Réforme de la PAC : les acteurs de la bio vent debout

Comme nous l’annoncions dans un précédent article, la bio ne se retrouve pas dans les premiers arbitrages rendus autour de la politique agricole commune (PAC) qui ferait perdre 132 euros par hectare et par an à l’agriculture biologique. Vendredi 21 mai, plusieurs organisations ont quitté la table des négociations fustigeant “la caricature anti-environnementale du gouvernement sur la Bio”. La Fnab appelle à une mobilisation le 2 juin prochain à Paris pour demander la réouverture des arbitrages sur la Bio. 

Un ensemble de 29 organisations, dont le Synabio, la Fnab, ForéBio et Bio Cohérence, dénonçait déjà fin avril les premiers arbitrages rendus autour de la PAC, invitant le ministre de l’Agriculture à « revoir sa copie ». Dans un article à retrouver dans les colonnes du prochain Bio Linéaires (N°96 – parution fin juin), le Synabio alerte également sur cette baisse annoncée des aides accordées aux agriculteurs bio. “La bio se retrouverait au même niveau de soutien que la Haute Valeur Environnementale (HVE) qui autorise pourtant les pesticides et des engrais azotés de synthèse”, s’insurge le syndicat.

“Les premiers arbitrages ne vont pas du tout dans le bon sens”

Ces derniers jours, le dossier s’est de nouveau embrasé. Dans un communiqué paru ce 21 mai, le WWF indique quitter les négociations relatives aux premiers arbitrages sur la PAC face au rejet par le gouvernement des demandes des scientifiques et des citoyens. « Nous sommes très inquiets. Les premiers arbitrages sur le plan stratégique national pour la future PAC présentés ce matin par le ministre ne vont pas du tout dans le bon sens. Le gouvernement décide de maintenir un statu quo et donc une PAC qui soutient un modèle agricole à bout de souffle et contribue ainsi à l’effondrement de la biodiversité, la disparition de milliers d’emplois dans nos campagnes tout en entérinant l’impréparation du secteur agricole face aux chocs climatiques. Or, l’agriculture ne peut fonctionner avec un climat déréglé et une biodiversité détruite. Par cette proposition le ministre de l’agriculture ne rend pas service aux agriculteurs qu’il prétend pourtant protéger, et répond encore moins aux attentes citoyennes et recommandations des scientifiques », déplore Arnaud Gauffier, directeur des Programmes au WWF France qui enjoint également le gouvernement à revoir sa copie.

La Fnab dénonce un “simulacre de négociation”

Le WWF n’est pas le seul à avoir quitté ce vendredi 21 mai la réunion du Conseil d’Orientation de l’agriculture. La Fnab, qui suit depuis le début le dossier de près, quitte aussi la salle du CSO et dénonce “la caricature anti-environnementale du gouvernement sur la Bio”.
Dans un communiqué, la fédération nationale de l’agriculture biologique fait part de son écœurement : “Même virtuellement on peut quitter une négociation ou plutôt un simulacre de négociation” et fustige le “bilan du pire quinquennat pour le développement de la Bio. L’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir a sonné la fin du développement de l’agriculture biologique par l’action de l’Etat, laissant les consommateurs seuls tirer la dynamique et assumer le coût final”. Et de détailler : trois années de retard de paiement des aides bio jusqu’en 2020, le refus d’indemniser les fermes bio pour ces retards qui ont entraîné des faillites malgré la reconnaissance de la faute de l’Etat par le ministre de l’agriculture de l’époque, la suppression du financement de l’aide au maintien dès 2017, le refus de réunir les groupes de travail sur les paiements pour services environnementaux dans le cadre du travail pour la prochaine PAC et l’objectif de 15 % de surfaces bio en 2022 abandonné.

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« Quand on a commencé cette négociation, on a travaillé dur pour proposer quelque chose de réaliste dans un contexte de baisse du budget global. Le gouvernement nous a toujours dit que jamais nous ne serions mis au même niveau que la HVE. Notre seule erreur ça a été
d’y croire et de jouer le jeu de la négociation, pas celui de l’opposition. Cet arbitrage est une insulte aux agriculteurs et agricultrices bio », explique Loïc Madeline, secrétaire national PAC à la Fnab. Et de conclure : « La communication sur une enveloppe augmentée pour les
paysans conventionnels qui veulent se convertir à la Bio n’est que poudre aux yeux, ce budget est fictif et ne sera jamais dépensé, personne n’ira se convertir sans soutien durable ».

La Fnab appelle à une mobilisation le 2 juin prochain à Paris pour demander la réouverture des arbitrages sur la Bio. Le rendez-vous est fixé à 12h, place des Invalides, près de la sortie de métro. Inscription : ICI.

 

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