NUMERO : N°90-juillet-août 2020

Maladie de Lyme, les compléments alimentaires à conseiller

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Lyme c’est quoi ?

La maladie de Lyme, aussi nommée borréliose de Lyme, est transmise par des bactéries hélicoïdales du genre Borrelia lors d’une morsure de tique ou d’autres insectes. Elle évolue par poussées sur plusieurs années et est souvent associée à des co-infections transmises simultanément (bactéries, virus, protozoaires…). Ce qui la rend difficile à diagnostiquer est l’absence de symptômes spécifiques. En effet, ils sont multiples et imitent ceux d’une polyarthrite rhumatoïde, d’une sclérose en plaques, d’une fibromyalgie, d’un lupus, d’un syndrome de fatigue chronique ou encore d’une maladie neurodégénérative :
● Fatigue chronique physique et mentale, dépression, confusion, anxiété, troubles du sommeil
● Troubles de la mémoire-concentration
● Troubles neurologiques – Neuro-Lyme (paralysie faciale, inflammation d’un nerf, perte de l’acuité visuelle, troubles de la marche, maux de tête…)
● Douleurs chroniques articulaires et/ou musculaires
● Co-infections diverses (rickettsioses, babésioses).

Que devez-vous conseiller ?

En priorité, il s’agit de recommander une hygiène de vie globale adaptée :
Consommer des aliments bio (afin d’éviter les résidus de pesticides), bruts ou peu
transformés et éviter au maximum les aliments du conventionnel puisque certains contiennent des additifs (les émulsifiants) qui augmentent la perméabilité intestinale et ne font qu’exacerber les symptômes.
Miser sur des aliments antioxydants naturels et riches en fibres : Végétaux frais et séchés notamment toute la famille des crucifères qui améliore le travail hépatique.
Apporter assez d’aliments anti-inflammatoires : petits poissons gras, huiles riches en acide alpha-linolénique.
Dormir suffisamment et d’un sommeil réparateur.
Pratiquer une activité physique régulière, plaisante et adaptée.
Bien gérer son stress (méditation, cohérence cardiaque, yoga…).
Ensuite, comme il n’existe pas un seul complément capable de diminuer tous ces symptômes, vous devez recommander, en plus des traitements généralement prescrits, tout un panel de compléments alimentaires pour agir sur les différents types de symptômes.

Prendre soin de la sphère intestinale

Les porteurs de Lyme ont eu, ou ont toujours de façon chronique ou pulsée, un traitement antibiotique à large spectre dans le but d’éliminer cette bactérie et les co-infections présentes. Il est donc primordial de réensemencer le microbiote avec des lactobacilles, des bifidobactéries et des streptocoques, d’autant que ces souches microbiotiques jouent aussi un rôle très important dans la dégradation des toxines microbiennes (endotoxines), dans la modulation du système immunitaire et la régulation de l’inflammation. Le L. Rhamnosus semble particulièrement intéressant pour chélater les métaux lourds et limiter l’anxiété. D’ailleurs il est tout à fait possible de conseiller d’autres psychobiotiques (B. infantis, L. helveticus) qui agiront sur la sphère intestinale et diminueront la fatigue émotionnelle. Il est aussi souhaitable de faire des cures régulières de L-GLUTAMINE afin de limiter la perméabilité intestinale.

Détoxifier l’organisme

On sait désormais que les symptômes de la maladie de Lyme peuvent être aggravés par la présence de toxines et toxiques environnementaux (polluants, pesticides, perturbateurs
endocriniens, aluminium, mercure, plomb…). Il est donc souhaitable de recommander des plantes qui soutiennent les enzymes de détoxication hépatique comme le chardon marie (notamment en cas d’enzymes hépatiques élevées (ASAT/ALAT), le desmodium, le radis noir, l’artichaut ou encore le brocoli. Il semblerait également que l’acide ellagique de la grenade soutienne la production de L-glutathion et chélate certains métaux (nickel).
Ces plantes peuvent être couplées à des substances orthomoléculaires comme la N-acétylcystéine, le glutathion, l’acide alpha-lipoïque et bien sûr la vitamine C qui est aussi
indispensable pour lutter contre la fatigue et pour soutenir l’immunité.
La Chlorella, l’ail des ours et le charbon végétal complètent l’action détox en chélatant les toxiques et métaux lourds présents au niveau intestinal. L’utilisation des bourgeons de tilleul et de bouleau va parfaire l’efficacité de ces substances.

Renforcer les défenses immunitaires

L’éradication de la bactérie est très compliquée puisqu’elle prend plusieurs formes, notamment des formes de kystes ou de biofilms, la rendant résistante aux traitements antibiotiques. Et comme il existe un « syndrome infectieux systémique » en cas de Lyme, il est donc nécessaire de soutenir le système immunitaire par :
La vitamine D3 (animale ou végétale) pour éviter les coinfections microbiennes et virales, à conseiller à l’année ou d’octobre à mars. Et un complexe regroupant vitamine C, vitamines du groupe B, zinc et magnésium.
L’Andrographis paniculata. Cette plante antibactérienne, antivirale, anti-inflammatoire et analgésique est capable de franchir la barrière hémato-encéphalique et baisser
l’inflammation du système nerveux central. Elle participe également à la modulation des réactions auto-immunes.
Le Cat’s claw (Uncaria tomentosa – Griffe du chat). Elle stimule l’immunité (notamment l’activité des macrophages) et augmente le nombre de lymphocytes. Elle diminue
l’inflammation et soulage les douleurs articulaires et intestinales tout en rééquilibrant le microbiote.
L’échinacée est aussi un excellent immunostimulant tout comme l’astragale (Astragalus membranaceus). Fortifiante et stimulante du système immunitaire, elle est antibactérienne et antivirale. Elle stimule les macrophages, active les lymphocytes
NK et T.
Les champignons asiatiques, shiitaké, cordyceps, reishi, riches en bêta-glucanes, stimulent aussi efficacement les défenses naturelles et luttent activement contre la fatigue
chronique.
L’éleuthérocoque (Eleuthérococcus senticosus) est quant à lui immuno-modulateur et adaptogène, il est donc idéal en cas de fatigue chronique et d’infections à répétition.
Afin de compléter les actions des antibiotiques prescrits, il est aussi envisageable de donner de l’extrait de pépins de pamplemousse et de l’huile essentielle d’origan qui ont de larges spectres d’actions antibactériens.

Lutter contre la fatigue chronique

Elle est souvent inhérente à la maladie de lyme et plusieurs nutriments pourront augmenter la production d’ATP et celle de dopamine, essentielles au regain d’énergie :
● Le coenzyme Q10 couplé au NADH participent tous deux à la production d’énergie. Cette action peut être amplifiée par l’apport de L-Carnitine, notamment chez les végétariens et
Vegan.
● La L-Tyrosine sera efficace pour augmenter le taux de dopamine et servir de précurseur aux hormones thyroïdiennes.
● Le magnésium malate augmente aussi l’énergie cellulaire. Il réduit l’excitation neuromusculaire et l’anxiété et sous cette forme, il favorise l’élimination de l’aluminium toxique.

Soulager les inflammations

Comme les Borrelia provoquent des réactions inflammatoires importantes au niveau articulaire, musculaire et neurologique, il est souvent utile d’avoir recours à des substances anti-inflammatoires naturelles :
● La Boswellia serrata diminue le gonflement des articulations et est aussi efficace que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sans les effets secondaires. A défaut, vous pouvez conseiller de l’harpagophytum.
● Le Curcuma antioxydant et anti-inflammatoire reconnu, diminue les douleurs. Il agit également au niveau de la détox hépatique.
● Les oméga-3 à longues chaînes, EPA et DHA, issus d’huiles de poissons ou d’huile de Krill ont des activités anti-inflammatoires et favorisent le bien-être émotionnel.
● SAMe : Aussi efficace que les AINS, elle diminue les douleurs articulaires. Elle améliore la synthèse des neurotransmetteurs et les neurotransmissions. Elle protège également le foie et le soutient dans ses processus de détoxification.
● La bromélaïne : elle diminue les douleurs et les en ures articulaires.
Ainsi le traitement adjuvant de Lyme ne peut se résumer à un seul produit .

Angélique Houlbert
Nutritionniste

Cet article provient de Bio Linéaires n°89 disponible -> ICI

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour cet article très utile sur des actions concrètes à mettre en place pour améliorer le quotidien. Je pense qu’au delà de ces points il ne faudra pas oublier de combattre la maladie « directement ». D’expérience diminuer l’inflammation et assainir le terrain est une chose mais cela ne sera pas suffisant à long terme pour éliminer un maximum de spirochètes et donc de symptômes handicapants. D’ailleurs, autre élément primordial, la recherche des co-infections qui souvent viennent compléter un tableau déjà lourd en symptômes. A diagnostiquer donc, et à traiter pour aller mieux 😉

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