NUMERO : N°100-mars-avril 2022

Le Bio Made in France est-il compétitif hors Hexagone ?

6,5 % de notre alimentation est bio, elle ne représente que 1,33 %1 de nos agro-exportations. Contre-performance ou bien promesse de progression ?

L’Industrie agro-alimentaire (IAA), premier secteur économique français… en déclin

L’IAA représente 20 % de notre tissu économique, un demi-million d’emplois directs, loin devant l’automobile, l’aéronautique ou la
pharmacie. Entre 1990 et 2020, notre part du marché mondial est passée de 9 % à 3 % et notre rang exportateur du 2e au 7e 2. 20 % des
entreprises françaises exportent contre 80 % en Allemagne !

La France légitime à l’international… non auto-suffisante

La France se classe au 5e rang mondial des exportateurs de bio ; principalement à destination des pays de l’UE et en croissance de
90 % entre 2014 et 2019. Seulement 67 % des produits bio consommés en France 3 y sont produits, le reste étant importé (18 % de l’UE, 15 % de pays tiers).

Un savoir-faire d’exception… à la compétitivité bridée

Ce décrochage en productivité est multi-causal :
1. culturel : l’« exception française » se traduit souvent par une surqualité. Un atout en terme de différenciation qualitative mais un
handicap en terme de prix ;
2. bureaucratique : la France surenchérit sur les normes environnementales et sanitaires de l’UE ;
3. structurel : la distribution abuse de la fragilité de nos PME au lieu de les aider à grandir pour mieux les servir ;
4. fiscal : les taxes à la production (3,2 % du PIB en 2017) sont le double du reste de l’UE. D’où une faiblesse des taux de marge et
investissements en innovation.

Libérer la compétitivité de nos PME de la bio

Les solutions existent, elles sont très largement appliquées chez nos voisins notamment allemands et italiens :
1. mutualiser des fonctions de support techniques non stratégiques comme les achats de matières sèches, l’informatique,
la logistique, les certifications, la création graphique,… ;
2. peser sur le législateur afin qu’il pulvérise notre carcan bureaucratique et aligne les charges au niveau de l’UE ;
3. s’affranchir des structures parasites et gagner en agilité par :
a. des collectifs informels et éphémères d’entreprises ;
b. le partage de l’intelligence commerciale.
Objectifs :
• rééquilibrer les rapports de force avec les majors de la distribution française et les administrations ;
• avancer groupés lors des prospections et promotions à l’export.
La Bio est l’avenir des IAA françaises 4 à l’export.

Logiquement, le chiffre d’affaires export de la Bio devrait au moins être en ligne avec sa part de marché hexagonale soit 4 milliards d’euros… au lieu des 826 millions d’euros actuels.

1 826 millions d’euros exportés en bio (2019) sur un total d’exportations agro-alimentaires de 62 milliards d’euros. Source : MOCI.
2 La balance agro-alimentaire 2020, excédentaire de 62 milliards d’euros est la plus faible enregistrée depuis 2000. Source : Sébastien Abis, Iris.
3 Sucre et produits tropicaux inclus. Source : Bio Linéaires n°97, p 75.
4 Source : Bio Linéaires n°90 Juillet/Août 2020, p 31.

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