Les labels équitables diversifient leur champ d’action

Alors que la Quinzaine du commerce équitable (16 au 31 mai) bat son plein, gros plan sur les initiatives des labels du commerce équitable. Longtemps cantonnée aux produits emballés de l’épicerie, la labellisation s’est étendue à de nombreux rayons et investit désormais le vrac et le service arrière. On la retrouve aussi en restauration hors domicile. Signalétique sur les silos, étiquetage en boucherie, nouveaux outils numériques, accompagnement des collectivités : Biopartenaire®, Bio Équitable en France, Fairtrade/Max Havelaar et Fair for Life multiplient les actions pour visibiliser le commerce équitable.

 

Biopartenaire® s’affiche au rayon vrac

Céréales, légumineuses, fruits secs, épices, plantes aromatiques… En magasin bio, une grande partie de l’offre en vrac est issue du commerce équitable, sans que le consommateur en ait toujours conscience, rappelle Arnaud Bertrand, responsable développement du label Biopartenaire®. C’est justement pour rendre visible son offre en vrac que Biopartenaire® met à disposition des magasins des étiquettes à poser sur les silos qui permettent d’identifier la labellisation du produit.

Pratiques et repositionnables, elles s’adaptent facilement aux changements d’approvisionnement. Ces supports sont également inclus dans le kit destiné aux magasins ambassadeurs. En tout, Biopartenaire® labellisait 211 références en vrac, en janvier 2026. Le label mène actuellement une réflexion sur la visibilité de son offre en frais, comme pour le fromage à la coupe. Enfin, trois nouvelles filières viennent d’être développées : l’une sur la graine de courge et deux sur le lait de vache.

 

Bio Équitable en France au service arrière

Depuis la fin de l’année 2025, des affichettes et autres étiquettes Bio Équitable en France ont fleuri dans les boucheries (notre photo) des magasins Biocoop Les 7 Épis, à Lorient, et Bio Golfe, à Vannes. Une manière de valoriser l’offre issue du commerce équitable du groupement Bretagne Viande Bio (BVB), adhérent du label. Une grande première pour un rayon où la mise en avant de la labellisation équitable était jusque-là absente. La discussion est bien avancée pour reproduire ce dispositif dans d’autres magasins bretons.

Boucherie du magasin Biocoop – Les 7 Epis à Lorient. Photo fournie par Bio Équitable en France.

Le groupement d’éleveurs, Le Pré Vert (adhérent Bio Équitable en France) projette de le mettre en place dans des magasins du Sud-Ouest, nous indique Vincent Rousselet, directeur général du label.

Les magasins Les 7 Épis et Bio Golfe s’engagent via la signature d’un contrat de trois ans avec le groupement de producteurs concerné sur des prix garantis basés sur les coûts de production (incluant la rémunération des éleveurs fixée à deux fois le Smic) et au paiement d’un fonds de développement équivalent à 1 % du montant des achats.

De son côté, le groupement de producteurs s’engage à prioriser le magasin dans ses approvisionnements et à garantir l’origine des animaux. La valorisation du label Bio Équitable en France pourrait aussi s’afficher sur une offre de viennoiserie dans le cadre d’un projet mené avec un adhérent boulanger fournisseur de magasins dans le Nord.

 

Fairtrade/Max Havelaar au rayon vrac et en appui de la RHD

Les étiquettes posées sur les silos de café sur lesquelles figurent le logo Fairtrade/Max Havelaar. Visuel fourni par le label.

Max Havelaar labellise également des produits bio vendus en vrac (thé, café, palets de chocolat…) et met à disposition des magasins bio des étiquettes à apposer sur les silos (notre photo). Parmi les nouveautés à venir, une gamme de légumineuses de producteurs de l’Yonne arrive cette année 2026 en réseau bio. Max Havelaar France accompagne également les collectivités et acheteurs publics dans l’intégration du commerce équitable dans leurs marchés alimentaires.

Avec comme fers de lance, l’initiative Fairtile et le programme Territoire Juste Rémunération (lauréat du SIAL 2025). Au programme, notamment, des diagnostics gratuits (réalisés par des ingénieurs agronomes) afin d’identifier si les prix payés aux producteurs approvisionnant les cantines leur permettent une rémunération équitable et la mise en relation avec des fournisseurs engagés. À fin janvier 2026, une vingtaine de collectivités ont manifesté de l’intérêt pour TJR, dont une dizaine ont leurs diagnostics déjà réalisés.

En complément, Max Havelaar France aimerait lancer, dans le cadre des Projets Alimentaires Territoriaux, des laboratoires locaux citoyens mettant à contribution l’acheteur (collectivité), le vendeur (producteur), le tiers expert en juste rémunération (Max Havelaar), les bénéficiaires des repas et acteurs en charge du développement économique.

Le label se veut également « un catalyseur de conversions en bio. Grâce à l’autonomisation du producteur, on apporte une sécurité économique au producteur pour qu’il puisse se convertir », souligne Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France. Le label bénéficie de deux niveaux de rémunération avec « une prime additionnelle pour couvrir les coûts de production en bio ».

 

Fair for Life : nouveau site web et révision stratégique

En mai 2025, Fair for Life (labellisation du Groupe Ecocert) a lancé son nouveau site web (www.fairforlife.org), qui est à la fois la vitrine du label et présente l’ensemble des opérateurs certifiés (avec une page dédiée pour chacun).

Le site web de Fair for Life s’est refait une beauté. Capture d’écran : Bio Linéaires.

Un moteur de recherche permet de les identifier facilement via les filtres « filière », « pays » et le type d’acteurs de la filière (producteur, marque, etc.), un outil « très apprécié par l’ensemble de la communauté et par les marques et distributeurs dans leur recherche de nouveaux partenaires fournisseurs », précise Laurent Lefebvre, responsable Développement et Partenariats – Département RSE & Commerce équitable du Groupe Ecocert.

Le standard Fair for Life est actuellement en cours de révision avec un déploiement de leur nouvelle version fin 2026. Laurent Lefebvre nous en détaille les objectifs : « clarifier et renforcer les fondamentaux de FFL sur la dimension économique du commerce équitable (objectif de juste rémunération, partage équitable de la valeur ajoutée dans la filière, fonds de développement) ainsi que l’ambition d’impacts du label.

Elle vise également à apporter une réponse très opérationnelle aux acteurs impliqués dans des filières à fort risque sociaux ou environnementaux [et à] s’assurer du respect par le label des évolutions réglementaires, notamment la Directive EMPCO portant sur les claims de durabilité, qui foisonnent aujourd’hui mais souvent sans vérification solide par un tiers indépendant ».

De nouveaux acteurs français et bio ont rejoint récemment Fair for Life dans diverses filières (vin, yaourts végétaux, fruits secs, boissons pétillantes)… L’année 2024 a d’ailleurs marqué une progression notable des filières Origine France sous label FFL (43 % des ventes et 57 % pour celles d’importation).

 

Article extrait de notre dossier Quinzaine du commerce équitable paru dans Bio Linéaires N°123

 

 

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