[Exclu BL] Du bon usage de la terre : land sharing ou land sparing

[Exclu Bio Linéaires] ACV, Agribalyse, Ecoscore… Dans une série de 8 articles, Claude Aubert fait le point pour Bio Linéaires – avec le soutien des Comptoirs de la Bio – sur un sujet complexe qui influencera certainement l’agriculture biologique. Après avoir présenté l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) dont l’objectif est d’estimer l’impact d’un produit sur l’environnement, sa déclinaison aux aliments puis le volet bio d’Agribalyse et ses incohérences, voici un rappel du bon usage de la terre.

4. Du bon usage de la terre : land sharing ou land sparing

Plusieurs articles récents dans de prestigieuses revues scientifiques, dont Nature, ont conclu, comme Agribalyse, que les produits bio sont moins favorables à l’environnement que les conventionnels. En se basant sur un calcul simple et à priori logique : pour produire des aliments, vous avez le choix entre deux méthodes : le conventionnel, qui produira disons 40 tonnes à l’hectare de pommes, ou le bio qui n’en produira disons que 20 tonnes.
Donc il faut deux fois plus de surface pour produire une quantité donnée de pommes en bio qu’en conventionnel. Sur les deux hectares nécessaires en bio pour produire 40 tonnes de pommes, vous n’aurez besoin que de la moitié en conventionnel. Vous libérez donc un hectare, qui pourra être utilisé pour planter des arbres, et donc séquestrer du carbone, ce qui diminuera le bilan des émissions de gaz à effet de serre, ou en faire un espace naturel, ou encore produire de l’énergie renouvelable. Raisonnement logique et imparable. Sauf que ça ne se passe pas comme ça.

Prenons l’exemple des céréales. En France, grâce à l’augmentation spectaculaire des rendements (variétés à haut rendement + azote chimique), leur production sur une surface donnée, a été multipliée par quatre en 50 ans (1950-2000). Or, la consommation humaine a diminué pendant cette période. On aurait donc pu diviser par quatre la surface en céréales et consacrer le reste à des productions bénéfiques pour l’environnement. Mais on a préféré garder, voire augmenter, le nombre d’hectares cultivé en céréales, pour nourrir des millions de vaches, de porcs et de volailles, au détriment de l’environnement et de notre santé. Résultat : 80 % des céréales produites en France, hors exportations, servent à l’alimentation du bétail !

Épisode précédent -> Le volet bio d’Agribalyse et ses incohérences 
Suite -> Pourquoi demander le retrait du volet bio de l’Agribalyse ? 
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