Économie circulaire : la bio s’engage

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Natexpo a organisé un webinar autour des enjeux de l’économie circulaire, l’occasion d’aborder les sujets de l’upcycling, du vrac, de la consigne pour réemploi. Animé par Valérie Lemant, directrice générale adjointe des opérations de SPAS Organisation, (notamment organisateur du salon Natexpo pour Natexbio) et Catherine Moncel, rédactrice en chef de L’Echo Circulaire, ce rendez-vous a réuni Nicolas Dauvé, chargé de recherche et développement emballage de Biocoop, Thomas Lemasle, co-fondateur de Oé, Stéphanie Dabin, directrice de Entre Mer & Terre (recyclage de coquilles) et de la marque de cosmétique Perlucine, et Hugues Pelletier, fondateur de Petrel.

Pour son deuxième webinar, Natexpo a choisi le thème « Upcycling, vrac, consigne : les enjeux de l’économie circulaire », « une vague de fond extrêmement puissante », souligne Valérie Lemant, prenant l’exemple de Natexpo où « un nombre très significatif d’exposants développent leurs produits, engagent leur R&D (Ndlr : Recherche et développement) dans cette direction et qu’aujourd’hui, c’est une énorme partie des acteurs de la filière qui part dans cette direction ». Pour Hugues Pelletier de Petrel – qui accompagne des entreprises et distributeurs dans leur transition vers une gestion circulaire de leurs emballages – « c’est important que des grands distributeurs ou des acteurs comme Biocoop s’engagent car c’est eux qui sont donneurs d’ordre, qui vont embarquer des filières avec eux et ces acteurs changent parce que chacun est sensible à son impact, parce que ça répond aux attentes des consommateurs, parce qu’il faut anticiper des lois qui vont devenir de plus en plus contraignantes ». 

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L’exemple de Biocoop

La consigne de verre pour réemploi a été largement abordée, plusieurs intervenants étant engagés dans cette démarche comme Oé, start-up spécialisée dans le vin biologique et première marque de vin en France à redévelopper la consigne. Chez le leader de la distribution bio spécialisée, « aujourd’hui, on a 79 magasins qui sont point de collecte, l’objectif c’est que d’ici trois ans, 100 % des magasins Biocoop le soient pour les emballages en verre, qu’on apporte de plus en plus de volumes côté produits avec, dès cette année, environ 300 000 bouteilles qui seront dans la boucle de réemploi et demain encore plus », indique Nicolas Dauvé qui « invite tous les metteurs en marché à participer à cet élan collectif ». Il a aussi rappelé la genèse du déploiement du réemploi des emballages en verre : « On est parti d’un constat fort c’est qu’on est metteur en marché avec des produits à notre marque Biocoop dans nos magasins. Un produit sur dix est conditionné dans un emballage en verre et ce produit sur dix représente quasiment un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Donc, on avait un sur-impact dû à ce matériau. On a choisi de revoir sa fin de vie parce qu’on est sûr et certain que réemployer c’est mieux que recycler et qu’il faut passer à l’étape d’après. On a mis quelques mois à construire le modèle que l’on veut sur le réemploi qui est un modèle ouvert, standard, accessible à tous, aux gros industriels de l’agroalimentaire comme aux petits producteurs locaux et sur des boucles de réemploi très locales, ancrées dans les territoires où on est présent et pas à une échelle nationale avec des grandes multinationales ».  

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Passer d’un fonctionnement linéaire à circulaire

Il a aussi été question du projet hub vrac co-piloté par Réseau Vrac et Petrel. Tous les intervenants se sont également accordés pour souligner que si la pression réglementaire peut jouer un rôle pour avancer sur l’économie circulaire, le réel engagement des acteurs sur le sujet est primordial face à la menace greenwashing qui pourrait découler. Stéphanie Dabin aimerait toutefois « que le gouvernement essaie d’aider toutes ces entreprises pionnières [de l’économie circulaire] qui déblaient toutes les problématiques et essaient de trouver des situations ».

« On est actuellement sur des modes de fonctionnement très linéaires. Tout ce qui est plastique à usage unique en termes de marketing, de com’, de baisse des coûts, a apporté une sorte de praticité mais on est arrivé au bout du modèle et il faut pouvoir en sortir collectivement et tordre ce linéaire pour en faire une boucle. Et pour ça, il faut aligner des acteurs, changer chacune des briques, l’organiser, le faire fonctionner au quotidien. Il y a un vrai écosystème qui est en train de se mettre en place et on y participe de manière collective pour que chacun apporte un peu sa pierre à l’édifice », conclut Hugues Pelletier.

Ce webinar est disponible en replay. Le programme des webinars de Natexpo -> ICI.

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