Regards d’Experts : Dynamisme du marché bio US, quelle analyse pour le marché UE/France ?

Accélération du plus grand marché bio du monde.

écrit par Burkhard Schaer – ECOZEPT

Aux Etats-Unis le bio pèse en chiffre d’affaires US$ 56,5 milliards, autant que tous les marchés bio européens.
Ce gros et ancien marché du bio impressionne avec une croissance qui s’annonce importante.

Quels enseignements peut-on tirer de cette performance ?
Les différences entre le bio aux US et en Europe sont nombreuses et profondes. Déjà, l’absence quasi totale d’aides publiques et d’autres subventions agricoles. La production agricole bio doit être viable uniquement par sa structure de coûts et les prix qu’elle réalise sur le marché. L’environnement agro-politique est donc hésitant voire hostile, et d’autres forces contraires s’y rajoutent : les lobbies du conventionnel, dominé aux US par les firmes propageant les OGM, sont virulents. D’où une production limité : seulement environ 1 % des surfaces US sont cultivés en bio.
Par conséquent, beaucoup de produits bio sont importés : le Canada et tout l’Amérique du Sud voire l’Asie fournissent les matières premières pour alimenter le boom bio. Faire valoir une origine « born in the USA », argument puissant dans une Amérique souvent patriotique, est donc difficile.
Rajoutons que la distribution spécialisée bio, si on peut l’appeler ainsi, est rarement « exclusivement bio » : toutes les chaînes proposent un assortiment mixte, où le bio côtoie une offre conventionnelle qui prend souvent la moitié de l’étalage.

Les acteurs du bio, comment s’en sortent-ils dans un tel contexte ?
En un mot, en faisant à fond le pari du lien étroit et proactif avec les consommatrices et consommateurs. Montrer les filières dans tous les détails, expliquer tous les avantages du bio, jouer sur tout le clavier du développement durable et ceci sans lourdeurs moralisantes ni techniques : les marques bio aux US sont maîtres de la communication engagée et engageante. Les quelques filières nationales, tels que le secteur laitier, redoublent leurs efforts pour remplir toutes les exigences : bien-être animal au plus haut niveau, emballages recyclables, protection des paysages et plantation de haies, innovation dans les productions, rémunération des éleveurs – tout est exploité au mieux pour une valorisation optimale.

Donc, malgré les différences, on peut retenir : les forces du bio aux USA c’est son non-dogmatisme, son lien avec les consommateurs, l’application rigoureuse et efficace du « marketing vert et éthique », un « service rendu par le produit » optimal.


 

Dynamisme du marché bio US 

Synthèse écrite par Sauveur Fernandez Econovateur

Le marché des produits frais biologiques américains a augmenté de 5,5 % en 2021, avec une croissance globale de +21 % entre 2019 et 2021. Tous les circuits sont dynamiques, GMS, magasins bio à l’inverse de la France.

La Bio US évolue pourtant dans un contexte ardu (absence de soutien politique, de subvention), sans compter une agro-industrie de masse pro-OGM tenace et très active en lobbying et communication grand public. Alors, pourquoi la bio se porte-t-elle bien outre-Atlantique sans souci majeur ?

  • Un grand changement d’opinion — au pays de la malbouffe, les médias US évoquent une préoccupation croissante sur l’utilisation intensive d’engrais chimiques, de pesticides et autres substances. Ce qui a généré – contrairement à une idée répandue – une frange avertie de consom’acteurs américains au moins aussi nombreux et avertis qu’en France et en Allemagne (avec quelques différences), dans un pays cinq fois plus nombreux…
  • Une adaptation rapide aux mutations sociétales : mais le point décisif, parmi d’autres raisons, est que les marques et enseignes US, tous circuits confondus, ont su réagir très vite aux nouvelles attentes consommateur stimulées par la Covid (tendances wellness, wellbeing, « fresh », consommation tribale, « Born in the USA », vente en ligne…). En deux ans, la communication, les packagings, ont subi une refonte profonde adaptée à ces nouveaux enjeux. Ceci démontre bien que le problème n’est pas en France une désaffection supposée du consommateur pour la bio, mais une réponse rapide insuffisante face à ces nouvelles attentes.

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