NUMERO : janv-fév 2008

Réglementation et étiquetage…


Décryptage d’une étiquette de vin

La réglementation en matière d’étiquetage du vin impose dans sa globalité au viticulteur de mettre certaines informations obligatoires.
1 – Mentions. Il en existe trois :

• Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Elle se présente comme suit : Nom de l’AOC + «Appellation d’Origine Contrôlée » ou Appellation contrôlée »
• « vin de pays » : La mention doit immédiatement être suivie du nom de la zone de production. • « vin de table »
2- indication de la teneur en alcool
3- Nom ou raison sociale, adresse de l’embouteilleur
4- Pays d’origine pour l’exportation
5- Volume contenu dans la bouteille
6- Numéro d’identifi cation du lot

Étiquetage des allergènes

Depuis novembre 2005, L‘Union Européenne oblige les viticulteurs à indiquer sur leur étiquette la présence d’anhydride sulfureux (sulfi te) si la teneur est supérieure à 10 mg / litre. Cette mention obligatoire peut apparaître sur la contre étiquette. La taille des caractères est libre mais l’information doit être claire et lisible. La mention, «Contient des sulfi tes» peut être accompagnée du signe SO2 afi n d’informer de façon non équivoque le consommateur.

Le pictogramme conseillant de ne pas boire d’alcool pendant la grossesse est obligatoire depuis octobre 2007.

Pour le Bio

 

Toutes les mentions relatives à l’AB, ainsi que les références à l’organisme certifi cateur, doivent être séparées des mentions obligatoires : en fi gurant sur une contreétiquette, ou sur une étiquette séparée, ou sur l’étiquette principale quand les 2 types de mention sont séparés d’un trait. Pour les produits en 2ème année de conversion l’intitulé doit être : « vin issu de raisin en conversion vers l’Agriculture Biologique ». Le logo AB est autorisé, mais pas obligatoire, depuis le 1er janvier 2005. Il doit être accompagné de la mention «vin issu de raisins de l’agriculture biologique» car l’utilisation de la mention «vin bio» est interdite. Au regard de la réglementation, Il n’existe pas encore de règles de «vinifi cation bio». En attendant, seules des organisations privées ont mis en place des cahiers des charges sur la vinifi cation «naturelle». Le logo AB concerne donc uniquement la culture du raisin !

Identifi er les chartes de vinification

De plus en plus d’étiquettes de vin «bio» distribués en magasins biologiques arborent des logos se référant à des chartres de vinification. En raison du vide réglementaire, des organismes privés ont élaboré des règles strictes de «vinifi cation Bio » contrôlées par des organismes indépendants. L’objectif de ces chartres privées (FNIVAB, Nature & Progrès, Demeter et Biodyvin) est de garantir une vinifi cation sans produits chimiques de synthèse ou génétiquement modifi és. A savoir, que la vinifi – cation conventionnelle autorise, dans certaines mesures, l’utilisation de plusieurs dizaines d’additifs, d’ingrédients et d’auxiliaires technologiques permettant de corriger certains défauts du vin, liés aux conditions de culture (météo), de vendange et de vinifi cation : correcteurs d’acidité, chaptalisation, utilisation de levures exogènes, enzymes, stabilisateurs, anti-oxydants, colorants… Les chartres, mises en place par les vignerons bio, limitent ou interdisent leur utilisation et préconisent plutôt les actions mécaniques. En bio, on privilégie une bonne matière première, avec des raisins de haute qualité sanitaire, ramassés dans de bonnes conditions, bien triés et à bonne maturité. Selon certains viticulteurs bio, «la qualité du vin se fait en grande partie dans la vigne».

Différences du Bio à la vinification

La vinifi cation permet de donner au vin toutes ses qualités (typicité, condition de conservation, goût, etc.). C’est pourquoi, cette étape dépend à la fois du savoir-faire et des objectifs du vigneron.

• Exemples de pratiques utilisées en Bio (différents selon les chartres de vinifi cation)
• Les levures : pour diminuer l’acide en excès et pour favoriser le départ de la fermentation alcoolique, il peut y avoir un ajout de certaines espèces de levures. En bio, utilisées que très rarement, les levures et les bactéries doivent être garanties SANS OGM.
• La chaptalisation :
Selon autorisation de l’INAO l’ajout de sucre de betterave ou de canne est possible pour enrichir le moût en sucre et ainsi gagner en degré d’alcool. En bio, le sucre de betterave ou de canne raffi né sans résidus doivent être certifi és BIO.
• Soutirage et collage : Pour séparer les dépôts accumulés dans le fût, le vin est soutiré par transvasements successifs (tous les 3 mois). Il est clarifi é par «collage» au blanc d’oeuf ou avec d’autres substances riches en protéines, puis fi ltré avant d’être mis en bouteilles. En bio, le collage se fait à l’aide de produits les plus naturels ou certifi és bio, comme l’albumine d’oeuf (certifi é AB), la colle de poisson (certifi é non OGM) ou la bentonite (poudre d‘argile).