Anatomie et dynamiques du marché bio français : entre reprise de la consommation et défis structurels de l’offre

Réunie le 23 avril, la commission « RDV des Marchés Bio » de l’Agence Bio a dressé un bilan contrasté du secteur. Si l’année 2025 signe le retour de la croissance avec un marché à 12,6 milliards d’euros porté par les magasins spécialisés, le début d’année 2026 révèle un paradoxe inquiétant : une réduction de l’offre en grande distribution malgré une confiance des consommateurs retrouvée.

 

Cette commission, présidée par Benoît Soury et Maxime Duret, nouveau vice-président, présente régulièrement des indicateurs permettant de mieux analyser l’évolution des marchés des produits bio, passés et à venir.

L’ordre du jour de cette réunion s’articulait autour de quatre sujets :

  • les données affinées d’estimation du marché bio 2025 ;
  • les marchés bio sous tension ;
  • la présentation des travaux de l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges (OFPM) sur les produits bio ;
  • le bilan des actions de communication de l’Agence Bio en 2025.

 

Un marché en reprise porté par le circuit spécialisé

Le marché bio français renoue avec la croissance en 2025, porté par les circuits spécialisés, et ce, malgré une offre en GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) qui se contracte en ce début d’année 2026.

Le marché alimentaire biologique affiche une reprise en valeur de +3,9 % en 2025, pour un chiffre d’affaires total de 12,6 milliards d’euros. Cette dynamique, qui permet au secteur de retrouver son niveau de 2021, est portée aux deux tiers par le circuit spécialisé bio, dont la croissance atteint +9 %. En volume, la consommation progresse de +2,2 %, malgré un effet mix-prix bio (1,7 %) légèrement supérieure à l’inflation alimentaire générale (0,9 %).

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Paradoxe en GMS : une demande forte face à une offre en recul

En grande distribution, après un certain optimisme en 2025, le premier trimestre 2026 révèle une dégradation de l’offre bio avec un recul de -3,9 % des références en rayons. Cette réduction d’assortiment touche 66 % des catégories de produits, particulièrement le café (-13,1 %) et le chocolat (-9,7 %).

À l’inverse, la catégorie des œufs connaît une demande exceptionnelle (+14,7 % en volume en magasins de proximité), bien que freinée par des ruptures fréquentes atteignant un taux de 14,6 % (conventionnel et bio confondus) début 2026.

 

Focus sur la filière laitière

L’analyse de l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges (OFPM) montre qu’en 2024, le prix au détail du beurre bio en GMS a grimpé à 1,69 € la plaquette (contre 1,63 € en 2023). Cette hausse s’accompagne d’une progression des marges brutes de l’aval (industriels et distributeurs), tandis que la part du coût d’achat de la matière première agricole pour les transformateurs recule légèrement : elle représente 40,5 % du prix en 2024, contre 43,7 % en 2023 (et 34,4 % en 2022).

Au niveau agricole, les exploitations laitières bio maintiennent un résultat net légèrement supérieur au conventionnel (35,9 k€ contre 33,0 k€ par unité de travail en 2023). Cela s’explique par des charges d’alimentation moindres (9 % du coût de revient en bio contre 18 % en conventionnel), bien que ces exploitations restent très dépendantes des subventions.

 

Succès des campagnes de communication

Enfin, les actions de communication de l’Agence Bio portent leurs fruits. La campagne « C’est BIO la France ! » a généré plus de 131 millions de contacts. Aujourd’hui, 71 % des Français se disent incités à consommer bio, percevant le label comme un gage de contrôle, de santé et de plaisir. Ces résultats marquent un renforcement de la confiance des consommateurs (+22 points après exposition à la campagne), dans un contexte où, paradoxalement, la demande reste plus forte que l’offre en rayons.

 

 

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