« Biodis, c’est le service », Myriam Jourdan

Initialement prévue en juin 2020, la journée portes ouvertes du grossiste bio breton, Biodis, avait été annulée, Covid oblige. Deux ans plus tard, le rendez-vous était fixé au lundi 20 juin, en périphérie de Rennes, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, où 70 stands des fournisseurs de Biodis et visite des entrepôts étaient notamment prévus. Bio Linéaires y était. L’occasion de faire le point avec Myriam Jourdan, présidente de Biodis.

Biodis en chiffres

+100 employés
60 % à la logistique
40 % au service client

Bio Linéaires : En quelques mots, pouvez-vous nous présenter Biodis ?
Myriam Jourdan : On est grossiste en produits bio généralistes, on distribue des produits frais, du fruits et légumes, de l’épicerie, de la boisson et un petit peu de non alimentaire, sur les produits de base. On est logisticien avant tout mais surtout, on veut être un lien entre les producteurs, les fabricants et les distributeurs qui sont les magasins bio, nos principaux clients. On distribue sur la France entière.

Myriam Jourdan, présidente de Biodis.

BL : Vous distribuez sur les magasins bio mais aussi les magasins vrac et les épiceries alternatives de proximité (EAP), comment percevez-vous ce nouveau secteur ?
M.
J. : Pour nous, c’est un marché récent. On le perçoit d’une manière dynamique, ils sont tous nouveaux, tous jeunes, il y a beaucoup d’ouvertures, quelques fermetures… C’est un marché qui se structure, se met en place. Ce qu’on essaie de faire comprendre aux magasins vrac qui aiment souvent travailler en direct avec les marques, c’est qu’il vaut peut-être mieux pour eux qu’ils travaillent avec des logisticiens pour leur faire gagner du temps mais aussi par rapport au coût de transport et au bilan carbone.

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BL : Est-ce que vous voyez une évolution dans l’assortiment des magasins vrac et notamment sur les fruits et légumes ? Est-ce qu’il y a plus d’implantation avec ce rayon ?
M. J.
 : Je trouve que c’est toujours mitigé, certains ouvrent avec des fruits et légumes mais pas tous.

BL : Ces magasins vrac me rappellent les années 2000 des magasins bio, avec une approche de proximité plus marquée mais aussi humaine, vous le ressentez vous aussi ?
M. J.
 : Oui tout à fait, et sur les visites que j’ai faites, on voit qu’ils sont particulièrement attachés aux liens créés avec nos ADV (Ndlr : Administration Des Ventes). Chez nous, chez Biodis, chaque ADV gère son portefeuille. A partir du moment où un magasin commande au moins une fois par semaine le client est dans un portefeuille ADV, si on n’a pas la commande le jour habituel, il va être appelé. Il y a un vrai lien qui se crée entre nos clients et son ADV. On est d’ailleurs dans une période de recrutement sur ce poste !

On essaie surtout de faire un travail de qualité, livrer l’exactitude de la commande au client, dans un temps le plus court possible et ainsi lui apporter satisfaction”

BL : Ce matin, on a visité vos entrepôts, quels sont les points forts de Biodis en termes de logisticien ?
M. J.  : On essaie surtout de faire un travail de qualité, cela commence par le fait que ce soit bien rangé ce qui permet d’avoir un travail efficace en termes de rotation des produits.

Plusieurs dizaines de magasins ont pu découvrir lors des visites les installations du site de Biodis.

BL : C’est quoi un « travail de qualité » pour un grossiste ?
M. J. :
C’est livrer l’exactitude de la commande au client, dans un temps le plus court possible et leur apporter les réponses à leurs questions (produits, gammes …). Nous sommes en livraison A pour B sur quasiment toute la France, hors bassin méditerranéen. Certains départements doivent commander plus tôt car les camions partent à midi. On sait apporter de la flexibilité à nos clients en termes de choix produits et de façon de travailler avec nous : ceux qui aiment être appelés parce qu’ils veulent faire un point sur leur commande, ceux qui préfèrent être appelés à un autre moment pour faire un point sur les promos ou sur des produits … on essaie de s’adapter à chaque client parce qu’on s’adresse aux indépendants qui ont chacun leur façon de travailler !

BL : Myriam vous avez débuté à Biodis en 2006, comment avez-vous vu évoluer dans notre marché les relations humaines ?
M. J. :
Il y a une partie de notre clientèle qui ne change pas de typologie de relations, avec des magasins de proximité, avec des propriétaires pour lesquels c’est vraiment « leur » magasin. Et il y a aussi des magasins qui se sont structurés, on échange plus exactement de la même façon, mais notre rôle c’est toujours de s’adapter. Nous allons aussi vers plus de digitalisation aujourd’hui et Biodis a su s’adapter avec un Espace Pro lancé en juin 2021 et en constante évolution pour apporter du service 24h/24 et 7J/7 !

“Ce qui nous a surtout surpris, c’est la dégringolade en fruits et légumes, on se prend tous une claque”

BL : Depuis un an, on connaît un marché plus compliqué, comment percevez-vous la situation vous qui êtes avec vos équipes chaque jour en contact direct avec les magasins ?
M. J.
 : Certains ont vraiment des gros décrochés et d’autres un peu moins ; ce qui nous a surtout surpris, c’est la dégringolade en fruits et légumes qui était une gamme très forte pour Biodis et pour nos clients, on se prend tous une claque, c’est impressionnant. Et à l’inverse, le secteur épicerie chez nous ne s’en sort pas trop mal et le frais est correct aussi. Cette baisse en fruits et légumes, j’ai du mal à la comprendre parce que dernièrement, j’ai eu des contacts avec des magasins de producteurs et je leur disais : « vous devez avoir le vent en poupe » mais ils m’ont dit qu’ils étaient également en baisse. Alors on peut se demander : où vont les consommateurs ? Est-ce qu’ils n’achètent plus que des pâtes et du riz ?

C’est sous un chapiteau spécialement mis en place pour la journée portes ouvertes, qu’une soixantaine d’exposants ont pu faire découvrir aux magasins leurs offres.

Propos recueillis par Philippe Delran.

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