NUMERO : N°70 -Mars Avril 2017

Actualité cosmétique Mars Avril 2017

« La vrai et la fausse cosmétique bio »

« Demain, un cosmétique contenant des OGM, des ingrédients issus de la pétrochimie ou des polluants tels que phénoxyéthanol, parabènes, parfums de synthèse, solvants, silicones — ou encore des dérivés d’animaux morts… pourra “légalement” afficher des revendications bio avec la mise en place prochainement de l’ISO 16128 ». Ainsi commence l’article mis en ligne en décembre 2016, sur le blog de l’association COSMEBIO.

Les dangers que représente la future norme ISO 16128 pour la cosmétique naturelle et bio avérée (c’est-à-dire certifiée COSMEBIO, Cosmos, BDIH, NaTrue, Nature & Progrès, Demeter, etc.) ont été abordés à plusieurs reprises dans les pages de Bio Linéaires. En l’absence d’un document équivalent en Français chez NaTrue par exemple, l’article de COSMEBIO, s’il se fait bien entendu l’avocat de la certification COSMEBIO/Cosmos, est un très bon résumé des arguments qu’il faut connaître pour expliquer les enjeux de la vraie cosmétique naturelle et bio.

Pour en savoir plus : https://blog.cosmebio.org/

Plus de photographie retouchée en cosmétique… ou presque

Depuis ce 1er janvier 2017, dans le cadre de la loi du 26 janvier 2016 dite « de modernisation de notre système de santé » un changement important est intervenu dans le monde de la communication cosmétique.

L’article 19 de ce texte stipule en effet que « Les photographies à usage commercial de mannequins, dont l’apparence corporelle a été modifiée par un logiciel de traitement d’image afin d’affiner ou d’épaissir la silhouette du mannequin doivent être accompagnées de la mention : “Photographie retouchée” ».

Dans une note à la Commission Européenne datée du 3 novembre 2016, le gouvernement français avait précisé les raisons de cette disposition, à savoir que « l’exposition des jeunes à des images normatives et non réalistes du corps entraîne un sentiment d’auto-dépréciation et une mauvaise estime de soi pouvant avoir un impact sur les comportements de santé ».

Malheureusement, ce texte, qui ne concerne que la France, ne s’applique pas à la télévision (la retouche numérique étant également efficace dans de tels cas) et ne dit rien non plus des retouches – pourtant fréquentes, le pinceau électronique pouvant également faire disparaître « comme par magie », rides et imperfections – les publicités pour les autres soins cosmétiques.

À l’instar d’autres mesures concernant la cosmétique en général, cette information doit être utilisée pour la promotion de la cosmétique naturelle, chez laquelle « l’artificialité » ne fait pas partie des critères.

L’éthique des marques bio se base sur d’autres valeurs, qu’il est bon de rappeler en permanence pour contrer les marques conventionnelles majoritaires sur le marché, pour qui les apparences sont parfois plus importantes que les engagements profonds pour une beauté réellement naturelle.

Les microbilles de plastique interdites en France le 1er janvier prochain

Depuis 2015, Bio Linéaires vous a également parlé régulièrement des microbilles de plastique (alias microplastiques) et de leurs dangers. L’été dernier, la situation a enfin changé pour la France, ce dont la presse généraliste a brièvement parlé et que nous n’avons pas encore eu la possibilité d’évoquer dans ces pages, faute de place. Le 8 août 2016 a en effet été adoptée définitivement la loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Parmi les nombreux domaines qu’elle recouvre, deux concernent plus particulièrement le monde de la cosmétique et de l’hygiène, avec des mesures passées relativement inaperçues. La première porte sur les cotons-tiges en plastique, souvent jetés sans discernement dans les toilettes voire directement dans la nature : « À compter du 1er janvier 2020, la mise sur le marché des bâtonnets ouatés à usage domestique dont la tige est en plastique est interdite ».

La seconde concerne ces microplastiques : « Au plus tard le 1er janvier 2018, il est mis fin à la mise sur le marché de produits cosmétiques rincés à usage d’exfoliation ou de nettoyage comportant des particules plastiques solides, à l’exception des particules d’origine naturelle non susceptibles de subsister dans les milieux, d’y propager des principes actifs chimiques ou biologiques ou d’affecter les chaînes trophiques animales ». Sont donc concernés notamment les gommages visage et corps (ainsi que les gels douche gommants) ou les dentifrices. Affichant leur « bonne volonté », plusieurs acteurs notables de la cosmétique conventionnelle se sont d’emblée affichés « bons élèves », clamant leur intention de se mettre en conformité avant la date butoir. C’est oublier qu’ils sont eux-mêmes les premiers fautifs de cette pollution énorme que provoquent ces microplastiques. À rappeler aux consommateurs : la cosmétique certifiée a de tous temps interdit les microplastiques, et n’a pas attendu d’être contrainte par la loi pour se préoccuper de ce sujet.

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