NUMERO : N°67 -Septembre Octobre 2016

Optimiser le rayon : les bons réflexes

C’est le bazar ! Le rayon des produits d’entretien porte bien son nom, le bazar, un rassemblement éclectique. Pour autant, ce rayon est crucial. Il génère de la valeur, de la fidélité et il donne toute sa légitimité au conseil du magasin bio. Trois règles simples sont nécessaires pour lui donner son potentiel …

Règle n°1 : rangez ce bazar !

L’entretien est rarement la première motivation de fréquentation d’un magasin bio. Il s’agit plutôt d’un achat d’opportunité, plus de 80 % du choix se fait en magasin (source Popai 2015).

L’état du rayon lui-même ne facilite pas ce choix. Sa place est limitée et il est souvent  en-dehors du flux.

C’est une erreur, mais il y a plus gênant : ne pas en faciliter la lecture par les consommateurs. Les acteurs conventionnels ont largement exploré ce linéaire et ils en ont déduit des règles de classification efficaces.

Les catégories d’usage se forment ainsi.

  • la vaisselle
  • le linge
  • les wc
  • les sols
  • les vitres
  • les multi-usages
  • les accessoires ménagers : éponges, serpillières, chiffons microfibres
  • les insectes
  • la droguerie : acide citrique, bicarbonate de soude, blanc de Meudon, cire d’abeilles, cristaux de soude, eau de chaux, percarbonate de soude,  pierre d’argile, terre de Sommières,  vinaigre d’alcool et livres de conseils.

Toutes les catégories ne sont pas au même niveau : privilégier les premières dans l’ordre descendant, dans une organisation verticale et, faute de place, regrouper les catégories en les identifiant par un balisage clair.

Règle n°2 : sélectionnez les produits avec soin

Le choix des produits à intégrer dans le rayon entretien n’est pas simple. Le « lobbying » de la détergence conventionnelle a freiné la transparence des formules.

Ils ne sont pas tenus à la même transparence que d’autres produits comme les cosmétiques (liste Inci). Ils ne renseignent que le minimum : allergènes listés par l’Europe, pourcentage des composants, présence enzymes, d’azurants optiques, de désinfectants, de parfums et de conservateurs.

Les critères de sélection précis feront l’objet d’un article ultérieur mais on peut appliquer déjà un guide simple.

  • Privilégier les labels environnementaux : le cahier des charges d’Ecocert, celui de Nature & progrès et EcoGarantie.
  • Ne pas accepter les formules contenant les ingrédients suivants : azurant optique (dans les lessives), Edta, enzymes (si d’origine OGM), Nta, perborate de sodium, phosphates, phosphonates, polycarboxylate, tensioactifs amphotères, anioniques, cationiques et non ioniques s’ils ne sont pas d’origine végétale, conservateurs chimiques, assouplissant.
  • Bien entendu, la législation qui impose que 60 % de la formule au minimum soit biodégradable soit respectée. Privilégier les produits à 100 % de biodégradabilité à 28 jours.
  • Être attentifs à la santé de vos consommateurs. Naturel ou écologique ne veut pas dire sain ! Des labels ou des logos et des allégations concernant les allergies sont en train d’émerger.

Il est trop tôt pour valider leur sérieux et leur efficacité. En attendant, une règle simple : refusez les produits qui contiennent une des 26 substances classées par l’Europe comme allergènes. La liste est en ligne sur le site de la Commission européenne, (ec. europa.eu). Dans tous les cas, éviter les produits avec des symboles de danger sur fond orange, en général, celui des produits irritants quand ils sont issus du conventionnel.

  • Vérifiez la recyclabilité des emballages et des fibres pour les accessoires comme les chiffons et les balais.

Règle n°3 : du conseil, c’est ce que l’on attend de vous !

L’écologie est un sujet complexe qui a besoin d’être expliqué. Les produits d’entretien concentrent en quelque sorte cette complexité qui combine les questions d’efficacité, d’utilisation, d’impact sur l’environnement et de santé. 

L’enjeu est énorme.

Jugez, une famille française consomme en moyenne par an, 4 litres de liquide vaisselle et 20 litres de nettoyants ménager, elle fait 220 fois la lessive.

À cause des rejets des produits d’entretien, on tue en France et chaque jour, l’équivalent d’un éco-système d’un étang de 6 ha et de 1,5 m de profondeur.

Votre sélection en amont (règle n°2) répond à la plupart des questions des consommateurs.  Les conseils d’utilisation à suivre les meilleurs sont ceux donnés par les fabricants.

La détergence écologique a maintenant rattrapé les produits conventionnels en performance et en facilité d’utilisation.

Bernard Ollié

www.agoodforgood.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here