NUMERO : Juillet-Août 2015

FAVRICHON : l’innovation en héritage

Le village de Saint Symphorien de Lay, berceau de la société Favrichon & Vignon depuis 1890.

Une entreprise pionnière
dans de nombreux domaines

En 1971, la société Favrichon & Vignon qui a alors près de 80 ans d’expérience et qui est déjà pionnière en matière de céréales pour le petit déjeuner (voir encadré), se lance dans les produits issus de l’agriculture biologique et devient l’une des pionnières de la bio en France. Son esprit novateur se manifeste encore en 1977 avec les premières céréales extrudées, un véritable saut technologique.
« L’entreprise est toujours installée sur le site historique, près de Roanne, dans les mêmes bâtiments, raconte Brooks Wallin, Président actuel de la société qu’il a reprise en 2003. Et comme autrefois, toutes les étapes de fabrication se déroulent sur ce site, qui concentre ainsi un réel savoir-faire, grâce aux connaissances et compétences accumulées au fil des années et à la fidélité des employés. C’est pour ces raisons que nous sommes très attachés au fait que l’ensemble des activités reste là ».

 

Une maîtrise totale

« Nous maîtrisons toute la chaîne de transformation de nos céréales du début à la fin. Quand nous fabriquons un lot de produits, nous pouvons tracer l’origine des céréales utilisées provenant de coopératives françaises 100 % bio ou d’agriculteurs indépendants avec lesquels nous travaillons depuis plus de 30 ans », souligne Brooks Wallin avec une fierté toute légitime.

1890 – 2015 : une histoire longue  de 125 ans !

A la fin du 19e siècle apparaît des deux côtés de l’Atlantique une révolution dans le quotidien des familles : le petit déjeuner devient un repas à part entière. Nutritionnellement plus équilibré qu’il ne l’était jusque là, il intègre désormais du pain ou des céréales, un produit laitier, des fruits ou du jus de fruit, une boisson chaude, etc. Aux Etats-Unis naissent alors des marques de céréales pour le petit déjeuner aujourd’hui mondialement connues. En Suisse, le Dr Bircher-Benner « invente » le muesli et, en France, un boulanger de Nanterre lance les premières biscottes. C’est alors que Joseph Favrichon, pharmacien à Saint Symphorien de Lay découvre la méthode que vient de mettre au point l’abbé allemand Kneipp, qui prône une alimentation plus saine à base de céréales complètes. Joseph Favrichon ferme sa pharmacie, achète une ancienne boulangerie pour y fabriquer des farines de céréales selon les recettes élaborées par Kneipp, et devient en 1895 le « franchisé » de la méthode Kneipp pour la France. Viendront ensuite une gamme de farines pour bébés (1912) qui fera la réputation de la marque, des flocons d’avoine (1921), de nombreux produits céréaliers diététiques…et aujourd’hui une gamme complète de céréales du petit déjeuner bio.

A l’amont, Favrichon & Vignon est – particularité à relever – un organisme collecteur des céréales agréé par l’Etat, céréales provenant toutes de coopératives et d’agriculteurs français. « A partir de là, après réception de ces céréales sur notre site, nous les nettoyons, les décortiquons, les broyons pour faire de la farine, et faisons des céréales extrudées ou des flocons (le floconnage est le métier historique de la société). Vient ensuite la fabrication des produits, avec au final le conditionnement, la commercialisation et l’expédition.

 

Bref, nous faisons tout de A à Z, une maîtrise de l’ensemble des processus sur différents types de produits qui est assez exceptionnelle dans notre branche. Le fait d’avoir sous un même toit l’ensemble des métiers garantit non seulement la qualité mais aussi la traçabilité ».

Qualité nutritionnelle et gustative

Un autre facteur important intervient dans la qualité des produits, comme l’explique Brooks Wallin : « Avec un peu plus d’une trentaine de collaborateurs sur le site, nous sommes une PME, utilisant de surcroît des techniques artisanales, qui rendent possibles des productions de petite série, pouvant répondre à certaines niches spécifiques ».

Sur le plan nutritionnel, Favrichon s’est défini une véritable « charte de conduite » : « Nous avons conservé la ‘‘culture diététique’’ de son fondateur Joseph Favrichon, et je souhaite fortement que nous continuions à y être attentifs, pour que cela reste ancré dans nos gènes. Ainsi, quand nous concevons un produit, nous sommes très vigilants à la question des sucres, véritable sujet d’actualité. Ce qui ne nous empêche pas, le goût restant primordial pour nous, de proposer des produits gourmands.

C’est d’ailleurs l’une des principales qualités qui nous est reconnue par nos consommateurs et qui ressort des dégustations comparatives. Tout cela, il faut le noter, en refusant l’utilisation d’arômes, car nous estimons que le goût naturel des bons ingrédients – ou éventuellement d’extraits comme l’extrait de vanille – est suffisant. Notre philosophie est que le goût doit venir des ingrédients ».

L’innovation : une véritable culture

L’innovation a toujours tenu une place prépondérante et avant-gardiste dans le développement de l’entreprise. La genèse des innovations est la combinaison des idées germant en interne – grâce à la polyvalence des équipes – et de la culture anglo-saxonne de Brooks Wallin.  « Américain d’origine – je vis depuis 27 ans en France – j’ai grandi dans une culture des céréales au petit déjeuner, et en plus le métier de mon père était acheteur de céréales dans le Grand Ouest des Etats-Unis.

Je retourne souvent aux USA, vais aussi en Grande-Bretagne, ce qui me permet de faire une véritable veille concurrentielle et est une source d’inspiration qui vient enrichir nos idées ».

L’étape suivante d’échanges et de réflexions est pilotée par une petite équipe lors de réunions toutes les 6 semaines à Saint Symphorien de Lay. Ces réunions incluent, outre Brooks Wallin, la R&D, la production, la qualité et le marketing. « Lors de ces réunions sont étudiées les nouvelles idées, ce que fait la concurrence et nous faisons émerger de nouvelles idées grâce à notre groupe de travail très polyvalent. De plus, une fois par an, une grande réunion est axée sur le futur des gammes, avec des dégustations de produits concurrents (jusqu’à une soixantaine de produits en 2 jours !). Nous observons de près tout ce qui bouge sur le marché et nous relevons ce qui nous semble intéressant pour les clients », explique Brooks Wallin.

Parmi les produits remarquables ainsi imaginés par Favrichon, on peut citer le muesli croustillant Lin & Graines de courges, sorti en 2005, ou encore le muesli croustillant Chocolat Châtaigne sans gluten.Autre innovation qui connait un véritable succès : la gamme pour enfants Crosti. Celle-ci a été totalement revue en 2013 afin de répondre aux attentes des enfants et des parents : sachets refermables, design adapté aux enfants, goût et qualités nutritionnelles améliorés.

Un très grand succès commercial pour cette première vraie gamme de céréales pour petit déjeuner bio « spécifique enfants ». En septembre 2015, c’est la nouvelle gamme Pépites et Flocons qui arrive : un mélange d’avoine et de pépites de céréales, avec des flocons enrobés de jus de cassis, imaginé dans le but d’avoir un taux de sucre encore plus bas, donc un profil nutritionnel encore amélioré, tout en apportant de la gourmandise.

Avoine… sans gluten, origine France

2015 marque une autre innovation majeure pour Favrichon : l’avoine garantie sans gluten, origine France. « Alors qu’elle est naturellement sans gluten, le problème de l’avoine est qu’elle est souvent ‘‘polluée’’ par d’autres céréales. Grâce à des pratiques agricoles différentes, plus un tri mécanique et optique, nous sommes en mesure aujourd’hui d’utiliser dans nos mueslis croustillants de l’avoine origine France garantie sans gluten. A notre connaissance, personne n’est en mesure de faire cela en France aujourd’hui », confie Brooks Wallin.

« Par ailleurs, Favrichon favorise le plus souvent possible l’avoine dans ses recettes de céréales du petit déjeuner. Car l’avoine bénéficie de nombreux atouts : des qualités nutritionnelles très intéressantes, une belle image aux yeux des consommateurs, ce qui nous permet de réaliser des recettes sans gluten très gourmandes ».

Profession : spécialiste !

Brooks Wallin termine néanmoins par un aveu : « Nous revenons de loin. En 2003, malgré son savoir-faire, Favrichon était surtout un fournisseur d’ingrédients et il y avait trop peu d’innovations. C’était en quelque sorte une ‘‘belle endormie’’… mais avec un fort potentiel. Le redressement est justement passé par l’innovation et un investissement financier conséquent. Nous avons mis l’accent sur 3 axes qui devaient impérativement être travaillés en même temps : de nouvelles recettes, de nouveaux packagings avec une nouvelle charte graphique, pour mieux ‘‘parler’’ aux consommateurs, et la rénovation de l’usine, qui sera d’ailleurs prochainement agrandie ».

« Si nous sommes encore là, c’est parce que depuis 10 ans l’innovation et la qualité sont notre moteur, mais aussi – nous ne l’oublions pas – grâce à la fidélité de nos clients, qui nous ont fait confiance et continuent à le faire. Nous sommes donc déterminés à toujours offrir des produits de qualité, authentiques et artisanaux. Cela passe aussi par le fait de ne pas nous disperser, par exemple dans les biscottes ou les barres. Car notre excellence dans les céréales du petit déjeuner implique de rester concentrés sur le métier qui est le nôtre, et dans lequel notre objectif est d’être les meilleurs, pour continuer à mériter cette confiance acquise depuis 125 ans ».