Les agriculteurs bio face au défi du réchauffement climatique

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Le champ d’un adhérent de la Corab après l’arrêt de l’irrigation cet été. Photos Corab.

Face aux épisodes de sécheresse de cet été 2022, les producteurs de la Corab – coopérative d’environ 200 agriculteurs 100 % bio (légumineuses et céréales) en Nouvelle-Aquitaine – témoignent de l’impact du réchauffement climatique sur leur travail, s’interrogent sur leur avenir et proposent des pistes de réflexion.  

Luc Suret, agriculteur bio à Migré (17) sur sa ferme de 100 hectares

Des inondations en hiver, des chaleurs hors-normes l’été…, “la dérégulation du climat impacte fortement le quotidien des agriculteurs”, rappelle dans un communiqué la Corab, dont les adhérents sont en première ligne du réchauffement climatique. Comme lors des premières récoltes de juin sous des températures allant jusqu’à 40°C.

Luc Suret, agriculteur à Migré (Charente-Maritime) a vu “cette année, la sécheresse commencer tôt, c’est la première année où l’impact est aussi fort, on a battu les records de 1949”. Résultat : “Les fortes températures et le manque d’eau ont bloqué les plantes en faisant couler les fleurs”. Un cycle sec et chaud qui engendre des récoltes très précoces et des prélèvements d’eau – y compris les cultures dérogatoires – interdits qui génèrent de faibles rendements. 

“Excès d’eau puis périodes caniculaires, ces variations sont terribles pour les plantes”

Jean Boutteaud, agriculteur bio à la Ferme des Sens, évoque une sécheresse “particulièrement violente” et “un réel dérèglement climatique depuis déjà 4 ans, avec d’une année sur l’autre, des excès d’eau puis des périodes caniculaires, ces variations sont terribles pour les plantes”. Comment se projeter alors sur l’avenir dans un tel contexte d’incertitude météorologique qui impacte les rendements et donc le revenu sur la ferme ?

Quelles solutions ? 

Pour ces adhérents de la Corab, la solution réside dans la diversification de sa ferme avec notamment des cultures moins exigeantes en eau. Mais pas seulement. “L’objectif est de renforcer la biodiversité sur les fermes, avec des surfaces en herbe beaucoup plus importantes, des prairies, des arbres, des luzernes et la création de lieux d’accueil pour la faune auxiliaire”, explique Jean Boutteaud.

“Il y a un réel fossé entre l’agriculture et les citoyens. Le lien avec la nature s’est distendu”

Jean Boutteaud, agriculteur bio à la Ferme des Sens (17).

Mais “pour opérer des changements durables et résilients, il faut une prise de conscience collective”, note la coopérative. Et que la demande des consommateurs suive. En effet, le millet ou le sorgho résistent mieux à la sécheresse mais sont des céréales très peu utilisées en alimentation humaine. “C’est pourquoi agriculteurs, marques et transformateurs doivent agir pour sensibiliser la population à une alimentation stable et durable”, insiste la Corab. “Nous, agriculteurs, le remarquons : il y a un réel fossé entre l’agriculture et les citoyens. Le lien avec la nature s’est distendu. Aujourd’hui, nos concitoyens ne savent plus comment on élève des animaux et comment on cultive nos terres”, conclut Jean Boutteaud pour qui la vision collective sera bénéfique pour affronter le changement climatique à venir. 

 

 

 

 

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