Regards d’Experts : Croissance et bio

LA CROISSANCE EST-ELLE EN PANNE DE BIO ?

écrit par Bernard OlliéGOOD

LA RÉPONSE EST NON, AU CONTRAIRE

Pour comprendre cette réponse, il faut revoir (vite fait) les 250 ans du couple fusionnel que forme le libéralisme et la croissance.
Ce couple a eu 4 temps forts : la conception, 2 périodes de doutes et un soulagement.
1er temps, la conception. Le libéralisme date de 1776. Pour Adam Smith, il s’agit de l’équilibre dynamique du capital et du travail, la croissance en est la résultante, avec le succès que l’on sait.
1er doute, 1956, selon Solow, la croissance est condamnée par des rendements décroissants sauf en cas de progrès technologique qui retarde sa fin, ce fut le cas pour l’informatique. Solow soulage mais inquiète aussi : quand viendront les prochains progrès ? Ils sont hasardeux, “exogènes“.
2nd doute, 1976, le rapport Meadows alerte : les limites planétaires tueront la croissance par effondrement des ressources. La crise économique masque l’alerte un temps, elle est reprise en 1988 par le GIEC.
Enfin, le soulagement vient de Romer, Prix Nobel 2018. Il prouve que les progrès ne sont pas “exogènes“ mais sont secrétés par le libéralisme qui améliore ses rendements grâce à des progrès induits par lui-même – autrement dit : “endogènes“
Check !

UNE CROISSANCE BIO QUI DURE ?

Le “Bio” (la préservation des patrimoines collectifs : santé, nature, société) est la croissance “endogène“ du moment. Il améliore les rendements en baissant les coûts collectifs qui explosent (la santé, le climat, la biodiversité). Il est aidé en cela par la consommation qui se réoriente, les politiques publiques, et les rendements décroissants des énergies carbonées. Les relais “Bio“ de la croissance sont par exemple l’hydrogène, les substituts de plastique, les protéines végétales ou le label AB.
Check donc.
La croissance dite Bio“ peut-elle durer ?
La doctrine libérale répond : oui, mais un temps seulement jusqu’à l’arrivée de technologies qui boosteront les rendements.
Le “Bio“ est donc le relais de croissance des années à venir mais des révolutions (quantique, mer, espace, génétique, métaverse, fusion nucléaire, cerveau) se préparent et le surpasseront par leur impact sur les rendements.
Check ?

 

 

 

 

 

 

 

 


Panne de la bio face à la croissance et attentes du consommateur

écrit par Francois Labbaye BIO DEVELOPPEMENT

Beaucoup de monde parle, actuellement, d’une bio en panne et d’un consommateur qui ne regarde que son pouvoir d’achat. Vrai et Faux….

Le consommateur est, comme tout bon gestionnaire, dans l’équilibre. Il est sans cesse en train de jongler entre ses dépenses et ses recettes mais sait aussi faire avancer ses priorités d’investissement pour un bel avenir : l’alimentaire en fait partie après la santé (étude Kantar dec21).

Et puisqu’on lui répète depuis des années qu’il faut, mieux consommer (51 % des “en migrations” le veulent), il le met en pratique et donc reste en alerte sur les propositions qu’on lui fait. Et la bio, depuis la découverte de la vie de quartier, se trouve en confrontation avec d’autres propositions qualitatives sur d’autres réseaux. On peut citer les autres modes d’élevages ou de cultures qui donnent toute la saveur et la sécurité demandée aux produits. Entre un produit à l’IGP contrôlé et un produit bio, vers quel produit le cœur du consommateur balance ? Quand on vous propose une viande label rouge face ou une viande bio, laquelle sécurise le plus la tête de nos consommateurs à votre avis ? Et cette vente est sécurisée par votre artisan boucher ou l’éleveur dans son magasin de producteurs qui vous conseille. Le consommateur, lorsqu’il entre chez un artisan de métier de bouche à la même vision de qualité que lors de son entrée dans une enseigne bio.

Dans sa dernière enquête de septembre 2021, BIO panel avait demandé la vision de leur consommation, à venir, à ses répondants. A 66 %, ils la voyaient stable et même à 28 % en progression ! Donc ce n’est pas l’envie qui est en cause dans les questionnements actuels, mais bien la proposition et les services. Les derniers mois ont accentué cette demande d’évolutions et d’accompagnement.

Le digital devient un allier du magasin alors qu’il était bien un concurrent avant. Et que dire du conseil, car la majorité des consommateurs qui entre dans un magasin bio, sont bien les “en migration” (consommation de moins de 3 ans de bio), donc équipés en digital et alertes sur les produits. N’oublions pas, qu’ils visitent plusieurs réseaux donc font leur analyse de la proposition et si le conseil est là, le magasin emporte la vente.

Si la BIO veut continuer d’exister dans la tête du consommateur et être un référent qualité et valeurs, il va falloir prendre la parole car dans ce monde de surinformations, les autres inondent bien avec des labels “maison” ou des valeurs très marketing “sans pesticide”. La référence existe et ne pas l’entretenir serait un mauvais calcul sur le long terme. Communiquer et montrer qu’être différent c’est bien.

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