NUMERO : Nov-Dec 2013

Production des PPAM bio : technicité et solidarité…

Une culture très technique et coûteuse

Outre les différents ravageurs et maladies des PPAM, comme la Fusariose vasculaire du basilic, le Mildiou de la sauge officinale, la Rouille de la menthe, la principale difficulté liée à la production de PPAM Bio est la gestion de l’enherbement.

Pour limiter la prolifération des adventices, différentes techniques sont utilisées : des faux-semis (préparation du terrain 10 à 15 jours avant implantation), un travail du sol du plus profond au plus superficiel, à l’aide d’outils spécifiques (cultivateur, vibroculteur, bineuse à dents plates, à doigts…).

Comme toujours en bio, il est important de bien connaître le sol pour optimiser la lutte contre les adventices et d’adopter une approche globale de travail et une vision systémique de son exploitation. Par exemple, une mauvaise gestion de son désherbage peut anéantir une culture complète ! De plus, l’ensemble des travaux de désherbage peut engendrer une perte allant jusqu’à 10 % des plants chaque année. Les coûts liés au poste désherbage sont donc importants : le producteur doit le plus souvent posséder son propre matériel de désherbage mécanique (herse étrille, houe rotative, bineuse) afin d’intervenir le plus tôt possible sur les parcelles et des interventions manuelles sont complémentaires. Selon certaines cultures, 40 à 50 heures par hectare sont nécessaires !

Enfin, d’autres principes sont à adopter pour optimiser la réussite de ces cultures : complexifier les assolements, avoir une stratégie de rotations à long terme (qui permet une réserve de sécurité), alterner les cultures d’hiver et les cultures de printemps, associer si possible polyculture et élevage (maintien de la fertilité des sols), vérifier régulièrement les parcelles afin d’en suivre l’évolution et

 

 

Bio Solidaire et les PPAM bio

Bio Solidaire est un label pour les partenariats de proximité entre transformateurs et producteurs (sur le territoire français). Cette démarche apporte des garanties aux producteurs et aux entreprises via des engagements réciproques comme des prix minima (calculés en fonction des coûts de production), des volumes et une durabilité du partenariat (au minimum 3 ans).

Un projet de développement est défini sur plusieurs années pour répondre aux besoins des producteurs et de la filière permettant ainsi de la pérenniser. Des engagements en faveur du progrès social et écologique sont aussi pris à chaque maillon de la chaîne.

Les producteurs engagés dans ces programmes travaillent en direct avec leurs partenaires fabricants, ou bien ils sont regroupés dans des structures d’organisation collective pour rassembler leurs productions et mettre en commun du matériel agricole (SICA, coopérative, association …).

Ce sont alors ces structures collectives qui contractualisent avec les entreprises fabricantes. On peut ainsi parler de filières de commercialisation moyennes ou longues, souvent complémentaires à la vente en directe (marché, vente à la ferme, système de panier bio…).

La marque Bio Solidaire apporte ainsi des garanties aux consommateurs. Le label est attribué sur le respect du référentiel de l’association et fait l’objet d’un contrôle annuel par un organisme indépendant (Ecocert ou Bureau Véritas).

 

Les programmes PPAM bio en Bio Solidaire

la filière bleuet et Lavandin grosso dans la Drôme (2011) qui compte 3 bénéficiaires

la filière plantes médicinales Centre dans le Massif Central (2009) avec 30 bénéficiaires (cueilleurs) sur différentes cultures (Aubépine, Bouleau, Bruyère, Chiendent, Framboisier, Frêne, Gentiane, Myrtillier, Bourgeons de Pin, Sureau, Reine des prés, Cynorrhodon, Pensée Sauvage).

la filière plantes médicinales Sud-Est (2009) avec 46 bénéficiaires sur des cultures de 27 espèces (lavande et lavandin, thym, sauge, romarin, mélisse…) sur une surface de 380 ha.

la filière Tilleul (cueillette sauvage) dans la zone de production du Diois (2008) avec 5 bénéficiaires.