Biodiversité : un guide sur les enjeux spécifiques de la bio

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Si l’agriculture biologique constitue une base solide pour préserver la biodiversité, le SYNABIO considère qu’il est essentiel pour le secteur de se fixer des objectifs de progrès complémentaires aux exigences du règlement bio européen en cohérence avec la progression des connaissances scientifiques et des attentes de la société civile. C’est parce que « la bio doit rester un modèle pionnier et exemplaire en matière de biodiversité » que le Synabio vient de réaliser un guide dédié. Objectifs : permettre aux entreprises de mieux comprendre les enjeux de préservation et de restauration de la biodiversité spécifiques au secteur de la bio et les accompagner dans une démarche de progrès de leurs pratiques. Bio Linéaires en publie un extrait consacré à la multiplication des démarches proposant des alternatives à l’agriculture conventionnelle… mais qui ne doivent pas se substituer au label bio.

UNE MULTIPLICATION DES LABELS POUR ACCOMPAGNER LA TRANSITION AGRICOLE

De nombreuses démarches ont émergé ces dernières années pour proposer des alternatives à l’agriculture conventionnelle en mettant en avant la préservation de la biodiversité. Ces démarches ont le mérite d’accompagner une transition progressive des pratiques agricoles auprès du plus grand nombre. Néanmoins, elles ne doivent ni s’opposer, ni chercher à se substituer au label bio qui reste à ce jour le système le plus complet, de la fourche à la fourchette, pour servir de base à une transition globale des systèmes alimentaires.

HVE ET DES DÉMARCHES DE CONSERVATION DES SOLS : NOTRE POSITION !

La certification HAUTE VALEUR ENVIRONNEMENTALE (HVE), a été créée en 2012 à la suite du Grenelle de l’environnement avec pour objectif d’accompagner les exploitations agricoles vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Elle peut être obtenue par deux voies : une approche thématique, dite « voie A », basée sur quatre modules (biodiversité, phytosanitaire, fertilisation, irrigation) subdivisés en une quarantaine d’indicateurs qui permettent tous d’obtenir des points. Un minimum de 10 points pour chaque module est nécessaire pour obtenir la certification ; une approche globale, dite « voie B », basée principalement sur le respect d’un ratio intrants/chiffre d’affaires inférieur à 30 %. La certification HVE concerne uniquement les étapes de production agricole et ne couvre pas le scope de la transformation.
Les audits de contrôle sont réalisés tous les trois ans par un auditeur externe. Initialement conçue comme une étape vers l’agriculture biologique, HVE permet une amélioration de certaines pratiques agricoles, notamment avec un module dédié à la biodiversité. Néanmoins,
les indicateurs sélectionnés, les objectifs associés et le système de notation ne semblent pas suffisamment exigeants, à ce jour, pour produire des résultats probants sur la biodiversité. Selon l’IDDRI*, les données statistiques montrent en effet que les exploitations de certaines filières comme la viticulture ou le maraîchage peuvent obtenir la certification sans aucune amélioration de leur performance environnementale. En conséquence, le SYNABIO propose la suppression de la voie B qui permet l’obtention de la certification sur la base d’un calcul économique lié au poids des intrants dans le chiffre d’affaires des exploitations. Nous proposons également un renforcement
des exigences de la voie A, notamment sur la question des produits phytosanitaires.

Dans ce contexte, il est primordial pour les acteurs de la bio de s’emparer de la thématique de la biodiversité. D’une part, afin d’être capable de réaffirmer la corrélation positive entre les engagements actuels de l’agriculture biologique et les résultats produits sur la biodiversité. D’autre part, afin de continuer à faire progresser les engagements de la bio en prenant en compte les avancées de la recherche et rester ainsi pionnier de la protection du vivant.

 

Extrait de « Comprendre et préserver la biodiversité dans les chaînes de valeur bio – GUIDE PÉDAGOGIQUE À DESTINATION DES ENTREPRISES BIO » réalisé par le Synabio. Celui-ci se décline en trois temps : partie 1 – Comprendre les enjeux, partie 2 – Découvrir les axes de progrès, partie 3 – Agir à l’échelle de son entreprise.

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