NUMERO : Mai-Juin 2014

Vegan : des choix éthiques

Pourquoi devient-on vegan ?

Si on peut devenir végétarien ou végétalien pour la santé ou l’écologie, le choix de devenir vegan est lui un positionnement éthique, moral et même politique pour certains. C’est le refus de l’exploitation animale en tant que telle. Le refus d’oppresser les animaux, de se considérer comme des êtres «supérieurs» qui auraient tous les droits sur les autres être vivants avec lesquels nous partageons la planète. Le point de vue des vegans est très simple : les animaux ne nous appartiennent pas, leur vie leur appartient à eux seuls et si nous avons la possibilité de vivre sans les exploiter alors nous n’avons aucune justi cation pour disposer de leur vie comme il est fait actuellement. Le véganisme est une évolution majeure dans la manière de considérer le monde qui nous entoure et les animaux. Tout comme l’abolition de l’esclavage et des colonies l’ont été et comme plus récemment dans les pays occidentaux les droits des femmes ont été une évolution sociétale majeure qui nous semble si évidente aujourd’hui, reconnaitre aux animaux le droit de vivre, de ne pas être exploité est une évolution des mentalités qui est déjà en marche dans le monde entier. C’est un progrès extrêmement logique que les techniques agricoles et industrielles, les connaissances scienti ques et médicales permettent aujourd’hui. En n, selon les vegans, «Puisque nous avons la possibilité de pourvoir à tous nos besoins et même à nos loisirs sans exploiter les animaux, pourquoi ne pas le faire ?»

 

Un mode de vie plus écologique

Si on devient vegan avant tout par éthique, pour les animaux, ce mode de vie a un impact positif aussi pour les humains et la planète. L’élevage, surtout s’il est intensif (ce qui est le cas pour la majorité des élevages français) est un « symbole » pour les vegans. Outre les conditions d’élevage proprement dites, il a aussi un impact sur l’environnement. Dans le monde, l’élevage émet 7,1 gigatonnes (1) équivalent CO2 par an, soit 14,5 % des émissions de Gaz à E et de Serres (GES) liées aux activités humaines. Dans cette part, l’élevage bovins viande représente par exemple 40 %. Les principaux gaz émis par l’élevage sont le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et le dioxyde de carbone (CO2). Le méthane entérique (issu de la rumination) est la principale source de GES en élevage avec 55 % en bovin viande. Si son développement intensif se poursuit, les conséquences seront de plus en plus préoccupantes : déforestations pour la mise en place de nouvelles cultures destinées à nourrir les animaux, pollution des sols et des eaux (par les intrants chimiques, résidus de pesticides, antibiotiques, etc.), baisse de fertilité des sols, rareté de l’eau, développement des OGM… De nombreux experts l’a rment, pour nourrir la planète, il va falloir se tourner vers une alimentation très majoritairement végétale. De nombreuses entreprises ont déjà fait le pas et l’offre de produits végétariens et vegan est en pleine expansion.

 

Devenir vegan : quelques pistes

Il est possible d’opter pour le véganisme rapidement. Toutefois, une préparation, un temps d’adaptation ou une période de transition sont nécessaires. Cette reconversion sera plus ou moins facile selon la personnalité, les

motivations, les habitudes et dépendra du rythme et des objectifs de chacun.

Se renseigner

Les magasins spécialisés vegan ainsi que les magasins bio sont là pour les conseiller et répondre à leurs questions. Comment mettre en place une alimentation vegan équilibrée au quotidien ? Où manger vegan à l’extérieur ? Où trouver de la vitamine B12…

De nombreux sites proposent des «kit du vegan débutant». Le site de l’Association Végétarienne de France propose de nombreuses  ches très utiles sur la nutrition et d’autres répertorient les restaurants vegan.

Avancer à son rythme

Tout changer d’un seul coup n’est pas toujours la meilleure solution. Dans un premier temps, il est recommandé d’utiliser les alternatives de certains produits en tenant compte toujours des règles nutritionnelles (viande, lait, beurre). Puis, les étapes suivantes se font plus facilement (pas de chaussures en cuir, etc.). Les experts conseillent aussi de débuter par un repas vegan par jour ou par une journée 100 % vegan, par semaine, puis deux… L’évolution végétarien, végétalien, vegan est souvent une progression logique, mais n’est en aucun cas un chemin obligatoire. La période de «transition» vers un mode de vie vegan prend un temps très di érent d’une personne à l’autre, de quelques jours, à parfois quelques années.

Rencontrer d’autres vegans

Pour obtenir le maximum de conseils, de nombreux forum ou groupes de rencontre vegan ou végétarien existent. En e et, être isolé socialement dans cette démarche peut être parfois difficile à vivre. C’est pourquoi, pouvoir se retrouver avec d’autres personnes qui partagent les mêmes choix est une démarche à ne pas négliger. Des ateliers cuisine vegan existent aussi pour ça.

S’impliquer

Être vegan implique généralement d’être actif dans le milieu associatif, être bénévole dans un refuge et/ou de soutenir  nancièrement di érentes actions. Rappelons, que le travail des associations est primordial, ce sont bien souvent elles qui permettent de faire avancer les choses au niveau législatif pour le droit des animaux et leur protection ou qui mettent en place des pétitions ou des actions décisives qui ont un vrai impact sur les marques et les poussent à abandonner l’utilisation de matières animales comme la fourrure ou l’angora par exemple. C’est peut-être ce qui est le plus motivant lorsqu’on devient vegan : savoir que les actes personnels ont un impact direct. Un vegan épargnerait la vie de près de 200 animaux chaque année rien qu’à travers son alimentation.

(1) : Tackling climate change through livestock, FAO, 2013).

 

La Veggie Pride est le RDV de tous les végétariens, les végétaliens et les vegans. L’objectif des participants est, entre autre, de manifester publiquement pour devenir les porte-paroles actifs de la cause animale d’exprimer leur  erté de leur choix et de lutter contre la végéphobie dont ils sont victimes. La 13e édition aura lieu le 10 et 11 mai prochain à Paris

Renseignements : www.veggiepride.org