Entretiens à Natexpo : Matahi (Racines)

La marque Matahi, reprise par Racines, est présente à Natexpo. Aïda Soumaoro, responsable communication, explique au micro de Bio Linéaires l’importance, pour les magasins bio, de référencer les produits ethniques pour capter une clientèle qui multiplie les réseaux de distribution faute de représentativité. Racines – Matahi est au stand i61.

Écouter l’interview de Aïda Soumaoro de Matahi

 

Bio Linéaires : Bonjour Aïda, nous sommes à Natexpo Lyon 2022, tu représentes la marque Matahi. C’est une marque qui commence à être ancienne, elle existe depuis combien de temps ?
Aïda Soumaoro : La marque existe depuis très longtemps mais elle a pris de l’ampleur vraiment à partir de 2017.

BL : À la base, c’était uniquement sur le baobab ?
A. S. : Uniquement le baobab et même uniquement sur les boissons au baobab et aujourd’hui, en fait, notre expertise et notre présence en Afrique, nous a permis de développer d’autres filières avec d’autres ingrédients.

BL : Matahi a passé une période un peu difficile économiquement parlant, ça a été repris par Racines. Est-ce que tu peux nous présenter Racines, pour moi c’est une société hors du commun…
A. S. : Assez unique et je pense assez unique sur Natexpo puisque notre réseau de prédilection, c’est l’épicerie ethnique. Racines est basée en Afrique sur le territoire du Bénin, du Sénégal et de Madagascar, on a des filiales dans ces trois pays, et on travaille avec des producteurs en direct… on va travailler des produits qu’on va importer en France à destination de la diaspora africaine, malgache… donc plutôt les épiceries ethniques en fait.

BL : Vous fabriquez en Afrique ?
A. S. : On fabrique en Afrique, pas tous les produits mais une grosse partie des produits qu’on va présenter est fabriquée en Afrique.

BL : Une des grosses activités que vous avez aussi, c’est la fourniture d’ingrédients pour l’industrie ?
A. S. : Exactement, le fait d’être présent et de travailler en direct avec les producteurs, on a des produits finis qu’on va présenter pour le client B2C et ensuite, on va avoir effectivement la possibilité, à la demande, de faire de la farine de patate douce, de la farine de manioc en gros conditionnement pour les industriels.

« Les produits africains sont créateurs de valeur pour l’épicerie bio »

BL : Qu’est-ce que tu attends de ce Natexpo ?
A. S. : Une meilleure visibilité pour nos marques, que l’Afrique fasse partie enfin du « game » des produits qui sont présentés et que les gens se rendent compte à quel point, ils sont créateurs de valeur en fait ces produits pour l’épicerie bio. On a un pôle FFL (Ndlr : Fair For Life), donc les produits sont très souvent produits de façon équitable, en plus de ça ils sont bio, ils sont naturels, ils sont très simples : on est sur du mono ingrédient quasiment ; ça matche avec beaucoup d’attentes aujourd’hui des consommateurs !

BL : On avait fait un numéro sur les cuisines du monde dans Bio Linéaires, nous on est convaincu qu’il y a un rayon à développer en magasin. Vous aussi je suppose ?
A. S. : Oui c’est sûr, il y a un vrai marché en fait qui est complètement ignoré et on est persuadé que c’est un créateur de valeur. Aujourd’hui, une personne d’origine malienne, par exemple, quand elle vient en France et qu’elle veut retrouver les produits, elle va pas du tout au supermarché, elle va pas du tout en épicerie bio, elle va dans un réseau qui est complètement ignoré en fait de pas mal de gens. On est persuadé que référencer des produits types ethniques, ça permettra de capter des consommateurs qui, aujourd’hui, vont multiplier les réseaux de distribution pour pouvoir s’approvisionner.

BL : On peut être déraciné mais on ne perd pas sa culture !
A. S. : Exactement !

Propos recueillis par Philippe Delran

Natexpo 2022 : du 18 au 20 septembre à Eurexpo Lyon. 

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