NUMERO : N°63 -janvier-février 2016

Tordons le cou aux idées reçues !

Même si le marché français des compléments alimentaires a enregistré une croissance de 6,4 % en 2014, il suscite quelquefois, du côté du consommateurs certaines interrogations : les produits proposés sont nombreux et il est donc parfois compliqué de se repérer dans la multitude des références commercialisées. La règlementation relative à ces produits est, elle aussi, abondante et peut demeurer complexe. À ces difficultés s’ajoutent certaines idées reçues tenaces. C’est pour y remédier que SYNADIET, le Syndicat National des Compléments Alimentaires, apporte aujourd’hui des réponses claires aux préjugés les plus répandus.

De quoi parle t-on ! 

Rappelons que les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires ayant un effet nutritionnel ou physiologique à l’instar des vitamines, des minéraux, des oligo-éléments ou des plantes. D’origine naturelle, marine ou végétale (certains disposent du label bio) ou issus de procédés de synthèse, les compléments alimentaires peuvent être composés d’un actif unique ou présentés sous la forme d’associations pour une action ciblée. Ainsi, à chacun son complément alimentaire.

Idée reçue n°1 :

les compléments alimentaires ne sont d’aucune utilité si on mange équilibré.

Il n’y a pas que des vitamines et minéraux dans les compléments alimentaires. Ceux-ci proposent une large action en fonction des besoins de chacun. En théorie, une alimentation équilibrée suffirait à apporter l’ensemble des besoins essentiels en nutriments et micronutriments y compris en vitamines et minéraux. En réalité, nos habitudes alimentaires ne permettent pas de couvrir l’ensemble de nos besoins. L’étude INCA 2 (1), menée entre 2005 et 2007 auprès de 2624 adultes et de 1455 enfants, démontre par exemple que nos habitudes alimentaires ne permettent pas de couvrir l’ensemble de nos besoins, et notamment ceux en vitamines et minéraux. Dans certains cas, une alimentation équilibrée ne suffit donc pas à aider à retrouver un sommeil normal, à diminuer le stress ou encore à améliorer l’activité de la circulation sanguine

Nous ne consommons pas assez de fruits, de légumes ou de produits bruts tels que la viande rouge et le poisson. Au contraire, nous consommons de plus en plus de produits raffinés ou transformés tels que les plats préparés qui présentent moins d’intérêt nutritionnel. Nos apports en nutriments sont de moins en moins bien couverts et les déficiences ne font que s’accroître.(1)

Des besoins nutritionnels très spécifiques

Plus de 40 % de la population adulte est susceptible de présenter des déficiences sur les vitamines et minéraux type Calcium, Magnésium, Vitamines A, C, D et E. Certaines populations sont particulièrement touchées. Les femmes le sont plus que les hommes. Tout au long de la vie, des besoins spécifiques apparaissent, comme au moment de l’adolescence, de la grossesse, de l’allaitement, de la ménopause, d’activités physiques intenses ou de l’avancée dans l’âge. Ainsi, par exemple, les adolescents ont des besoins spécifiques du fait de leur croissance. Les personnes âgées, du fait de la réduction de la quantité de prises alimentaires, peuvent présenter des risques de déficit en calcium et en vitamines B1 et B12.

Idée reçue n°2 :

les compléments alimentaires ne sont que des vitamines pour sportifs.

Parmi les consommateurs de compléments alimentaires, seuls 0,3 % des femmes et 8,7 % des hommes ont pour but de combler des besoins particuliers liés à une activité sportive.(1)

Alors pour quelles raisons consomme-t-on des compléments alimentaires ?

  • Environ un tiers des consommateurs de compléments alimentaires en prend pour lutter contre la fatigue.
  • Un autre tiers en consomme dans le but de résoudre des problèmes de santé ou pour rester en bonne santé.
  • Un dernier tiers s’attache à traiter des problèmes ciblés comme la lutte contre le stress ou l’entretien du « capital beauté ».(1)

Idée reçue n°3 :

les compléments alimentaires ne sont pas efficaces.

Les bénéfices des compléments alimentaires sont scientifiquement avérés. De nombreuses études démontrent l’intérêt des nutriments pour conserver son «  capital santé » et prévenir les déficiences liées à certains déséquilibres nutritionnels. Un complément alimentaire ne peut revendiquer un bénéfice qui n’est pas prouvé.

L’action sur l’organisme (via une allégation santé) du complément alimentaire ne peut être communiquée au consommateur que s’il contient des composants :

  • Dont l’efficacité a été évaluée scientifiquement par l’EFSA : vitamines, minéraux, autres substances.
  • Dont l’effet a été répertorié dans des documents de référence officiels : plantes.
  • Qui bénéficient de preuves cliniques reconnues officiellement.

En outre, de nombreuses études scientifiques et épidémiologiques (type SUVIMAX) ont démontré l’intérêt de la supplémentation.

Le marché français des compléments alimentaires en chiffres

+6,4 % en 2014.

Les consommateurs :

15,7 % sont des adultes et 5,6 % d’enfants (1)

2/3 des consommateurs font 1 à 2 programmes par an.(1)

la vitamine C et le magnésium sont les deux ingrédients les plus connus et les plus consommés.

Idée reçue n°4 :

les compléments alimentaires sont dangereux pour la santé.

En respectant les doses journalières recommandées, les compléments alimentaires ne présentent aucun danger pour une personne en bonne santé. C’est parce qu’ils sont utilisés à des doses nutritionnelles et physiologiques qu’ils peuvent être consommés en toute sécurité.

Les compléments alimentaires sont strictement encadrés par de nombreux textes réglementaires français et européens et respectent des normes de qualité rigoureuses sur toute la chaîne :

  • Les ingrédients pouvant être utilisés sont listés dans l’Arrêté du 9 mai 2006 relatif aux nutriments pouvant être employés dans la fabrication des compléments alimentaires.
  • Les règles d’étiquetage et l’information destinée aux consommateurs répondent à des normes précises.
  • La production et le contrôle de la fabrication des compléments alimentaires sont encadrés afin d’assurer la traçabilité et garantir l’hygiène et la sécurité alimentaire.
  • Les acteurs de la profession sont régulièrement contrôlés par les inspecteurs des DDPP (Directions Départementales de Protection de la Population).
  • Un système de Nutrivigilance a été mis en place. Ce dispositif est un système de veille sanitaire dont l’objectif est d’améliorer la sécurité du consommateur en identifiant rapidement d’éventuels effets indésirables liés, notamment, à la consommation de compléments alimentaires ou de nouveaux aliments.

Hélas, la commercialisation de produits frauduleux sur Internet et les circuits parallèles alimente l’amalgame avec les compléments alimentaires réglementés et jette le discrédit sur une profession très encadrée en France et dans l’Union Européenne.

Lors d’un achat sur Internet, quelques recommandations s’imposent. Il est fortement conseillé d’acheter des produits sur des sites web qui proposent des paiements sécurisés et dont l’adresse du fabricant, qui doit obligatoirement être indiquée, se situe en France.

Quelques points clés peuvent et doivent être rapidement vérifiés tels que les conditions générales de vente clairement énoncées ou encore les renseignements concernant la société (adresse mail, téléphone…). Il est conseillé de s’assurer que l’entreprise répond au courrier ou au téléphone.

Enfin, avant d’acheter un complément alimentaire, il est recommandé aux consommateurs de suivre certaines recommandations .

Idée reçue n°5 :

les médecins ne prescrivent jamais de compléments alimentaires.

Au contraire, ils sont de plus en plus nombreux à en prescrire. En 2013, 55 % des compléments alimentaires consommés ont été prescrits ou conseillés par un médecin.(2) Médecins généralistes ou spécialistes, pharmaciens et autres professionnels de santé, de plus en plus de prescripteurs s’intéressent à leurs bienfaits pour le maintien des fonctions physiologiques de l’organisme.

Si jusqu’ici il n’y avait pas d’enseignement en nutrition et micronutrition, de nouvelles formations, initiales et continues, se mettent en place et permettent aux futurs professionnels de santé de se former ou de se mettre à jour.

En pratique, comment bien choisir un complément alimentaire ?

Avant d’acheter un complément alimentaire, il est recommandé de lire son étiquetage et de respecter les conseils d’utilisation ainsi que les précautions d’emploi mentionnés par le fabricant.

Afin de s’assurer qu’il réponde aux exigences de la réglementation en vigueur, SYNADIET nous fait certaines recommandations :

1-S’orienter vers des produits dont la marque, le fabricant et le distributeur sont bien identifiés.

2-Vérifier la conformité de l’étiquetage.

Pour être conformes, les packagings doivent obligatoirement comporter :

  • La mention « complément alimentaire »
  • Le nombre de prises quotidiennes
  • La liste complète des ingrédients et le dosage des ingrédients essentiels
  • Le nom et l’adresse du fabricant
  • La liste des allergènes
  • Les conseils d’utilisation et de conservation, les précautions d’emploi et la date limite d’utilisation
  • Tous les produits vendus en France doivent obligatoirement être étiquetés en français

3-Méfiez-vous des produits « miracles »

Attention aux produits qui proposent une action très large ou qui ont des promesses trop aguicheuses (« anti-cancer », « perte de poids immédiate »…).

Le complément alimentaire n’est pas un produit miracle. Il contribue au maintien d’une bonne santé dans le cadre d’une hygiène de vie adaptée, c’est-à-dire une alimentation variée et équilibrée ainsi qu’une activité physique régulière.

4-Demander l’avis de son médecin en cas de traitement médicamenteux en cours.

Les personnes suivant des traitements médicamenteux doivent impérativement demander l’avis de leur médecin avant d’y associer une prise de compléments alimentaires.

(1) « Consommation de compléments alimentaires en France : profil des consommateurs et contribution à l’équilibre nutritionnel », exploitation de l’enquête INCA2 (Les études individuelles nationales de consommations alimentaires) par le CREDOC – Avril 2010

(2) Source : Etude Nutrinet Santé 2013

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