
Face à une concurrence accrue et à la nécessité de renforcer leur compétitivité, les dirigeants d’Alré Bio ont rejoint le groupement Accord Bio en avril dernier. Politique prix, partage d’expériences, innovations produits et croissance retrouvée : Maryse Deniaud et Jérôme Fresq reviennent sur les raisons de ce choix stratégique et sur la bonne dynamique de leurs magasins.
Bio Linéaires : Pourquoi Alré Bio a-t-il décidé de rejoindre le groupement Accord Bio ?
Maryse Deniaud : Après plusieurs années de réflexion, nous avons décidé de rejoindre le groupement Accord Bio en avril dernier. Face à une concurrence importante à Auray, nous avons constaté que le magasin était « à la traîne » sur les prix des produits courants. L’adhésion au groupement nous a permis de proposer une gamme « petit prix » très intéressante et de mieux travailler les promotions. Nous considérons que la politique tarifaire est le nerf de la guerre pour maintenir la compétitivité du magasin. Le groupement permet d’obtenir des remises intéressantes auprès des fournisseurs, ce qui nous aide à revoir nos marges à la baisse au bénéfice des clients.
Jérôme Fresq : Rejoindre Accord Bio nous a également permis de ne plus nous sentir seuls face aux « géants » du secteur. Le réseau apporte un véritable esprit d’entraide et de partage d’expériences avec d’autres magasins indépendants partout en France. L’idée est d’avancer ensemble pour aller plus loin.
BL : Vous avez participé au premier salon Accord Bio. Quel bilan en tirez-vous ? Avez-vous découvert des innovations particulières ?
J. F. : C’est une première expérience réussie pour nous. Je suis très satisfait de l’accueil reçu, que ce soit de la part du staff d’Accord Bio, des autres magasins adhérents ou des fournisseurs présents sur le salon. Cela a été l’occasion de créer du lien et de rencontrer physiquement des fournisseurs avec lesquels nous échangeons habituellement par téléphone ou par mail. Ils ont répondu présents en matière de remises et de diversité produits. Côté pépites, j’ai retenu deux innovations : les bières sans alcool Parallèle, pour leur goût authentique de « vraie bière », ainsi que certains produits de la biscuiterie Terra Céres, sans lactose et sans gluten.
M. D. : Mon coup de cœur, c’est la gamme d’ustensiles de cuisine Beka. Je pense que ce type de produits de qualité constitue souvent le grand manquant des magasins bio. Il est en effet contradictoire de défendre une alimentation saine tout en utilisant des outils de cuisine peu qualitatifs ou potentiellement moins sains, comme ceux que l’on trouve parfois dans les enseignes classiques. Cette découverte représente pour moi une véritable opportunité. Je vais d’ailleurs passer commande.
BL : À quasi-mi-2026, comment se porte l’activité dans vos magasins ?
M. D. : Cela se passe très bien. Les deux points de vente sont en croissance : nous sommes autour de +8 % à Auray et +7 % à Crac’h, ce qui représente une très belle dynamique. La fréquentation progresse également, tout comme le panier moyen. Ces derniers mois, nous avons enregistré de très bons résultats, avec un panier moyen aux alentours de 40 € à Auray. Nous avons même battu plusieurs records de chiffre d’affaires journalier récemment, donc les résultats sont très positifs.
Nous observons aussi une clientèle satisfaite et fidèle, qui revient régulièrement. Autre élément encourageant : le rajeunissement de notre clientèle. Historiquement, nous avons une clientèle plutôt senior, mais nous voyons aujourd’hui arriver davantage de jeunes familles et de consommateurs plus jeunes. Pour nous, c’est un indicateur très positif.
Enfin, le local fonctionne également très bien : conférences, ateliers cuisine et autres animations rencontrent toujours beaucoup de succès. Cela dit, nous restons vigilants. Comme je le disais, la politique prix demeure un enjeu majeur. Nous allons donc accentuer nos efforts sur les petits prix, les promotions et la communication visuelle, que nous sommes actuellement en train de retravailler en magasin.
BL : Selon vous, Jérôme, quelles sont les raisons de ce succès ?
J. F. : Je pense que cette dynamique positive s’explique d’abord par un contexte sociétal marqué par une prise de conscience croissante autour de l’alimentation, de la santé et des enjeux liés à la qualité des produits.
L’enseigne bénéficie également d’un effet découverte. Certains clients, parfois hésitants au départ, franchissent la porte du magasin et y trouvent une offre, des prix et un environnement qui correspondent à leurs attentes.
Enfin, la qualité de l’accueil et l’implication des équipes jouent un rôle déterminant dans l’expérience client. Les consommateurs se sentent bien dans nos magasins et apprécient aussi de voir des salariés épanouis dans leur travail.
Propos recueillis par Antoine Lemaire





