NUMERO : mars-avril 2013 – BL 45

Labellisation des cosmétiques bio : un début, pas une fin en soi ! suite2


Une disparition à terme des labels ? Non, une évolution !

Comme dit en introduction, certains voient une « disparition à terme des labels » sous prétexte que le bio serait devenu la « norme générale » pour l’industrie de la cosmétique. Oui, le label bio n’est de toute évidence plus différenciant. Mais c’est considérer d’une part que la « dose de bio » injectée par les grands groupes cosmétiques est à la hauteur des engagements forts des marques « militantes », ce qu’elle n’est sûrement pas, et que d’autre part le label serait quelque chose de figé, ce qu’il n’est pas, ce qu’il ne peut pas être. Comme le rappelle Samuel Gabory, président de Cosmébio, avec la certification « l’objectif primaire était de faire progresser le savoir-faire, la rigueur et la connaissance, objectif qui a été déjà atteint bien que restant d’actualité. Et surtout, aucun cahier des charges n’est figé : ils sont tous dans une démarche de progrès ». Le problème, il est vrai, est que ce point n’est pas assez mis en avant. « Le label reste absolument nécessaire, ajoute M. Gabory. Par ailleurs, si en France nous sommes déjà passés à la réflexion sur les prochaines étapes, le logo reste un facteur différenciant sur nombre de marchés à l’export, qui n’ont pas encore atteint ce stade. Il reste donc très utile ».

Quelles sont les prochaines étapes, justement, selon lui ? La première, à court terme et même immédiate, est du ressort des fabricants mais aussi, pour beaucoup, des détaillants. Devant cette grande variabilité de produits, de marques et d’engagements qui fait que le label n’est aujourd’hui effectivement plus différenciant, « c’est le détaillant qui détient le critère final de la qualité, en fonction évidemment aussi de sa clientèle et des attentes spécifiques de celle-ci. Il lui appartient donc de bien choisir les marques ». Et de choisir ainsi sur des paramètres qui ne sont certes pas forcément lisibles immédiatement à travers l’argument « certifié/pas certifié », mais qui seront ceux qui intéressent au final le consommateur. Déjà la qualité cosmétique, mais aussi tout ce qu’il y a « derrière » la marque. Ceci a deux conséquences… La première est de créer avec les (d’exiger des…) marques bio un véritable partenariat pour avoir accès, en toute transparence, aux informations concrètes et pratiques qui permettront de convaincre les consommateurs, et donc d’acquérir une véritable compétence. La seconde dérive de la première  : le détaillant doit savoir aussi se concentrer sur un nombre de marques réduit, idéalement complémentaires, mais qu’il pourra dès lors « travailler » à fond, plutôt que de se disperser dans des lignes trop variées et des argumentations disparates, pas toujours faciles à différencier.

L’autre étape des labels est celle du challenge du futur, que les marques doivent prendre à bras le corps : «il faut aborder un aspect plus holistique », exprime Samuel Gabory. Par là, il entend que les marques doivent intégrer d’autres dimensions dans la certification. Il pense bien entendu aux qualités cosmétiques (bien que, comme dit plus haut, ce champ soit parfois difficile à « normaliser », s’agissant de critères parfois subjectifs), aux critères du commerce équitable, de la sécurité… Mais d’autres chantiers essentiels restent à ouvrir, comme ceux de la biodégradabilité, de savoir d’où vient l’ingrédient, comment il a été transformé, transporté, etc. Et de prédire dans l’avenir d’autres « affaires » ou « scandales » relatifs à la cosmétique, qui montreront que ce sont bien les marques pionnières de la bio qui sont dans le vrai avec leur démarche de progrès pour la certification. Une démarche dont la « vérité », pour lui, se situe probablement quelque part dans le rapprochement des positions factuelles et pragmatiques de la cosmétique naturelle allemande, et de celles plus « émotionnelles » de la cosmétique bio française.

 

Pour mieux comprendre les labels et lire les étiquettes :
Les deux ouvrages à avoir impérativement dans sa bibliothèque, pour comparer leurs résultats et prises de position :

La vérité sur les cosmétiques

Rita Stiens, éditions Leduc.s (2012, 3e édition), 432 pages, 23,50 €.




Guide des meilleurs cosmétiques 2013- 2014 recommandés par L’observatoire des cosmétiques
Laurence Wittner et Hélène Le Héno, éditions Médicis (2012), 423 pages, 24,90 € Et pour en savoir plus sur l’actualité de leurs auteures voire entrer en contact avec elles :
● http://www.laveritesurlescosmetiques.com/
● http://www.observatoiredescosmetiques.com/



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