NUMERO : Novembre-Decembre 2014

BODIN BIO : la volaille fermière de tradition française sublimée par le bio

Compétence, conditions d’élevage optimales, races soigneusement sélectionnées : la qualité Bodin Bio est loin d’être le fruit du hasard.

« Nous avons créé l’histoire de la volaille bio »

« Quand mon père Jean Bodin, agriculteur ‘‘avant-gardiste’’ a commencé en 1979 à élever et à abattre les premiers poulets bio, alors qu’il n’existait aucun cahier des charges, il est passé actuellement directeur commercial de la société. Soucieux de proposer des volailles de la plus haute qualité, il se plaisait simplement à répéter : ‘‘Je ne ferai pas manger aux autres, ce que moi je ne voudrais pas manger’’. Il a commencé à travailler avec 2 ou 3 autres éleveurs vendéens, rapidement rejoints par d’autres, étant ainsi
le premier en France – et sans doute en Europe – à faire de la volaille bio.

Nous avons vraiment créé l’histoire de la volaille bio française ». L’aventure a commencé de façon modeste : Jean Bodin vendait ses locaux. Le succès, fruit de la qualité, étant au rendez-vous, Yves et Nathalie Bodin, à leur arrivée dans l’entreprise, avec la marque Le Picoreur. Puis ce fut l’Europe (sous la marque Nature de France), en commençant par l’Allemagne en 1985, où la demande bio était déjà assez importante, en faisant découvrir les volailles en installant une rôtissoire bio dans des salons grand public. Plus de 30 ans plus tard, l’esprit qualitatif et familial est toujours là, et l’export (12 % du CA) une des facettes importantes de l’activité, qui montre combien les produits de l’entreprise sont appréciés.

 

Fabricant de ses propres aliments
pour l’élevage

Dès 1982, la société s’est lancée dans la fabrication des aliments bio pour les volailles, dans le souci de maîtriser la régularité des animaux, comme l’explique Yves Bodin : « Nous sommes devenus les fabricants des aliments de nos volailles, car dans les années 80 il n’y avait de toute façon rien. De plus, au départ, certains éleveurs faisaient eux-mêmes leurs propres aliments, avec en définitive une qualité de viande trop inégale. Car le problème est que les volailles sont des animaux monogastriques (contrairement aux ruminants) et que c’est vraiment l’aliment qui fait le produit final. Cela ne fut pas facile, car il a fallu mettre ces aliments au point.

Dans l’élevage traditionnel, l’alimentation est souvent moins variée : blé, maïs et soja, plus des additifs bien sûr. De notre côté, non seulement l’alimentation est 100 % végétale et bio mais elle est très variée : maïs, blé, avoine, orge, tourteaux de tournesol/sésame/soja… En fait, nous achetons la plus grande partie de nos céréales en priorité à la centaine de producteurs avec qui nous travaillons car ceux-ci font souvent de la polyculture (élevage dans le bocage de Vendée et des Deux-Sèvres). Les avantages sont donc multiples : nous leur garantissons un débouché à la fois pour leurs volailles et leurs productions végétales, nous avons des matières premières variées, qui – certes au prix d’un stockage important pour garantir le même menu alimentaire toute l’année – nous permettent d’avoir une alimentation riche et régulière, et enfin nous avons un produit final homogène ».

Il va de soi que cette collaboration avec les éleveurs de volaille, sous forme d’un contrat de partenariat exclusif, se fait en solidarité totale avec eux : « Tous nos éleveurs sont des locaux, dans un rayon maximum de 100 km, et ce depuis les années 80. Nous établissons des contrats d’un minimum de 5 ans, et en 30 ans nous n’avons pas perdu un seul partenaire ».

 

D’autant plus que leur rôle est des plus essentiels : « Nos éleveurs sont de vrais éleveurs, avec un oeil sur les volailles en permanence, matin, midi et soir, pour une surveillance continue de la santé des animaux.

Car si l’élevage conventionnel peut utiliser des produits pharmaceutiques en cas de problème, ce n’est pas le cas chez nous. Les traitements allopathiques (les médicaments) sont en effet interdits, et non seulement nous avons dû mettre les aliments bio au point, mais nous avons également dû mettre au point des méthodes spécifiques de prophylaxie : homéopathie, phytothérapie et si nécessaire, isothérapie (une méthode naturelle apparentée à l’homéopathie) pour d’éventuels traitements curatifs. Il faut noter que nous nous interdisons aussi – alors que c’est pourtant autorisé dans le cahier des charges bio, il faut le savoir – l’utilisation des antibiotiques.

Sur ce point également, nous avons été metteur au point et pionnier ! »

 

Du bio qui sublime la tradition fermière

Conformément au cahier des charges bio, ces élevages ne peuvent pas être de grande taille.

Comme pour le Label Rouge, les poulaillers bio ne peuvent pas dépasser une surface de 480 m² (avec obligatoirement de la lumière naturelle) soit 10 poulets au m² contre 25 à 30 en conventionnel.

Pour le bio s’ajoute en plus un parcours extérieur obligatoire de 2 à 4 m² par poulet. Les poulets sont par exemple abattus à 81 jours, soit le double du traditionnel (35 à 41 jours), pour un même poids fini. Les races choisies sont donc adaptées à l’élevage long : ce sont des races anciennes dites à croissance lente. Le poulet bio allemand n’a par exemple que 50 jours…

Le résultat n’est donc pas le même : « Des poulets bio abattus à 50 jours n’ont pas le même goût, la même fermeté, ce goût particulier et cette texture qui rappellent le poulet que notre grand-mère nous préparait autrefois, continue M. Bodin. Nous produisons un véritable produit gastronomique et traditionnel, ce que j’appelle ‘‘du bio mais de qualité’’ car nous allons au-delà du cahier des charges bio européen. Et un poulet bio ne peut pas être plus jeune qu’un poulet fermier. En fait, nous avons bénéficié de l’expérience française du poulet fermier.

Un véritable savoir-faire hexagonal né en 1965/70 avec le Label Rouge. Nous avons donc semé sur un terrain fertile, point positif et important. Ce fut une chance ».

C’est sur la base de cet héritage traditionnel de qualité que Bodin a construit une filière globale parfaitement maîtrisée et contrôlée, qui va de l’élevage à la vente, en passant par l’abattage et la transformation. « Même la minoterie qui travaille les céréales nous appartient, précise Yves Bodin : élevage 100 % bio, minoterie 100 % bio, abattoir 100 % bio, production 100 % bio. Nous sommes les seuls à ne faire que du bio et pas autre chose. En France, nous sommes le seul abattoir de volaille qui ne fait que du bio, le seul volailler qui ne fait que du bio ».
 

Une gamme riche et innovante

Bodin est une société qui se veut pionnière dans l’âme à tous les niveaux : « Etre toujours le premier, notamment en terme d’innovation, et garder une longueur d’avance est une chose qui nous motive énormément, souligne M. Bodin. Nous avons non seulement créé cette filière, mais nous sommes aussi réactifs pour chercher des marchés, pour créer des produits.

C’est-à-dire que nous ne proposons pas seulement des volailles entières, mais aussi des produits élaborés, comme des saucisses ou des plats préparés ». La gamme Le Picoreur, marque dédiée exclusivement aux magasins bio, est effectivement la gamme la plus large du marché : poulets blancs, noirs ou jaunes, pintades, dindes, canards prêts à cuire, entiers ou en morceaux (cuisses, filets, steaks, émincés…), produits élaborés (saucisses et brochettes, jambon et saucisson, panés, nuggets…), terrines, etc.) et même des produits spécifiques pour les fêtes de fin d’année.

Parmi le top 5 des ventes figurent par exemple des nuggets : « Il y a une demande des foyers pour ce genre de produits appréciés des enfants, alors tant qu’à faire autant les proposer dans la meilleure des qualités bio » commente M. Bodin.

 

La dernière innovation en date – octobre 2014 – est tout à fait symptomatique de cette volonté de la marque d’offrir des produits du plus haut niveau : la « Black C » (C pour « chick », féminin de « chicken ») : « En matière de volaille fermière, c’est le ‘‘must’’, s’enthousiasme Yves Bodin.

 

C’est une poulette d’exception âgée de 100 jours minimum, comme le poulet de Bresse, mais 100 % bio, finie au lait et au lin (oméga 3), une femelle un peu plus grassouillette. Un véritable produit d’épicerie fine, à la présentation raffinée, basé sur un poulet de souche noire, la poule de Marans.

C’est à la fois une sublimation du goût, de la tradition et de notre savoir-faire, qui traduit notre passion, notre volonté de faire toujours meilleur, ici grâce à l’âge – l’âge fait le goût – et à l’alimentation particulière ».

 

Créatifs et réactifs… performants !

M. Bodin termine en rappelant également l’attachement « premium » offert aux magasins : « Si nous livrons bien sûr en direct les magasins, nous sommes distributeurs nationaux et régionaux.

Cela nous autorise des livraisons des plus performantes, à J+1. Et nous sommes en train de peaufiner notre marketing, pour compléter notre palette de PLV et autres outils de merchandising pour une belle mise en valeur. Nous nous inspirons déjà de ce qui se fait de mieux en GMS pour les réglettes allons continuer dans cette voie.

C’est notre prochain chantier, sans parler des autres nouveautés produits que nous préparons, bien sûr ».