L’efficacité, une question récurrente

L’efficacité pour tous les produits du rayon entretien de la maison et du linge a toujours été la première des attentes des consommateurs. Pour autant, le terme recouvre plusieurs sens : l’odeur, la désinfection, la brillance, la facilité… ou tout à la fois.

Le marché est attractif, les marges élevées mais il nécessite une équation rigoureuse, entretenue par des géants industriels, qui combinent une pression forte en communication (plus de 15 % de leur chiffre d’affaires) avec des innovations en rafale – pas toujours heureuses sur la santé, sur l’environnement ou sur le prix.

Dans ce contexte si particulier, le réseau spécialisé bio peut proposer ce qui lui réussit le mieux : une offre alternative produite par des entreprises à taille humaine, des produits plus sûrs et plus sains, des prix d’accès.

« J’ ferai pas ça tous les jours ! »

On se souvient de la publicité à la télévision dans les années 90. Pour enlever la poussière sur une table, il suffit de glisser dessus, un chiffon accroché sur le ventre.

L’efficacité, c’est donc la facilité mais pas seulement…

Une analyse sociologique récente fait le parallèle entre le rôle de la femme dans la société et la corvée du ménage. On peut suivre l’évolution des produits d’entretien au fur et à mesure de son ascension vers l’autonomie et le pouvoir.

  • 1950- 1960 : la libération – la praticité, ex. la lessive en poudre
  • 1970- 1980 : le travail –  la performance, ex. les désodorisants
  • 1980 – 2000 : la responsabilité – les marques écologiques
  • depuis 2000 : le doute –  ex. les produits sans allergènes

L’efficacité est donc passée d’une attente de résultat visible à un besoin d’être sécurisé – disons le mot : sur la santé.

L’analyse du marché global des liquides vaisselles le démontre. Tous les produits qui se revendiquent de la sensibilité de la peau font plus de 50 % du marché qui est concerné, + 16 % de croissance.

Plus de 99 %…

On l’a vu, la croissance des produits d’entretien est une équation bien réglée : publicité et innovations à marges élevées autour de signes d’efficacité.

La tendance est aux sens (l’odorat, la vue) et à l’invisible. Toutes les innovations conventionnelles proposées depuis 12 mois  sont articulées autour du parfum (désodorisants d’intérieur et linge), de la super-brillance (anti-calcaires, wc) et de l’ultra-désinfection (anti-bactériens). 

Arrêtons-nous un instant sur l’ultra-désinfection qui tue les bactéries à plus de 99 %.

On le sait, l’usage régulier de désinfectants peut faire émerger des super-bactéries résistantes aux antibiotiques. Le chlorure de benzalkonium par exemple a une activité biocide reconnue. Il est utilisé en cosmétique. Il débarque depuis 3 ans dans les produits wc et les nettoyants. Toxique puissant, c’est un allergène, un spermicide et un perturbateur endocrinien. Il diminue surtout l’efficacité de certains antibiotiques comme la gentamicine, un antibiotique qui est un recours contre la septicémie.

La vocation du réseau bio

Dans ce rayon, comme en alimentaire, le réseau spécialisé bio a une légitimité, celle d’un vrai recours pour les consommateurs qui attendent de la sécurité. La bonne offre est alternative, autour du trio : conseil, produits traditionnels et produits industriels fabriqués avec des critères écologiques et de santé/ sécurité démontrés.

Votre consommateur a besoin de se rassurer sur l’impact des produits sur son environnement : l’air respiré et les produits en contact avec la peau.

Quels sont les produits traditionnels ?

La panoplie de base est le vinaigre, le bicarbonate de soude, les cristaux de soude, le savon noir, de Marseille, les huiles essentielles, la terre de Sommières, l’acide citrique, le blanc de Meudon, la cire d’abeilles, l’eau de chaux et la pierre d’argile.

La demande de « faire soi-même » est forte mais le conseil est difficile. Mieux vaut orienter vos consommateurs vers des sites de référence.

L’allergie est une préoccupation

L’attention que portent les consommateurs aux allergies est légitime. Les allergies sont en croissance constante : + 15 % par an.

L’air intérieur dans lequel nous passons 80 % de notre temps en est la cause. L’allergie est un des piliers des malades de civilisation avec le cancer et le diabète. En conséquence, il est important d’avoir un double regard sur les produits : les naturels comme les huiles essentiels qui peuvent être allergisantes et les allégations « sans allergènes » qui sont des artifices de communication.

Bernard Ollié

www.agoodforgood.com

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