NUMERO : N°90-juillet-août 2020

Pourquoi manger moins de viande ne signifie pas supprimer l’élevage, au sens propre du terme ?

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Pourquoi dire que manger  moins de viande, c’est supprimer l’élevage ? Parce qu’on a le tort d’utiliser le même terme – « élevage » – pour désigner deux activités très différentes, qui ont en commun de travailler avec des êtres vivants et de mettre sur le marché de la viande, des produits laitiers et des œufs.

L’une de ces activités consiste, pour des agriculteurs et des éleveurs à « élever » un nombre limité d’animaux en prenant soin d’eux et en leur fournissant une alimentation et des conditions de vie conformes à leurs besoins physiologiques. Bref, à faire de l’élevage au sens propre. C’est ainsi que l’on produisait ces divers aliments jusqu’au début du XXe siècle.

Supprimer les « usines à viande »

La seconde activité appelée également « élevage », à notre avis à tort, est en fait une industrie qui ne diffère des autres que par le fait que leurs machines sont des animaux. Or diminuer la consommation de viande, ce n’est pas diminuer l’élevage – au sens premier du terme – mais supprimer les usines à viande et autres produits animaux, qui n’ont qu’un seul avantage, purement économique : produire moins cher. Pour le reste, elles n’ont que des inconvénients.

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Bien-être animal en bio

Tout a été dit sur les inacceptables conditions de vie des animaux des « élevages » industriels. En élevage biologique de gros progrès ont été faits par rapport à l’élevage conventionnel :
● L’élevage hors sol est interdit
● Tous les animaux doivent avoir accès à un espace extérieur et les ruminants à un espace pour pâturer
● Lorsqu’ils sont à l‘intérieur, les bœufs et vaches à viande doivent avoir une litière végétale et un éclairage naturel
● En étable, les vaches doivent disposer d’au moins 6 m² par animal
● L’attache est interdite, sauf situation particulière (notamment en montagne) et les animaux doivent sortir au moins deux fois par
semaine en dehors des périodes de pâturage
● En élevage de volailles, il ne doit pas y avoir plus de 10 poulets par m² contre 20 en élevage conventionnel. Les volailles doivent
disposer d’au moins 4 m² par tête d’espace extérieur (10 m² avec le cahier des charges de Nature et Progrès)
● En production de viande de veau, les jeunes veaux doivent téter leur mère pendant les trois premiers mois, alors qu’en conventionnel ils peuvent être séparés à la naissance
● L’alimentation des ruminants (vaches, moutons, chèvres) repose sur l’utilisation maximale des pâturages
● Il est interdit de carencer volontairement les animaux en certains nutriments
● Les mutilations (épointage du bec, écornage, raccourcissement de la queue) sont interdites sauf circonstances exceptionnelles
● Le gavage est interdit
● En cas de problème sanitaire, la phytothérapie et l’homéopathie sont utilisés en priorité. Le nombre de traitements allopathiques
autorisé est limité
● La charge totale en animaux pour l’exploitation ne doit pas excéder 2 unités gros bétail (soit 2 bovins ou l’équivalent avec d’autres
espèces) par hectare de surface agricole utilisée (SAU), de manière à ne dépasser un apport d’azote de 170 kg/ha
● Vivant dans des conditions plus « normales » et ayant une alimentation de meilleure qualité, les animaux tombent moins souvent malades.
Claude Aubert

Extrait du dossier “Flexitarisme” paru dans Bio Linéaires N° 90 – Juillet / Août 2020 (version consultable pour nos abonnés / achat au numéro pour les non-abonnés).

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