Biomonde poursuit sa mue « pour une bio locale des territoires »

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Un mois après son assemblée générale, Biomonde dresse le bilan de retrouvailles porteuses de sens pour l’avenir de la coopérative. Avec des engagements forts à la clé : co-identité entre le magasin et le réseau, évolution du référencement qui valorise les partenariats avec les fournisseurs, changement du modèle de financement de la coopérative désormais financée majoritairement par les cotisations des adhérents, ancrage régional fort… Bio Linéaires fait le point avec le président de Biomonde, Raphaël Faucheux. 

« Un système vertueux qui stabilise l’outil »

Raphaël Faucheux, président de Biomonde.

Bio Linéaires : Comment s’est passée l’assemblée générale du 11 octobre dernier, après cette année de changements à Biomonde ?
Raphaël Faucheux : L’assemblée générale s’est bien passée, le conseil d’administration a été élargi afin d’ajouter deux administrateurs et accentuer la représentativité régionale. Cette réunion a remis du liant et a permis de sceller quatre engagements votés par l’assemblée qui ont aussi été transcrits dans notre règlement intérieur.

Ces quatre engagements sont :

1. La co-identité, c’est-à-dire qu’on fait cohabiter ce qui nous unit : la bannière du groupement et le nom du magasin, avec sa singularité, son identité locale. Les nouveaux magasins sont déjà dans cette logique, les anciens magasins vont être accompagnés pour mettre en place cette co-identité pour qu’en 2022, le réseau affiche haut ses couleurs.

2. Le tronc d’assortiment commun. On va commencer humblement avec une centaine de références, dans laquelle va être intégrée la Sélection Biomonde axée sur l’engagement, le goût, la qualité… Pas de développement de MDD et pour les 1ers prix maintien de l’offre « Les essentiels ».

3. L’évolution du modèle de financement de notre structure. Désormais, on sera à 80 % de financement par les adhérents qui ont la charge de la pérennité de l’outil. On va passer d’une cotisation forfaitaire à une cotisation basée sur le chiffre d’affaires ; en contrepartie, notre adhérent récupère de la coopération financière des fournisseurs en fonction de sa performance à l’achat.
On a souhaité mettre en place un système vertueux qui stabilise l’outil, responsabilise nos adhérents, valorise les fournisseurs sélectionnés par le service achat tout en laissant la liberté de ses choix d’achat à nos adhérents. Afin de développer une bio locale et des territoires, il y aura la possibilité de régionaliser une partie de son référencement afin d’affirmer sa singularité.

4. La gestion du flux d’informations avec la structuration de nos échanges d’infos et de données en interne, mais aussi la construction progressive d’une solution digitale / webmarchande pour les magasins Biomonde.

Un travail avec les grossistes régionaux

BL : Outre le référencement, comment se traduit cet ancrage régional et territorial ?
R. P.  : Chaque région est animée par un référent région qui est un adhérent Biomonde, parmi eux, deux siègent au conseil d’administration. Citons aussi : une régionalisation des approvisionnements qui se dessine via un travail avec les grossistes régionaux. Et dans le quotidien des magasins : une participation active dans la vie de leur quartier (associations, écoles, …) et la valorisation d’initiatives locales complémentaires à la vente de produits Bio autour, par exemple, du compostage, du jardinage, du zéro déchet, du recyclage, de la seconde main, des énergies renouvelables, …

« de nouveaux magasins vont nous rejoindre en 2022 »

BL : Dans un contexte de marché morose, comment se situe Biomonde ?
R. P. : Biomonde ne fait pas mieux, pas pire que les autres enseignes. Il y a forcément une dilution face à la multiplication de l’offre mais nous gardons nos axes de différenciation.

BL : Biomonde compte 228 adhérents (à date du 9 novembre 2021), qu’en est-il de la politique de développement du parc de magasins ?
R. P. : Le groupement a besoin de se régénérer, de nouveaux magasins vont nous rejoindre en 2022. Je dois dire que, malgré le contexte de cette année, le flux de sollicitations de nouveaux adhérents s’est maintenu. Il y aura de vrais enjeux à se développer en respectant bien qui nous sommes et notre ADN : un adhérent qui nous rejoint, ne rejoint pas un groupement mais une coopérative. Il est propriétaire de la coopérative et pas l’inverse.

Propos recueillis par Laura Duponchel

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