NUMERO : Mai-Juin 2012

Le magasin bio doit-il développer une offre snacking ?

Chaque semaine naissent de nouveaux produits, de nouvelles idées et de nouveaux concepts pour répondre aux nouvelles attentes des clients. Rémy Lucas de Cate Marketing nous présente les différentes tendances sur le segment de la Vente à Emporter. En 2012, 3 grandes tendances se dégagent :

Tendance 1 : le « Snackable » : manger pratique

« Se nourrir facilement, rapidement, sans contraintes… »
Le snacking est un mode d’alimentation fonctionnel, qui répond à des attentes de temps et de mode de consommation.
Mots Clés : Manger vite – simple – nomade – dense….
Idées de développement : Réalisation ultra rapide – Praticité, nourriture, nomade, à emporter, à réchauffer – Maximum d’énergie en minimum de place
« Qu’est-ce que le snacking ? Un mode d’alimentation pratique adaptée à des contraintes d’usages. Une nourriture généralement dense, qui apporte un maximum d’énergie et de nutriments en un minimum de volume. Une nourriture simple, qui se mange facilement, même debout et en mouvement. Idéalement, une seule main doit suffire à prendre sa nourriture, pour laisser à l’autre, l’usage d’un ordinateur, d’un téléphone ou d’un sac de voyage… Une nourriture rapide à préparer comme à ingérer, pour contracter au plus le temps accordé à cette pause nécessaire. Loin du repas à la française classé par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité, le snacking s’affiche historiquement comme une nourriture fonctionnelle, proposant des aliments proches de ceux imaginés pour les sportifs de l’extrême ou les astronautes : conditionnements individuels, matériaux isothermes, conservation et consommation aisées… Le snacking, fruit d’un nouveau mode de vie, s’insère désormais dans notre quotidien. L’ultra proximité, les économies de temps, de moyens et de volumes sont une perpétuelle source d’inspiration pour adapter et faire évoluer nos aliments traditionnels. Avec son modernisme assumé et une créativité ingénieuse, il invente des solutions nouvelles pour nous nourrir efficacement en intégrant nos exigences d’urbains nomades et pressés. »

Tendance 2 : le Right Snack : manger raisonné

« Ne pas manger n’importe quoi. Etre attentif à sa santé, au budget, à la planète… »
Mots Clés : Manger bon marché, sain, éthique…
Idées de développement : Prix de vente bas – Faible coût matière
– Préparation de fruits et légumes – Consommation de produits bio, hallal, commerce équitable…
« Décrié pendant de longues années comme un emblème de la malbouffe, le Snacking en se développant et en se diversifiant est devenu un modèle de vertu. Les nouveaux marchés de la nourriture rapide, en s’adressant à une nouvelle clientèle exigeante qui ne souhaite pas sacrifier au prix et à la facilité de consommation, les qualités gustatives ou nutritionnelles de son alimentation, voient se développer une offre de plus en plus centrée sur l’équilibre alimentaire. Les légumes, avec les salades et les soupes, mais aussi les fruits avec les morceaux épluchés, les salades composées, les jus frais et les smoothies, sont au coeur de cette petite révolution. Une envie de manger plus simple, plus frais et plus léger, qui intègre aussi la réduction de friture, l’utilisation de graines et d’herbes fraiches, ainsi qu’une offre élargie de boissons aux vertus bénéfiques… À bien y regarder, qu’il s’agisse des propositions des grandes enseignes ou des petits indépendants, le snacking montre aujourd’hui, en matière de nutrition, une volonté d’excellence à laquelle nombre d’établissements traditionnels sont loin de pouvoir prétendre.»

Tendance 3 : Le Snackissime : manger du plaisir

« Même au quotidien, il faut pouvoir s’offrir des petits bonheurs… »
Mots clés : Manger beau et bon – Découvrir des nouveautés – Manger des histoires
Idées de développement : Design produit, couleur, sensorialité – Nouvelles formes, nouveaux parfums, gamme large – « Story telling » : terroir, exotisme, nostalgie…
« Manger vite, sain et nomade n’implique pas nécessairement de se nourrir d’aliments tristes, insipides et standardisés. C’est même plutôt l’inverse : la pause nourriture, parce qu’elle est synonyme de quotidien et de nécessité, appelle à de la variété, à des saveurs originales et délicieuses, à de la beauté ! Après une évolution fonctionnelle, puis éthique, le snacking s’intéresse désormais au plaisir. Plaisir de trouver des produits de qualité, voire de luxe, avec par exemple le foie gras, la truffe ou le saumon fumé. Plaisir de manger d’élégantes pâtisseries ou des bouchées colorées conçues par des designers et mises en valeur dans des conditionnements précieux. Plaisir de « manger des histoires » en retrouvant des saveurs d’antan, des recettes de tradition adaptées aux contraintes du snacking ou des parfums rares. »

Conclusion

Le magasin bio semble coller aux différentes attentes des consommateurs sur une meilleure qualité produit… Il faut que l’ensemble des acteurs de la filière soient impliqués, fabricants et magasins…

 
…suite…

Faire le bon choix : snacking ou restauration commerciale

Les magasins bio ont toute leur légitimité de proposer du snacking mais pas n’importe comment. Il faut en effet distinguer les différentes façons de présenter cette offre.
Tout d’abord, nous écartons dans ce dossier la restauration commerciale qui est un métier à part entière avec toutes ses spécificités et ses contraintes réglementaires.
Toutefois, comme nous le présentions dans notre précédent numéro, il est prudent de faire un rappel de ces nouvelles règles sur la restauration commerciale bio qui seront applicables à partir du 1er octobre 2012 prochain. En effet, le cahier des charges prévoit 3 niveaux d’engagement des restaurateurs en terme d’offre biologique, des règles de production et un dispositif de contrôle adaptés à chaque niveau d’engagement.

Les opérateurs concernés

Ce cahier des charges concerne les opérations de la restauration définies comme activités principales ou secondaires relevant de la division 56 de la Nomenclature d’Activités Française (NAF) à l’exclusion des activités relevant du règlement (CE) n°834/2007.
Au sein de cette division, le cahier des charges couvre les opérateurs qui préparent et/ou distribuent directement aux consommateurs des denrées prêtes à être consommées, sur place ou à emporter, y compris lorsque tout ou partie de la préparation de ces denrées n’est pas réalisée sur le lieu de vente, et qui souhaitent faire référence à l’agriculture biologique pour tout ou partie de ces denrées alimentaires.
Il ne s’appliquera pas entre autre à la restauration à caractère social, aux activités ponctuelles de restauration exercées de manière limitée dans le temps et n’excédant pas un total de 15 jours cumulés par an et aux opérateurs ne proposant que des produits préemballés présentés dans leur conditionnement d’origine et portant les mentions de conformité au mode de production biologique, ou pour lesquels l’offre en produits biologiques ne concerne que du café

Enfin, les trois cas sont :

● Cas 1 : un ou plusieurs ingrédients bio ou denrées alimentaires sont biologiques. Exemples : pain bio, aubergines bio, denrées non préparées par l’opérateur, réchauffées mais ni transformées ni assemblées à d’autres denrées (salades composées achetées telle quelle à un fournisseur, ratatouille déjà cuisinées…)
● Cas 2 : un plat ou un menu bio. Exemples : lasagnes bio, menu de saison bio…
● Cas 3 : l’ensemble des plats ou menus proposés aux consommateur sont biologiques. C’est pourquoi, avant de mettre en place un espace restauration, il est indispensable de contacter son organisme de certification pour être en conformité et savoir quelles sont les obligations. Par exemple, selon les cas, les contrôles seront effectués par les services de la répression des fraudes (cas 1) et dans les cas 2 et 3, le contrôle des données sont effectué par un organisme de contrôle habilité en bio.
Enfin, le contrôle de l’utilisation de la marque AB à des fins de communication relèvera de l’Agence BIO.

Les différentes formules de snacking en magasin bio

En ce qui concerne le snacking, on peut considérer qu’il y a trois options dans les magasins bio :
● Les produits dits de snacking mis en place dans les rayons habituels en fonction de leur famille (exemple carottes rappées en barquettes 4e gamme positionnées dans le rayon ultra-frais avec les autres produits, saumons frais, produits laitiers…)
● Les produits de snacking proposés à l’entrée du magasin dans un mobilier spécifique (armoire réfrigérée et meuble froid) ne regroupant que ce type de produits
● Un espace délimité dédié uniquement au snacking, comprenant un mobilier (armoire réfrigérée et meuble froid) ne regroupant que ce type de produits avec un espace « coin repas » équipé de four permettant de consommer sur place les produits achetés.

Pourquoi proposer une offre snacking

● En raison du comportement du consommateur : l’évolution de la société et des modes de vie ont changé nos habitudes alimentaires. (de plus en plus de femmes dans la vie active, transport entre la maison et le travail de plus en plus long…)
● 1/3 des Français actifs déjeunent hors de leur domicile.
● Le temps consacré au repas a fortement diminué. Il est de 20 minutes (en moyenne). Les consommateurs recherchent des produits rapides et pratiques et de meilleure qualité pour se restaurer.
● Le choix est de plus en plus attractif, varié et riche en innovation
● le snacking reste moins cher que la restauration traditionnelle. Il répond à la baisse du pouvoir d’achat des français et à la conjoncture actuelle.
● 9 Français sur 10 pratiqueraient le snacking, auquel ils consacraient environ 10 % de leur budget alimentaire
● Le snacking est différent du grignotage : c’est une alternative à un repas
Repères
40 % : la Vente au Comptoir (VAC) pèse désormais 40 % du chiffre d’affaires global de la C.A.H.D (Consommation Alimentaire Hors Domicile).
50 % : c’est la part en volume de la vente à emporter (VAE) en France. Selon les formules et concepts celle-ci peut évoluer de 30 à 75 %. Cet engouement pour la vente à emporter place la France au même niveau que les États-Unis. A la différence que les produits que nous consommons en VAE sont très différents des Américains mais surtout que nous ne consommons pas en mouvement.