NUMERO : jan-fev 2010

Consommation modérée … de vin et santé …

Début 2009, l’Institut national du cancer (Inac) a publié une brochure destinée aux médecins détenant un message fort et alarmant mais pas forcément à suivre à la lettre : la consommation d’un verre d’alcool par jour, vin compris, est associée à une augmentation significative du risque de cancer : bouche, pharynx, larynx, côlon-rectum, sein et foie.
Même s’il est important d’informer les gens sur les risques liés à l’abus quotidien de boissons alcoolisées, il faut se rappeler que le cancer est une maladie multifactorielle et qu’à ce titre, l’alimentation, l’environnement, l’hérédité jouent également des rôles primordiaux. Certes à forte dose, l’alcool facilite certains cancers digestifs mais à dose modérée, il possède de merveilleuses vertus…

Du vin, oui mais bio et rouge de préférence !

Le vin, qu’il soit rouge ou blanc, apporte du potassium, du magnésium, des vitamines du groupe B et des polyphénols. Ces derniers constituent une grande classe de substances présentes dans le règne végétal, aussi importantes que les caroténoïdes. Ils sont synthétisés par les végétaux en réponse à un stress environnemental comme les rayons ultra-violets ou encore certains champignons pathogènes. C’est la raison pour laquelle les vins rouges issus de raisins issus de l’agriculture biologique contiennent plus de polyphénols que ceux issus de l’agriculture conventionnelle puisque les traitements protecteurs antifongiques et les pesticides empêchent leur synthèse. Même si le vin blanc contient un peu de polyphénols, le potentiel antioxydant du vin rouge est sans conteste supérieur à celui du vin blanc.

Un verre de vin quotidien protège le système cérébro et cardiovasculaire

Des études ont largement démontré que la consommation modérée d’alcool, pourrait être une pièce maîtresse dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Le vin, et en particulier le vin rouge, semble conférer des « bénéfices santé » à ceux qui le consomment régulièrement et modérément. Ce phénomène identifié par l’OMS, selon les résultats de nombreuses études épidémiologiques effectuées sur près de 35000 personnes, est appelé le « french paradox ». En effet, malgré des facteurs de risques élevés comme l’alimentation riche en mauvaises graisses, le tabagisme, l’excès de cholestérol, l’hypertension ou encore le manque d’activité physique, les français meurent moins de maladies cardiovasculaires que les américains par exemple.

La présence de composés polyphénoliques explique en grande partie ce bienfait car ces substances s’attaquent à plusieurs fronts à la fois : elles,
● favorisent la baisse des triglycérides et du LDL cholestérol,
● préviennent l’oxydation des LDL,
● provoquent la vasodilatation des vaisseaux,
● empêchent l’agrégation des plaquettes sanguines sur les parois des vaisseaux, responsables de la formation de plaques qui obstruent les artères (athérosclérose),
● possèdent de véritables vertus anti-inflammatoires naturelles, au même titre que les oméga-3, car ils diminuent la C-réactive protéine,
● Et enfin, fluidifient le sang comme l’aspirine, et évitent ainsi le risque de thrombose veineuse.

Des effets anticancéreux

Le professeur Lucien Israël, cancérologue de renom, est formel : la consommation modérée de vin rouge est utile contre le cancer car le resvératrol qu’il contient, a largement démontré son action anticancéreuse. Selon lui, « non seulement il possède des effets préventifs, mais également des effets curatifs » sur certains cancers (reins, prostate, poumons).

Les autres vertus du vin rouge :

Longévité – Minceur et protection contre les maux de l’hiver.
Le resvératrol activerait également certains gènes de la longévité (les sirtuines) capables d’accroître fondamentalement l’espérance de vie comme peut le faire la restriction calorique. D’autres études, effectuées sur des souris obèses ont aussi démontré qu’il permettait de prévenir les effets néfastes d’une alimentation trop calorique et d’augmenter leur survie. De plus, leur tolérance au glucose et leur glycémie à jeun était améliorées et elles étaient protégées de l’obésité. Vous pouvez donc conseiller un ou deux verres de vin par jour aux diabétiques de type II bien équilibrés pour améliorer leur résistance à l’insuline.

Et enfin, selon une étude espagnole, deux verres de vin par jour, permettrait de réduire de 40 % le risque de contracter un rhume…

Les conseils BIOlinéaires :
N’oubliez pas de mettre dans le panier de vos clients, une bouteille de vin rouge à côté d’une bouteille d’huile d’olive et de quelques épices et aromates comme l’ail ou les oignons. Le vin rouge, doit en effet faire partie de « l’arsenal » préventif à recommander à toutes celles et ceux qui souhaitent prendre leur santé en main. Pour les femmes de petit gabarit, pas plus d’un verre par jour et pour les hommes, selon la taille et le poids, deux verres.