« Uniquement du chiffre, ce n’est pas ma vision du commerce » (magasin Le Temps du Vrac)

Sonia Combalbert du magasin « Le Temps du Vrac » à Lafrançaise (82) croit dur comme fer aux valeurs du lien social, du vrac et du zéro déchet. Elle nous raconte son parcours d’autodidacte, avec son accent chantant et sa bonne humeur, de la grande distribution jusqu’à la création d’une épicerie vrac au cœur d’un village du Tarn-et-Garonne qui propose 1 200 références à 97 % bio.

Interviews de magasin, avancées réglementaires, nouveautés produits, gestion des rayons, carte des Épiceries Alternatives de Proximité – EAP – (vrac, zéro déchet, de producteurs…) sont à retrouver tous les deux mois dans le Cahier spécial EAP de Bio Linéaires. 

 

Bio Linéaires : Sonia, expliquez-nous le côté atypique de votre parcours ?
Sonia Combalbert : Après un bac commerce, j’ai commencé une prépa HEC que j’ai dû arrêter en cours de route, pour travailler dans les
années 2000 comme ambulancière ! Je voulais déjà être dans le social et l’humain. Avec deux enfants à élever, j’ai fait un break avant d’intégrer un grand groupe de distribution sur Montauban, Promocash, qui n’avait rien à voir avec le bio ! J’aimais ce travail, mais pas les conditions dans lesquelles j’évoluais : que du chiffre, et pas d’humain.

« Avec seulement le libre-arbitre, les gens ramènent les contenants »

Sonia Combalbert a créé le magasin Le Temps du Vrac à Lafrançaise, dans le Tarn-et-Garonne.

BL : Qu’est ce qui vous a motivé à changer ?
S. C. : Au bout de 10 ans, j’ai fait un burn-out. Je suis allée me mettre au vert, j’ai ramassé du raisin, j’ai fait mille métiers… toujours dans la nature, pour retrouver calme et sérénité. Ça faisait très longtemps que je mûrissais un projet d’épicerie. Je ne connaissais pas le vrac, mais ma grand-mère me disait toujours qu’elle n’arrivait pas à utiliser un paquet de café sans qu’il « se perde » car elle n’en buvait pas assez. D’où l’idée de créer un magasin où tu n’achètes que ce que dont tu as besoin, à la juste quantité. Je voulais créer mon magasin dans le monde rural pour toucher un maximum de gens afin qu’ils n’aient pas à faire 20 km pour trouver du bio ou du vrac. Le bio n’était pas mon premier critère, mais le vrac et la réduction des déchets oui ! 

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BL : Où est située votre épicerie vrac ?
S. C. : Par le bouche à oreille, j’ai trouvé un local en plein centre du village, avec 45m2 de surface de vente, et une toute petite réserve ! Je propose des sacs, des bocaux et bouteilles à la vente, des sacs papier kraft biodégradables et compostables, je propose de les réutiliser le plus possible. Et j’ai aussi des conserves, pas de consigne payante. Je constate qu’avec seulement le libre-arbitre, les gens ramènent les contenants. Pour les yaourts, je travaille avec une petite ferme près d’ici, je ramène les pots, mais sans consigne. Je travaille seule, donc mes journées sont très remplies !

« Mon créneau : ne consommer que ce dont on a besoin »

BL : Vous saviez dès le départ ce que vous souhaitiez proposer ? Combien avez-vous de références ?
S. C. : Je suis à 1 200 références au total, le plus possible en vrac. Et 97 % en produits bio. Épicerie salée et sucrée, pas de fruits et légumes au magasin car j’ai un maraîcher juste à côté. Mais je fais des paniers sur commande à 10 ou 20 euros, deux jours/semaine en collaboration avec une maraîchère à 2 km. Je propose des produits frais : lait frais, lait cru, yaourts, crème fraîche, fromage (chèvre et brebis en local, et vache via la centrale Pronadis qui a un excellent service arrière pour les fromages). Un peu de viande (du poulet, une fois par semaine), je ne propose pas de grosses quantités en magasin, privilégiant un système de commande comme pour les fruits et légumes. Et je vais développer la gamme « cochon » en bio avec des producteurs locaux. Sans oublier du pain bio, tous les jours, et les vins et les bières d’origine locale, des alcools forts. Mon créneau : ne consommer que ce dont on a besoin.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans Bio Linéaires N°104 (Novembre/Décembre 2022). Si vous n’êtes pas abonné, abonnez-vous pour consulter en ligne le magazine, il est aussi disponible à l’achat au numéro.

Propos recueillis par Christophe Beaubaton
 

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