NUMERO : N°70 -Mars Avril 2017

Les huiles et beurres végétaux purs

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La base même de la cosmétique certifiée, dans tous les sens du terme, ce sont les huiles végétales, qui font toute la différence en comparaison des huiles minérales et des silicones de la cosmétique conventionnelle. Mais, et c’est bien là d’ailleurs une preuve de tout leur intérêt, ces huiles végétales sont aussi disponibles pures sur le marché, car elles sont intrinsèquement de véritables produits de beauté.

Les lipides de la vie

Les huiles minérales sont des substances « mortes ». Au sens strict du terme, car elles sont issues de la chimie du carbone, avec comme matières de base le pétrole, la houille (charbon) ou certains schistes bitumineux, résultat de la méthanisation de matière vivante morte. À l’inverse les lipides biologiques (huiles, cires, graisses) jouent un rôle essentiel chez les êtres vivants : dans la production d’énergie, dans la transmission des messages hormonaux, dans la construction et le renouvellement des membranes cellulaires, dans la lutte contre les infections, etc. Bref, ils sont indispensables à la vie.

Dans notre peau, ils participent à sa souplesse, à amortir les chocs, à la conduction des influx nerveux, à lutter contre l’évaporation de l’eau, servent d’isolant thermique, etc. Et parce que la vie est un phénomène que partagent les animaux et les végétaux, ce sont des molécules analogues voire identiques que l’on trouve dans ces deux règnes. Un apport extérieur de lipides d’origine végétale permet ainsi le bon fonctionnement et le maintien en bonne santé et en bon état de la peau.

Parmi ces lipides végétaux, on distingue les huiles « fluides », liquides à température ambiante (amande, arachide, colza, noix, olive, tournesol…) et les huiles « concrètes » (ou graisses), plus ou moins solides à cette même température (coco, palme….). La différence vient de la longueur de la chaîne d’acides gras et du degré de saturation de leurs atomes de carbone (plus une chaîne de carbone est liée à des atomes d’hydrogène, plus elle est saturée).

Lipides et beauté

Apportés par voie externe, les lipides sont absorbés par la peau et participent donc de façon très directe, comme évoqué, à sa beauté ainsi qu’à celle des cheveux. Outre leur emploi comme ingrédients des émulsions cosmétiques (crèmes, laits et autres baumes), les huiles sont aussi utilisées telles quelles.

Elles sont alors employées comme nettoyant (ex. huile démaquillante), comme soin complémentaire (comme « sérum ») ou soin spécifique (ex. ongles ou cheveux) ou même, dans certains cas, comme soin visage ou corps en tant que tel. Elles peuvent aussi être un outil (huile de massage) ou un support (macérations de plantes ou dilution d’huiles essentielles ciblant une action précise).

En général, les huiles conviennent à tous les types de peau, y compris aux peaux grasses : une peau grasse, qui présente un excès de sébum, peut aussi manquer de lipides, et certaines huiles végétales peuvent leur convenir (noisette, nigelle, macadamia, jojoba…). L’effet « brillant » ou « gras » parfois redouté est loin d’être une généralité. La plupart des peaux sont capables d’absorber les lipides (appliqués bien sûr en quantité adaptée), notamment les huiles dites « sèches », qui ne laissent justement pas d’impression de gras (amande, argan, sésame…). Et jamais une huile végétale ne sera comédogène : s’il y a des comédons, c’est que les pores se sont bouchés, mais pour d’autre raisons.

Les huiles végétales bio : la beauté pure

Étant entendu qu’une huile, liquide ou concrète, est un formidable outil de beauté, il faut néanmoins être très vigilant sur  sa qualité.

Passons rapidement, mais cela doit néanmoins être rappelé car c’est important, sur ces nombreuses huiles cosmétiques, « à l’argan » ou « à la noisette », ou « huile sèche » tout court, dont l’observation de l’INCI révèle immédiatement la présence d’huiles minérales et surtout de silicones, dont le toucher sur la peau est effectivement souvent exceptionnel. Mais ce n’est qu’un effet cosmétique au sens strict du mot, c’est-à-dire uniquement d’apparence : ce n’est pas une action nourrissante ou réparatrice de la peau sur le long terme. Ce type d’huiles est bien entendu impossible avec des marques certifiées, mais elles inondent le marché, et le consommateur doit y être rendu attentif.

Mais même non dénaturée, sans ajout d’un composant de synthèse, une huile peut être de qualité variable selon son mode d’obtention. Car une huile peut être produite principalement de trois façons, étant entendu que l’objectif du process est d’extraire le corps gras de la graine, de la noix ou de tout autre fruit oléagineux qui la contient : la première pression à froid, la pression à chaud et l’extraction par solvant (hexane, issu de la pétrochimie). Dans ce dernier cas, qui nécessite un raffinage ultérieur pour éliminer le maximum de traces de solvant, de même que dans le cas de la pression à chaud (les graines sont chauffées entre 80 et 120°C pour augmenter le rendement), de nombreux composés naturellement présents sont détruits plus ou moins totalement. Seules les huiles de première pression à froid conservent une teneur optimale en micronutriments : vitamine E, stérols, coenzymes, polyphénols… En notant toutefois que « à froid » signifie que l’opération s’est faite sans que la température dépasse les 40°C environ, car rien que le fait de presser l’oléagineux fait mécaniquement augmenter la température. Autre avantage des huiles de première pression à froid, elles n’ont pas subi tous les traitements chimiques (ajouts d’additifs notamment) que subissent les huiles obtenues notamment par extraction pour leur redonner un caractère consommable (raffinage).

Et quand cette huile végétale de première pression est bio, cela garantit l’absence de pesticides et autres contaminants indésirables. En bref, les huiles végétales bio de première pression à froid sont des produits absolument sans danger, sans le moindre composant pouvant être sujet à caution, sauf dans les cas d’allergie spécifique bien sûr.

Les huiles de beauté : une véritable malle aux trésors

Nous ne développerons pas ici toutes les notions relatives au caractère essentiel ou non de certaines acides gras, la présentation des différents acides gras insaturés dits oméga 3, 6 ou 9 (ce « oméga » renvoyant à la position de la position du premier atome de carbone insaturé sur la chaîne), etc. Nous ne listerons pas non plus les différents usages possibles avec les innombrables huiles du marché, nombre de ces usages étant de surcroît souvent communs. Pour cela, la littérature ne manque pas, et la documentation des laboratoires qui les vendent, en premier lieu l’étiquetage, est en général largement suffisante.

On peut juste rappeler que ces usages sont des plus variés, répondant aux besoins de tous les types de peau. Cela va de la reconstitution du film cutané hydrolipidique, pour plus de souplesse, de lissage, impliquant un effet adoucissant, réparateur, tonifiant, repulpant, à une action apaisante, cicatrisante,… en passant par la régulation de la sécrétion sébacée, un effet astringent, assainissant, la réparation des cheveux fourchus ou cassants, la lutte contre les poux, le massage de détente ou même la relaxation musculaire et l’action anti-douleur, ce qui sort cependant de la définition stricte d’un cosmétique. Les quantités à employer sont de surcroît souvent très limitées (quelques gouttes suffisent), faisant des huiles de beauté des soins efficaces au final peu onéreux.

On trouve aujourd’hui des huiles végétales cosmétiques d’origine très variée. Il y a par exemple celles qui ont été toujours produites traditionnellement sous nos latitudes comme huile alimentaire et plus récemment comme complément alimentaire, même si certaines avaient été parfois oubliées : avocat, soja, sésame, germes de blé, maïs, cameline, carthame, colza, noisette, bourrache, onagre, pépins de raisin… D’autres huiles ont été utilisées plus spécifiquement pour un usage cosmétique : noyau d’abricot, nigelle, amande douce, millepertuis, jojoba (qui est en fait une cire végétale liquide), calophylle… Et ces dernières décennies sont apparues des huiles plus « exotiques », d’usage cosmétique mais aussi alimentaire : argan, macadamia, rose musquée, perilla, tamanu, monoï, moringa, coton, figue de barbarie…

Les beurres végétaux

Certains mélanges naturels de graisses végétales plus ou moins épaisses sont appelés « beurres ». On en trouve moins que les huiles fluides, mais leur variabilité est néanmoins assez vaste. Corps gras naturels, ces beurres possèdent les qualités communes à tous les lipides végétaux, étant notamment très riches en anti-oxydants et particulièrement hydratants et réparateurs. Ils sont très adaptés au soin des cheveux. A l’instar des huiles liquides, ils sont employés très souvent comme ingrédients cosmétiques dans des formulations très variées.

La différence, immédiatement visible, est qu’ils sont solides à la température ambiante. Mais leur dureté et leur point de fusion (température à laquelle ils deviennent liquides) sont variables (en fonction des acides gras) avec ainsi une texture « souple » ou « dure » à température ambiante. Le beurre de karité est ainsi très souple (il fond entre 28 et 35°), cupuaçu (32°) et mangue (29 à 38°) le sont un peu moins, et le cacao est le plus dur (34 à 35°).On en trouve parfois associés à des huiles pour les rendre plus souples. On peut aussi inclure ici bien sûr l’huile de coco (issue de la pulpe de coco fraîche et non de la noix de coco séchée qui donne l’huile de coprah), dont le point de fusion est entre 20 et 28°C.

Là aussi, seuls les beurres bio, extraits sans solvants, réunissent toutes les qualités de pureté et d’innocuité pour les rendre hors de tout soupçon. Et petit plus : si les beurres de karité et de mangue ont une odeur assez neutre, le beurre de cacao ou l’huile de coco offrent par contre un parfum gourmand très agréable.

Des produits très tendance

Produits 100 % purs et naturels, très riches en acides gras essentiels, anti-oxydants et autres nutriments, les huiles et beurres végétaux (et leur mélanges) sont actuellement des produits très tendance. Avec eux, pas de liste INCI complexe, et les consommateurs savent vraiment ce qu’ils mettent sur leur peau, avec un emploi simple procurant beaucoup de plaisir.

Ils ne peuvent cependant pas remplacer les autres soins sur base aqueuse (lotions, gels) ou qui sont des émulsions (crèmes, laits) : nombre de composés utiles pour la peau ne sont pas liposolubles, et plus on multiplie le type d’actifs (hydrosolubles et liposolubles) plus on a de chances d’arriver à un résultat visible et durable.

Enfin et surtout, il faut les conserver à l’abri de la lumière, de l’air et de la chaleur, surtout lorsqu’ils ont été ouverts, en respectant la DLUO et/ou la PAO. Il ne faut plus les utiliser dès qu’apparaît une odeur rance, car leur emploi deviendrait préjudiciable.

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