Pesticides : l’INRAe et l’Ifremer confirment une contamination générale

Une expertise de l’INRAe et l’Ifremer confirme que l’ensemble des milieux terrestres, aquatiques et marins – notamment côtiers – sont contaminés par les produits phytopharmaceutiques. Des impacts directs et indirects de ces substances sont également avérés sur les écosystèmes et les populations d’organismes terrestres, aquatiques et marins.

Dans le cadre du programme Ecophyto II+, les ministères en charge de la transition écologique, de l’agriculture et de la recherche ont confié en 2020 à INRAe et l’Ifremer le pilotage d’une expertise scientifique collective* sur les impacts de ces produits sur la biodiversité et les services écosystémiques, depuis leurs zones d’épandage jusqu’au milieu marin, en France métropolitaine et en Outre-Mer. Les conclusions de cette expertise, présentées ce 5 mai lors d’un colloque public, confirment que “l’ensemble des milieux terrestres, aquatiques et marins – notamment côtiers – sont contaminés par les produits phytopharmaceutiques. Des impacts directs et indirects de ces substances sont également avérés sur les écosystèmes et les populations d’organismes terrestres, aquatiques et marins”, soulignent les deux organismes dans un communiqué commun.

Cette expertise pointe ainsi la contribution des produits phytopharmaceutiques (PPP) au déclin des oiseaux, des chauves-souris ou encore des amphibiens. À l’échelle européenne, par exemple, il est estimé que la contamination par les PPP induirait des pertes allant jusqu’à 40 % au sein des macro-invertébrés peuplant les cours d’eau des espaces agricoles.

“Une contamination plurielle” et l’omniprésence du glyphosate

Lors de la conférence de presse** dédiée au dévoilement de cette expertise, Wilfried Sanchez, directeur scientifique adjoint de l’Ifremer, l’un des auteurs, a fait état d’une “contamination plurielle” aux produits phytopharmaceutiques (10:33). Il indique également que “cette contamination touche l’ensemble des milieux mais elle est préférentiellement retrouvée au niveau des zones agricoles ou donc à proximité des lieux d’utilisation. C’est à partir de ces zones agricoles que la contamination va diffuser le long du continuum terre-mer pour atteindre les océans. On va retrouver pour certaines molécules des concentrations considérées comme élevées, c’est notamment le cas du glyphosate et de son principal produit de transformation le roundup qui sont trouvés dans certaines zones côtières à des concentrations de l’ordre du microgramme par litre soit environ cent fois voire mille fois plus concentré que d’autres molécules phytopharmaceutiques”.

Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques
Résumé de l’Expertise scientifique collectiv
e – Mai 2022

  • La synthèse de l’étude (124 pages) sera disponible d’ici fin mai et le rapport complet à l’été 2022.

* Une expertise scientifique collective est un état des connaissances scientifiques à date sur un sujet de société donné, commandité par les acteurs publics, en appui à la décision publique. Ce travail mobilise pendant deux ans 20 à 40 experts pluridisciplinaires animé par un chef de projet et un ou plusieurs pilotes scientifiques.
** Le replay de la conférence de presse dédiée à cette expertise est disponible à la fin du communiqué de presse de l’INRAe et de l’Ifremer.

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