Regards d’Experts : Faux bio, vrai problème 

écrit par Bernard Ollié – GOOD

UNE STRATÉGIE DE LA CONFUSION

Début 2019, le Synabio a commandé une étude dont les résultats annonçaient des temps menaçants pour AB. Il s’agissait d’une étude lourde : 30 experts, 48 consommateurs interrogés en 6 groupes et 3 000 consommateurs sondés.

La question centrale posée par le Synabio était la suivante : Comment sont perçus les nouveaux signes de qualité – appelons les “labels” – qui font référence à des pratiques qui peuvent être assimilées aux pratiques de la Bio (AB) ?

Plusieurs “labels” étaient présentés : Demain la terre sans résidu de pesticides ou 0 résidu de pesticide … Les résultats ont été clairs, ces “labels” étaient assimilés au Bio AB sur le critère le plus critique – l’absence d’insecticides associés au cancer.

Prenons la question qui fut la plus emblématique de l’étude. On y voyait une tomate marquée AB à côté de la même tomate avec un “label” (Tomate “label”). Deux questions étaient posées.
1.
Laquelle de ces 2 tomates est « Bio » ?
2. Est-ce que ces 2 tomates sont identiques ?

Avant de passer au résultat, précisons que ce questionnaire était adressé à deux types de consommateurs : des “adeptes” acheteurs exclusifs du réseau Bio connaisseurs et partisans d’AB et des zappeurs consommateurs de AB plus ou moins intenses en fonction de leur budget, de leur connaissance et de leurs convictions – leur nom, les “pratiquants”.

Revenons aux deux questions posées plus haut, voici le résultat.
1.
Tomate AB gagne à 98 %.
2. 25 % des adeptes pensent que les 2 tomates sont identiques ; les pratiquants eux sont 65 %. En tout, 48 % des sondés pensent que ces 2 tomates sont identiques.

Autrement dit, tous les consommateurs attribuaient le terme “Bio” à la tomate AB mais la perception d’absence de pesticides était identique entre les deux tomates, AB et “label”.

Voilà pour la perception de la proposition.

On sait que le consommateur la confronte à une autre variable décisive : le prix. L’écart de prix entre ces deux tomates varie en défaveur du AB de 15 % à 35 %. Le rapport qualité – prix est donc nettement défavorable pour AB qui perd le match – sauf chez certains adeptes.

RÉAGIR

Cette vampirisation d’AB peut être stoppée, en particulier par l’intervention de l’État qui peut contrôler ce qui ressemble à une concurrence déloyale. Des outils existent déjà comme ARPP Ademe. Il ne manque qu’une prise de conscience et une défense collective du projet AB Bio.

Le match n’est pas encore perdu pour autant, rappelons-nous : Danone a fini par retirer la marque “Bio“ en 2006.

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