NUMERO : Mars-Avril 2015

Docteur Paul Carton : un visionnaire méconnu de l’alimentation naturelle…

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Le Docteur Paul Carton aurait eu cent ans le 12 mars 1975. Depuis, 40 ans sont passés. Né à Meaux près de Paris le 12 mars 1875, il mourut à Brévannes (Val  d’Oise) le 20 Octobre 1947 après une vie extraordinairement bien remplie. Il laissait une œuvre magistrale restée trop méconnue : une trentaine d’ouvrages remarquables et hélas, ignorés de beaucoup de médecins avec, de 1911 « La tuberculose par arthritisme » à 1940 avec « Le guide de la vieillesse ».
 

Une enfance douloureuse

De constitution physique extrêmement faible et sensible, surtout au niveau digestif, il ne supportait pas la surabondance des aliments « fortifiants » que ses parents lui donnaient. Aux souffrances physiques et psychiques se rajoutèrent celles dues aux traitements et médicaments qu’il ne supportait pas, deux ans de corset en cuir et acier gardé jour et nuit pour corriger une scoliose. L’enfance de Paul Carton ne fut pas heureuse et sa scolarité fut très difficile au départ. Myope, il ne pouvait suivre les démonstrations au tableau. Mais sa volonté de fer, ses dons d’observation et de synthèse prirent peu à peu le dessus.

Finalement, il obtint un prix d’honneur à l’école, fit de solides études classiques, réussit son baccalauréat et entra à la Faculté de médecine. Au cours de ses études médicales, son état de santé ne fera qu’empirer, mais grâce à sa volonté et à sa persévérance, il poursuit ses études. En 3è année, il devient interne, prépare les concours et les réussit brillamment. Il travaille ensuite à l’institut Pasteur puis est nommé chef de laboratoire à la Pitié. Plus tard, il exerce à Paris, mais la pénible vie de médecin-praticien achève de dégrader sa santé : il développe une tuberculose et à 30 ans est envoyé en sanatorium.
 

La méthode du Dr Paul Carton
C’est là, alors qu’il luttait pour survivre à sa maladie qu’un évènement vint bouleverser toute sa vie, ainsi que ses idées médicales : à l’occasion d’une formidable crise d’empoisonnement  alimentaire, il fut en effet l’objet d’une diarrhée cholériforme surabondante pendant deux jours. On s’attendait à une aggravation cataclysmique.

Ce fut, au contraire, une sorte de résurrection : disparition de l’asphyxie, de la cyanose, des accès de suffocation, baisse de la fièvre, amélioration des foyers pulmonaires, bien-être psychique… Mais au bout de 8 jours, les misères  antérieures reparurent. Réfléchissant alors qu’une  amélioration certaine s’était déclenchée  par l’arrêt alimentaire et un dégagement intestinal intense, il s’engage dans cette voie et propose une thérapeutique innovante à l’opposé de celles communément admises et pratiquées.

Ainsi, devait naître le trépied thérapeutique fondamental qui constitue l’enseignement du Dr Paul Carton :

1) alimentation physiologique,

2) élimination des poisons (surtout par voie intestinale)

3) perfectionnement de la nutrition par l’exercice modéré.

Il obtient une place de médecin-assistant à l’hôpital-sanatorium de  Brévannes qui lui permet de réaliser son rêve : habiter à la campagne, avoir un jardin et un rucher, être en contact avec la nature.

En même temps, il mettait en pratique les idées médicales qu’il avait découvertes et appliquées sur lui-même : il traitait ses malades sans médicaments, uniquement par des manœuvres diététiques, des soins hydrothérapiques et par l’exercice physique.

Il exerça encore 40 ans, à l’hospice d’abord, puis en clientèle privée, poursuivant ses recherches, perfectionnant sa nouvelle approche thérapeutique qu’il fit connaître par la publication de nombreux livres et articles.

Tous les aspects de la santé y furent traités : non seulement l’alimentation,  l’exercice, l’hydrothérapie, l’héliothérapie, les drainages, mais aussi l’influence du climat, des saisons, du mode de culture et de la cuisson des aliments, le rôle du psychisme et de la bonne direction mentale et spirituelle, etc.

 

La difficile reconnaissance

Comme tout pionnier, ses idées dérangeaient et il fut attaqué de tous côtés : le corps médical ne comprenait pas qu’il puisse parler d’alimentation et d’hygiène… Les thérapeutes de médecine naturelle, les religieux qui lui reprochèrent de tomber dans l’occultisme en parlant de « force vitale » se joignirent au concert.

Il consacra la deuxième partie de sa vie à défendre et à protéger son nouveau système médical et, pour se démarquer clairement des différents mouvements et systèmes thérapeutiques, il créa en 1921 la « Société  Naturiste Française » et en 1922, il débuta  la publication de la « Revue Naturiste » qui avait pour but d’informer, d’enseigner mais aussi de défendre sa nouvelle conception médicale.

 

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