NUMERO : N°69-Janvier Février 2017

Sans gluten mais avec du punch !

Dans la famille des « sans », le « sans gluten » connait la croissance la plus forte. Rien d’étonnant à cela lorsqu’on constate que ces produits sont consommés en très grande majorité par des personnes en bonne santé. En effet, la demande émane des malades mais aussi d’hypersensibles non cœliaques et de consommateurs qui les achètent par confort, mode ou perception d’un bénéfice santé.

Un marché qui gonfle 1

En 2015, le nombre de nouveaux produits sans gluten a crû de 13 % contre +6 % en 2011 au niveau mondial. Cette même année, l’Amérique du Nord concentrait 25 % des nouveaux produits, l’Amérique Latine 19 % et l’Europe, 13 %. Les Etats-Unis tirent ce marché : la croissance moyenne annuelle des nouveautés sans gluten est de 30 % sur la période 2011-2015, contre 12 % en Europe. Un peu plus d’un quart des lancements de nouveaux aliments se prévalent d’être sans gluten aux Etats-Unis.  Les gammes s’élargissent, les produits se diversifient. Si les PME sont les plus actives, les leaders mondiaux de l’agro-alimentaire s’y intéressent également. Les aliments pour bébés et tous petits se détachent : 27 % des lancements l’année dernière étaient sans gluten contre 23 % des céréales, 18 % des pâtes à tartiner et 16 % des snacks et produits laitiers. Le « sans gluten » ajoute définitivement de la valeur aux produits, y compris à ceux qui n’en ont jamais contenu.

Des contrôles volontaires renforcés2

Les associations nationales européennes des intolérants au gluten via l’AOECS (Association Of European Coeliac Societies) ont décidé d’harmoniser leur procédure d’attribution de licence tout en la durcissant.

Cette harmonisation implique :

  • la mise en place d’un nouveau contrat entre associations nationales et entreprises de production et de distribution
  • le renforcement du contrôle et de la traçabilité via une certification tierce partie, identique dans  chaque pays membre de l’UE.

Et demain ?

Les conséquences de ces changements ne sont pas des moindres. L’harmonisation de la procédure devrait apporter plus de fluidité dans les échanges intra-communautaires de produits : les sociétés qui maintenant n’ont besoin que d’être enregistrées dans leur pays d’origine (et non plus dans chaque pays de commercialisation) auront un accès facilité à l’ensemble du marché. La concurrence sera certes accrue mais la gamme de produits sera aussi plus large et ce, au bénéfice du consommateur. Lorsqu’on sait que l’offre italienne, espagnole et britannique est plus développée, on peut s’attendre à un effet de vase communiquant sur le marché français. Par contre, l’audit visant la délivrance de l’attestation de conformité à la Norme AOECS représente un coût et les PME sont les premières à s’en plaindre. Dans le cas des produits bio et « sans gluten », un organisme certificateur habilité à réaliser les deux audits pourra, certes, n’intervenir qu’une seule fois annuellement chez le fabricant ou le distributeur. Néanmoins, surcoût il y aura.

Au final, cette nouvelle procédure vise à assurer une sécurité supplémentaire aux consommateurs européens.

1) Chiffres & tendances : source Innova Market Insights
2) Source : interview AFDIAG

Bettina Balmer
Mobile : + 33 6 69 53 44 84

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