Hygiène, Beauté & Santé en magasin bio : les clés pour reconquérir un rayon en quête de repères

Alors que le réseau spécialisé bio affiche une reprise globale à +6,6 % à fin 2025, le pôle « Santé, Hygiène-Beauté et Compléments Alimentaires » enregistre une baisse continue depuis trois ans. Pour décrypter ce phénomène et offrir aux professionnels des leviers concrets, Cosmébio et le Synadiet ont commandé une étude d’envergure à l’institut Senseva (financée avec La Maison de la Bio). Menée au printemps 2026 auprès de 1 508 répondants*, cette radiographie du « shopper » révèle des pistes cruciales pour réengager les clients.

 

  1. Le client « Santé-Beauté », un client régulier de l’alimentaire

Le premier réflexe serait de penser que les acheteurs de cosmétiques ou de compléments en réseau bio forment une clientèle à part. C’est faux. L’étude démontre une porosité totale avec l’alimentaire : 91 % des acheteurs réguliers d’hygiène-beauté fréquentent le magasin bio au moins une fois par mois pour y acheter des fruits et légumes. Ils sont même 48 % à y aller au moins une fois par semaine. 

Mieux encore, la transversalité au sein même du pôle santé est majeure : 90 % des clients du rayon hygiène-beauté en réseau spécialisé y achètent également des compléments alimentaires.

 

  1. Le piège de l’omnicanalité : où partent les ventes ?

90 % des consommateurs sont omnicanaux et segmentent leurs achats de manière très pragmatique :

  • La pharmacie et la parapharmacie s’imposent comme les principales concurrentes sur les segments à forte valeur perçue ou technique : la dermo-cosmétique, les soins du visage, le solaire et les compléments alimentaires.
  • La grande distribution capte les volumes sur l’hygiène de base (douche, capillaires, hygiène dentaire).

Le magasin bio se retrouve ainsi pris en étau. Pour inverser la tendance, le réseau doit réaffirmer sa valeur ajoutée face à la pharmacie et retravailler l’attractivité de son offre basique face aux supermarchés.

 

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  1. Le conseil expert : l’atout maître sous-exploité

Face à l’expertise médicale de la pharmacie, le magasin bio souffre parfois d’un déficit de crédibilité perçu sur l’accompagnement. Pourtant, la demande est massive : 52 % des acheteurs de compléments alimentaires et 49 % des acheteurs de cosmétiques réclament un conseil expert en magasin.

Ce que le client attend, ce n’est plus un discours généraliste sur les valeurs de la bio, mais une technicité produit : une explication claire sur les actifs, les dosages, la synergie des ingrédients et les preuves d’efficacité. Investir dans la formation continue des équipes en rayon est aujourd’hui le levier de différenciation numéro un.

 

  1. Expérience en magasin : les points de friction à corriger

L’étude Senseva pointe plusieurs signaux d’alerte sur l’exécution en point de vente qui expliquent la fuite des achats :

  • Le manque de clarté : Des rayons parfois denses, compliqués à lire, où l’innovation est mal scénarisée.
  • La gestion de la rupture : Un point noir particulièrement visible sur les recharges, qui frustre les clients les plus engagés.
  • L’animation commerciale : Un déficit de théâtralisation et de propositions saisonnières (ex: détox de printemps, routine solaire, défenses immunitaires d’hiver).
  • La perception prix : Une image prix globale qui reste un frein, nécessitant de mieux valoriser le bénéfice produit pour justifier le positionnement.

 

Plan d’action pour le réseau : Clarifier, Prouver, Conseiller

Pour relancer la dynamique, les préconisations de l’étude s’articulent autour de piliers simples mais exigeants :

  1. Une approche plus pointue avec du conseil notamment sur les soins (ingrédients, dosage, marques, éthique…).
  2. Une image prix à travailler sur les produits hygiène.
  3. Savoir expliquer l’efficacité des produits – et plus largement les conseiller -, démonstrations, tests… 
  4. Une offre plus lisible, plus claire. Mettre en avant l’innovation.
  5. Assurer l’entretien et la présentation du rayon.

 

* Échantillon de 1 508 individus sur 6 comportements d’achat :
• Acheteurs réguliers de cosmétiques naturels/certifiés en magasin bio ;
• Acheteurs réguliers de compléments alimentaires en magasin bio ;
• Acheteurs en magasins bio de produits alimentaires mais pas de cosmétique ;
• Acheteurs en magasins bio de produits alimentaires mais pas de compléments alimentaires ;
• Acheteurs de cosmétiques naturels/certifiés mais pas en magasin bio ;
• Acheteurs de compléments alimentaires mais pas en magasin bio.

Pour aller plus loin

  • À Natexpo : Une restitution des résultats sera présentée par Cosmébio lors du Forum des Bio Tendances, organisé par Bio Linéaires.
  • Bio Linéaires N°126 (Septembre/Octobre 2026) publie un dossier spécial consacré à la relance du rayon hygiène-beauté en magasin bio.

La référence pour les professionnels de la distribution bio spécialisée et alternative

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