Saisir la chance de la bio : des politiques publiques à la hauteur de l’enjeu

À l’occasion de l’élection présidentielle, La Maison de la Bio publie dans Bio Linéaires N°100 plusieurs propositions aux différents candidats, dans l’objectif de faire de la bio la priorité du prochain quinquennat. Parmi ces propositions : la création d’un marché « pesticides » (sur le principe du pollueur-payeur) pour financer un fonds à destination des acteurs de la bio, une mesure également relayée dans une tribune publiée dans le journal Le Monde

La bio, priorité du prochain quinquennat

– Mobiliser davantage de moyens humains et financiers pour la recherche publique (ITAB, INRAE) en matière d’agriculture et de transformation biologique (appui technique, évaluation des externalités environnementales de la production bio, des besoins et impacts
économiques de la filière).
– Œuvrer concrètement pour se rapprocher de l’objectif de la surface agricole utile bio de 25 % en Europe en 2030, tel que préconisé par l’UE dans son plan « Farm to Fork », tout en veillant activement à l’atteinte de l’objectif de 18 % en 2027 pour la France.
– Créer un poste de délégué interministériel à la bio qui fera le lien entre les ministères de la transition écologique, de l’agriculture, de l’économie, de la recherche et de la santé, et qui assurera un suivi strict avec l’ensemble des parties prenantes (indicateurs et clause de revoyure tous les 6 mois).
– Faire des directeurs adjoints de chaque direction régionale de l’Agriculture de l’Alimentation et de la Forêt (DRAAF) des directeurs
délégués à la bio.
– Faire de la bio la grande cause nationale de l’une des cinq années du futur mandat présidentiel.

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Éducation

– Mettre en place des cours et chaires d’agriculture biologique dans les lycées agricoles et l’enseignement supérieur, en sensibilisant sur le modèle social, économique, équitable et environnemental vertueux de la bio.
– Inscrire la sensibilisation à une alimentation équilibrée et respectueuse de l’environnement dans les programmes de l’enseignement primaire.
– Construire des kits pédagogiques sur l’agriculture biologique au sein de l’Agence Bio à destination des professionnels de l’éducation nationale et des entreprises de l’agroalimentaire.
– Mieux informer les consommateurs sur les externalités positives de la bio, par la mise en place d’un outil cohérent et transparent d’affichage environnemental, suivant la méthodologie proposée par le « Planet-score ».

Un financement proportionnel pour favoriser l’entrepreneuriat et l’innovation

– Créer un marché « pesticides », sur le principe du pollueur-payeur, pour financer un fonds à destination des acteurs de la bio (en taxant les grands producteurs de pesticides) et inciter le conventionnel à adopter ce modèle.
– Réorienter une partie des fonds du plan Ecophyto vers le soutien à la production /transformation biologiques (aides au maintien, animation technique de l’agriculture bio, fonds Avenir Bio, etc.).
– Engager Bpifrance sur une politique d’aide à l’innovation ambitieuse, à destination des entreprises innovantes de la bio, pour soutenir la filière.

Atteindre une réelle proportionnalité des aides et compenser les déséquilibres existants

– Augmenter la part des subventions nationales pour la bio française de 25 % à au moins 35 % (moyenne européenne) du total des subventions qui lui sont dédiées.
– Aligner à minima les aides de la PAC reçues par la bio sur sa part dans la production française (6 %).
– S’assurer que les interprofessions financent les actions de communication de la filière bio proportionnellement à sa part dans les Contributions Volontaires Obligatoires (CVO) à hauteur des objectifs de développement de la bio tels que définis par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
– Rediriger une plus grande partie des recettes de la taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles (ADAR) vers la R&D dans la bio.

Des labels promouvant la bio soutenus par la puissance publique pour simplifier le quotidien des consommateurs-citoyens

– Augmenter le budget de l’Agence Bio pour lui permettre de disposer de moyens conséquents afin de communiquer efficacement sur les externalités positives de la bio et de ses labels, et stimuler la demande.
– Défendre au niveau européen une politique plus exigeante de contrôle des labels et produits bio afin d’aligner les différentes règlementations et rétablir une concurrence juste et équitable entre les membres de l’UE.

 

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