INTERVIEW – “Notre offre est différente”, Aurélie Heim (VracOmarché)

Cédric et Aurélie Heim du magasin VracOmarché à Saverne (67).

Extrait du nouveau cahier vrac et épiceries alternatives de proximité (EAP) de Bio Linéaires*

Dans le Bas-Rhin, l’enseigne indépendante VracOmarché, créée en 2019 par Cédric et Aurélie Heim, compte actuellement deux épiceries alternatives de proximité sur les communes de Marlenheim et Saverne. Aurélie Heim nous dresse un portrait « en temps réel » de cette enseigne attachante, qui a su trouver son public dans une zone où la demande naturelle se faisait forte.

Bio Linéaires : Pouvez-vous nous expliquer vos parcours respectifs, et ce qui vous a amené à faire le choix de créer votre propre enseigne ?
Aurélie Heim : Nous sommes adeptes du « consommer autrement », en achetant des produits dans les fermes de petits producteurs locaux. Je travaillais dans la vente à domicile et mon mari Cédric, dans la GMS, mais son poste ne lui convenait plus. D’où l’idée en mars 2019 de créer un magasin à Saverne, où l’on puisse travailler sur la réduction des déchets tout en proposant des produits de petits producteurs, du frais, des fruits et légumes. Cédric a suivi une formation pour ce projet, qui était avant tout le sien.
En juin, nous avons présenté notre dossier pour la création d’une épicerie alternative et on nous a fait remarquer l’énormité de la tâche, presque impossible à mener seul, donc je l’ai accompagné pour l’épauler. Nous avons ouvert le premier magasin début octobre, et comme je possédais un bon réseau via mon ancienne activité, ça a tout de suite démarré très fort, avec une croissance phénoménale !
Je me suis retrouvée immédiatement à travailler à plein temps avec mon mari : lui côté gestion, et moi côté magasin… durant les 4 premiers
mois. Mais l’activité était tellement intense que nous n’y arrivions pas à deux, et nous avons donc recruté notre première collaboratrice à plein temps. Après le Covid est arrivé, et notre chiffre d’affaires a littéralement explosé : nos clients venaient de plus en plus loin, et nous disaient « c’est dommage que nous n’ayons pas un magasin comme le votre chez nous »… Cédric pensait déjà à franchiser l’enseigne, mais du coup nous avons ouvert en mars 2021 une nouvelle épicerie à Marlenheim.

BL : Pourquoi le choix d’une enseigne indépendante ?
A. H. : Cédric, il a ses idées bien à lui, il est très autonome dans sa façon de travailler, il aime son indépendance, d’où notre choix. Avant d’ouvrir notre première épicerie nous sommes allés rencontrer tous nos producteurs, c’est très important pour nous, c’est nous qui choisissons avec qui nous voulons travailler.

“Le zéro déchet, pour nous, ça n’existe pas : mais réduire les déchets, oui”

BL : Par rapport aux magasins spécialisés bio (MSB), pensez-vous que votre offre vrac en bio est plus compétitive ?
A. H. : Non, je ne pense pas. Même si nous avons les mêmes fournisseurs, notre offre est différente. Ce serait top que les épiceries
comme la nôtre puissent l’être, mais pour cela il faudrait pouvoir proposer une gamme vrac plus large en non bio. Pour moi, consommer
vrac n’est pas forcément moins cher pour l’acheteur, c’est avant tout un mode de consommation différent, qui permet de diminuer les déchets d’emballages.

BL : Comment est votre activité commerciale actuellement, quelle part en bio ?
A. H. : C’est bien plus bas qu’en premières périodes de crise sanitaire, notre CA a baissé d’environ 25 % depuis juin 2021. L’activité malgré
tout se maintien bien grâce aux excellents résultats obtenus en 2020. Et pas uniquement sur le vrac, ça s’applique aussi aux produits frais.
Je crois que cette tendance est générale pour tous nos confrères, magasins bio ou non. 90 % des produits que nous vendons sont en bio.

BL : Quelle clientèle drainez-vous ?
A. H. : Beaucoup de jeunes mamans, 25-35 ans, qui viennent souvent avec leurs enfants. Et des couples plus jeunes, qui veulent changer
leur façon de consommer. Nous constatons un « petit creux » générationnel, jusqu’à 50 ans, pour repartir sur une clientèle plus âgée qui
recherche une épicerie locale, le retour à ce qui se faisait avant. Sur Marlenheim, on est vraiment considéré comme la petite épicerie du
village, et nos clients vont parfois venir juste pour se dépanner d’une salade.

BL : Avez-vous une offre à valeur ajoutée ?
A. H. : Oui, sans hésitation : les produits locaux et les produits frais qui représentent une grande part de nos ventes. Les viandes, les fromages, toutes ces gammes de produits que nous sommes en train de développer avec nos producteurs pour proposer en 2022 des paniers autres que de fruits et légumes, comme actuellement. Et aussi, le conseil et la convivialité que nous apportons chaque jour à nos
clients.

* Retrouvez la suite de l’interview d’Aurélie Heim du magasin VracOmarché dans le nouveau cahier vrac et épiceries alternatives de proximité (EAP) dans Bio Linéaires N°99 – Janvier / Février 2022 disponible à l’achat au numéro ou en version consultable pour nos abonnés.

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