La biodiversité chez Biocoop, Biolait et Kaoka

De gauche à droite : Mathilde Gsell, responsable du projet Biodiversité pour le Synabio, a nimé cette table ronde qui réunissait Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop, Sébastien Balmisse, directeur filières de Kaoka, et Jean-Luc Denis, éleveur laitier et administrateur de Biolait.

Le Synabio a organisé, le 24 juin, une Matinée autour des enjeux de la biodiversité. A cette occasion, une table ronde a réuni Biocoop, Biolait et Kaoka. Engagés à développer les indicateurs compilés dans le Guide pédagogique du Synabio, ils ont profité de ce rendez-vous pour présenter leurs engagements, leurs problématiques et leurs attentes. Morceaux choisis.

Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop.

Le constat

« Les enjeux environnementaux sont de plus en plus une attente des consommateurs et de la société civile, il y a cet enjeu de s’en saisir, nous acteurs de la bio collectivement, d’avoir un impact concret et de pouvoir mesurer ce que cela veut dire à tous les niveaux au sein de nos entreprises pour pouvoir le valoriser au plus grand nombre », Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop.

« La biodiversité se joue d’abord au niveau des fermes et des agriculteurs. Le label bio est le label le plus abouti en termes de biodiversité », Jean-Luc Denis, éleveur laitier et administrateur de Biolait.

Les actions au sein des entreprises

Sébastien Balmisse, directeur filières et qualité de Kaoka.

« On travaille depuis 10 ans sur la restauration de plantations qui ont 50-60-70 ans pour que le producteur puisse produire plus en agroforesterie. En couplant ce besoin d’agrandir notre programme de rénovation avec la thématique “forêt”, on a décidé de monter un projet régional en Colombie, Equateur et Pérou – qui nous associe à des organismes de recherche internationaux, l’ICRAF (Ndlr : Centre international pour la recherche en agroforesterie), le CIAT, le centre international d’agronomie, et une ONG internationale – et vise à trois choses : les producteurs de nos filières s’engagent sur des accords de conservation, créer des corridors pour le maintien de la biodiversité entre les zones boisées et la restauration des sols dégradés », Sébastien Balmisse, directeur filières et qualité de Kaoka qui a fait part d’un retour d’expérience chez un producteur à Sao Tomé : « Il produisait 200 kg à l’hectare il y a six ans, il a fait sa rénovation, il en est à 1 tonne l’hectare en bio et en système agroforestier. C’est un vrai enjeu, on parle toujours de prix mais pour le producteur, c’est “le prix fois la production”. Les acteurs du commerce équitable parlent de prix minimum, il faut aussi travailler sur l’aspect production ».

« On a un travail de formation et de sensibilisation des équipes en interne pour partager les enjeux de biodiversité, les travaux du Synabio, expliquer ce que l’on fait au sein de Biocoop, et il y a un volet de sensibilisation et de promotion auprès des consommateurs. Notre responsabilité, c’est de les sensibiliser que par leur acte d’achat ils peuvent aussi jouer [un rôle] pour la préservation de la biodiversité », Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop qui a également relayer l’action de Biocoop sur la promotion des semences paysannes et anciennes : “On est à 25 % des tomates qui sont issues de variétés anciennes”.

« A Biolait, il y a 1 400 producteurs, c’est 140 000 ha avec 80 % de prairies, dont 60 % de prairies permanentes. En 2014, par rapport à la déforestation, on a été les premiers à dire “on ne veut pas de bio avec du soja importé”, ça aussi ça crée de la biodiversité car ça permet de développer des filières internes de mélanges céréaliers. Cette année, on a initié un partenariat avec la LPO qui a abouti à un “diagnostic partagé biodiversité”. On a formé nos conseillers techniques à la biodiversité de manière à pouvoir le restituer auprès des agriculteurs. On a prévu d’intégrer la taille des parcelles dans nos indicateurs et les linéaires de haies… La bio se doit d’être mieux-disante en termes de biodiversité », Jean-Luc Denis, éleveur laitier et administrateur de Biolait. 

Les freins et les attentes

« Dès lors qu’on va agir pour préserver la biodiversité, ce sont des engagements en termes de temps, des engagements financiers et la question c’est : comment ce coût est réparti, comment il est pris en charge pour que tout le monde à son niveau puisse continuer à faire avancer la bio et la biodiversité », Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop.

Jean-Luc Denis, éleveur laitier et administrateur de Biolait.

« Il y a une vraie tension sur les prix. Mettre plus de biodiversité dans une ferme, ce sont des contraintes, c’est planter des linéaires de haies, la plantation d’un linéaires de haies c’est en gros 6 € du mètre linéaires, sans le travail et l’entretien. Créer des parcelles, remettre des bandes fleuries, faire des bordures, ça a un coût mais ça a aussi un intérêt pour l’agriculteur. Miser sur la biodiversité et vous aurez plus de rendements comme le montrent toutes les études … mais c’est un investissement. », Jean-Luc Denis, éleveur laitier et administrateur de Biolait. 

« L’enjeu, c’est que la bio ne tombe pas dans les travers de l’agriculture conventionnelle, où finalement le prix des produits reste le principal logiciel à tous les niveaux de la filière, et qu’on tire les prix vers le bas. Si on veut bien travailler, si on veut bien s’engager, on passe du temps, on met des moyens dessus… J’ai un appel à tous les acteurs de la filière, à commencer par les distributeurs, il faut vraiment sensibiliser les acheteurs de manière à ce que leur seul logiciel ce ne soit pas le logiciel de prix sinon on va disparaître », Sébastien Balmisse, directeur filières et qualité de Kaoka. 

L’acceptabilité du consommateur par rapport au prix 

« Si on se questionne sur la part du budget alimentation des ménages et l’évolution qu’il a eu très drastiquement à la baisse, on a une partie de la réponse. Si aujourd’hui, on ré-allouait et on remettait au cœur de notre vie une bonne alimentation, la question de la juste rémunération de chaque acteur dans la chaîne ne se poserait pas », Carole Ceaux, responsable RSE Biocoop.

Replay de la Matinée Biodiversité du Synabio.

* Biocoop, Biolait et Kaoka font partie du groupe de travail de 15 entreprises adhérentes du Synabio autour de la biodiversité. Ce groupe est piloté par Mathilde Gsell, responsable du projet Biodiversité pour le Synabio, et accompagné par Philippe Pointereau, expert technique du Solagro.

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