NUMERO : Nov-Dec 2013

PPAM bio : s’adapter à l’évolution du marché…

PPAM : un secteur très diversifié et en forte évolution

Les tisanes sont classées dans le secteur des Plantes à Parfum, Aromatique et Médicinale, les PPAM. Ce secteur connait depuis plusieurs années une évolution importante et logique suite à l’augmentation de la consommation des produits bio. Les utilisations des PPAM sont multiples : usage alimentaire, usage vétérinaire et médical (homéopathie, phytothérapie, aromathérapie) et cosmétologie. Les PPAM sont essentiellement destinées à être transformées. Elles servent, entre autres, à la préparation d’huiles essentielles, d’infusions, de sirops, de liqueurs et d’aromates. Pour cela, elles sont séchées ou distillées, voire congelées. On constate depuis quelques années que de plus en plus de laboratoires cosmétiques et pharmaceutiques, de négociants et de transformateurs se lancent dans l’élaboration et la distribution de gammes de produits à base de PPAM biologiques, que ce soit sous forme d’huile essentielle, en sec, en frais ou encore en surgelé. En 2012, la France a encore connu une augmentation de ces surfaces avec 4 % (en conversion et bio) pour atteindre 4806 ha. On comptait à fin 2012, 1786 producteurs (+7 % par rapport à 2011).

Côté localisation, les surfaces de PPAM bio se trouvent essentiellement dans le Sud-Est de la France, en PACA et en Rhône- Alpes qui comptabilisent plus de 75 % des surfaces en PPAM bio française et près de 50 % des producteurs et producteurs-cueilleurs en 2012. Signalons que 83 % des PPAM cultivées en PACA sont des plantes à parfum : lavande, lavandin et sauge sclarée. En 2011, l’élaboration d’huiles essentielles et autres produits à base de PPAM bio constituait l’activité principale de 244 préparateurs. La majeure partie de ces préparateurs pratiquaient la vente directe de leurs produits.

 

Cueillette sauvage : une source d’approvisionnement non négligeable…

La cueillette de plantes sauvages sur des zones de collecte inventoriées et localisées géographiquement ou sur d’autres exploitations biologiques fait partie intégrante des filières PPAM bio. Les volumes collectés et les lieux de collecte sont inscrits sur un cahier de cueillette. Cependant, les surfaces ne sont pas comptabilisées dans les surfaces en production bien que susceptibles d’être importantes dans les zones de montagne et de parcs naturels. Ainsi, en 2011, on dénombrait 9 cueilleurs (sans compter les producteurs qui pratiquaient aussi la cueillette). Les surfaces ont été évaluées à environ 500 ha, regroupées principalement dans les départements de Savoie, Guyane, Vaucluse, Haute-Corse et Drôme.

…et certifiable

L’activité de cueillette est réglementée en bio. En effet, les entreprises ou les agriculteurs engagés en agriculture biologique qui font appel à des cueilleurs de végétaux doivent répondre à des exigences réglementaires. Peuvent être certifiés selon ce système, les opérateurs commercialisant des produits issus de la cueillette de végétaux à croissance spontanée (donc non cultivés) poussant dans des zones naturelles ou agricoles.

Selon le règlement (CE) N°834/2007, « La récolte de végétaux sauvages et de parties de ceux-ci, poussant spontanément dans les zones naturelles, les forêts et les zones agricoles, est assimilée à une méthode de production biologique à la condition :

● que ces zones n’aient pas été soumises, pendant une période de trois ans au moins avant la récolte, à des traitements à l’aide de produits autres que ceux ayant fait l’objet d’une autorisation d’utilisation dans la production biologique

● que la récolte n’affecte pas la stabilité de l’habitat naturel ou la préservation des espèces dans la zone de récolte ».

 

Cueillette sauvage : les démarches à accomplir

Chaque année, au moins un mois avant la cueillette, le collecteur doit transmettre à son organisme de certification :

● le formulaire « déclaration pour la cueillette de végétaux dans des zones naturelles ou agricoles » complété et signé par chaque cueilleur.

En effet, les cueilleurs doivent impérativement s’engager individuellement à respecter la réglementation bio. Il doit conserver les copies des déclarations de cueillette de ses cueilleurs afin de les tenir à disposition du contrôleur lors des audits. Après vérification de la conformité des déclarations de cueillette, la liste des cueilleurs qui pourront livrer leurs produits sera retournée tamponnée au collecteur. Celuici ne pourra réceptionner que les produits des cueilleurs mentionnés sur cette liste.

● le collecteur doit tenir à disposition du contrôleur un cahier des apports répertoriant les réceptions de ses différents cueilleurs (nom du cueilleur, produit livré, quantité, site de cueillette, date de livraison).

● chaque cueilleur doit également tenir à disposition du contrôleur les cartes IGN au 1/25000e localisant ses sites de cueillette, ou leurs références cadastrales, ainsi qu’un cahier de cueillette indiquant les espèces et quantités récoltées, les sites et dates de récoltes. (source Ecocert)