Malheureusement le goût d’un aliment en bouche n’est absolument pas prédictif de son caractère acidifiant ou alcalinisant.

Les fruits au goût plutôt acide sont au contraire fortement alcalinisants de par leur richesse en minéraux basiques tels que le magnésium, le potassium, le calcium ou le zinc.

Un indice est désormais à disposition pour connaître le pouvoir acidifiant ou alcalinisant d’un aliment. Il s’agit de l’indice Pral, (Potential Renal Acid Load). Il évalue l’acidité de l’urine – et donc de l’organisme – grâce à la quantité de minéraux acides (chlore, soufre, phosphore) et de minéraux basiques (calcium, magnésium, potassium, sodium) apportés par l’alimentation.

Quand le Pral est négatif, l’aliment est alcalinisant et quand le Pral est positif, l’aliment est acidifiant.

Que conseiller concrètement ?

Apprendre par cœur les indices Pral de tous les aliments ? Non, bien entendu ! L’essentiel sera de compenser la consommation d’une portion d’aliment acidifiant par deux portions d’aliments alcalinisants :

Les aliments acidifiants au Pral négatif sont généralement : fromages, viandes, charcuteries, poissons, crustacés, fruits de mer, céréales.

Les aliments alcalinisants au Pral positif se recrutent parmi : fruits frais et secs, légumes, thés, tisanes, aromates… et les compléments alimentaires alcalins.

Le Dr Catherine Kousmine recommandait déjà la prise de sels alcalins pour rétablir l’équilibre acido-basique de l’organisme. De votre côté, vous pouvez recommander des compléments alimentaires spécifiquement formulés, apportant des dosages élevés en minéraux basiques et ayant pour objectif la neutralisation et l’évacuation des acides et également la reminéralisation de l’organisme.

Pourquoi conseiller des suppléments alcalins ?

Comme nous l’avons vu, l’équilibre acido-basique est primordial pour conserver une santé optimale et éviter entre autres la fonte musculaire, les calculs rénaux…. La plupart du temps, il est nécessaire d’avoir recours aux compléments alimentaires, en plus d’une modification de l’alimentation, pour en limiter certaines conséquences.

Pour atténuer la déminéralisation des os et des articulations

En effet, quand l’organisme est en état d’acidose chronique, il puise dans ses réserves osseuses le bicarbonate et le citrate de calcium pour neutraliser cette acidité et favorise donc ainsi la fuite du calcium hors de l’organisme. Dans ces cas, n’hésitez pas à coupler ces compléments alcalins à d’autres qui ont une visée « articulaire » comme l’harpagophytum pour soulager, la silice et la prêle pour reminéraliser ou encore la glucosamine et la chondroïtine pour reconstruire.

Pour atténuer la déminéralisation des phanères

Quand les os et les articulations se déminéralisent, les cheveux et les ongles suivent généralement le même chemin. Ainsi, en complément des cosmétiques habituellement préconisés, vous pouvez y adjoindre des compléments alcalins, une à trois fois par jour, seuls ou couplés avec de la bardane ou de la silice par exemple.

Pour soulager les reflux gastro-oesophagiens

Les compléments alcalins sont également d’une grande efficacité dans la neutralisation des acidités gastriques et des remontées acides. Ils sont à prendre au cours du repas, seuls ou en synergie avec d’autres plantes ou compléments comme l’argile, la propolis, la réglisse ou encore le lithothamnium calcareum.

 

 

Une allégation santé est désormais autorisée quand il y a 1,5 mg de zinc minimum dans le complément : « Le zinc contribue à un métabolisme acido-basique normal ».