NUMERO : N°65 -Mai Juin 2016

Zoom sur l’iode

L’iode fait partie des minéraux traces mais il n’en est pas moins essentiel au bon fonctionnement de l’organisme et notamment de la thyroïde. Zoom sur cet élément bien souvent méconnu…

Ce n’est que vers le début du XXe siècle que les chercheurs ont réussi à établir un lien entre la carence en iode et une hypertrophie de la glande thyroïde (goitre). En effet, avant les années 1920, la carence en iode était la principale cause d’hypothyroïdie.

Le premier pays à avoir conseillé une supplémentation par la prise hebdomadaire de comprimés ou en consommant du sel iodé fût la Suisse dès le début des années 1920. Désormais, l’enrichissement du sel en iode s’est étendu aux pays industrialisés. Les carences sont exceptionnelles mais des déficiences peuvent s’observer.

L’iode est un élément rare de l’écorce terrestre et il se retrouve essentiellement au niveau des océans. L’organisme n’en renferme que 14 à 20 mg (14 000 – 20 000 µg), dont les trois quarts se concentrent au niveau de la thyroïde.

Son absorption alimentaire se fait au niveau intestinal et son élimination est presque exclusivement urinaire. D’ailleurs, en complément d’un bilan thyroïdien, il était courant en seconde intention de doser aussi la quantité d’iode dans les urines.

Essentiel au bon fonctionnement de la thyroïde

L’iode entre dans la composition des hormones thyroïdiennes T4 (thyroxine ou tétraiodothyronine) et T3 active (triiodothyronine). Le chiffre après le T indique le nombre d’atomes d’iode dans la molécule.

Elles se lient à des récepteurs intracellulaires et régulent de multiples fonctions physiologiques de base :

  • utilisation de l’énergie,
  • régulation du poids et de la température corporelle,
  • équilibre de l’humeur et de la libido,
  • bon fonctionnement des muscles, du cœur et des vaisseaux,
  • solidité des os et des dents,
  • beauté de la peau, des cheveux et des ongles,

Ainsi, un déficit en iode peut avoir un impact sur l’ensemble de ces paramètres biologiques dont le poids.

Primordial pour la femme enceinte et son bébé

Les besoins en iode sont plus importants chez la femme enceinte et celle qui allaite. Une carence en iode pendant la grossesse, et ce dès le début, peut avoir des conséquences sur le développement du cerveau du bébé. La carence en bas âge entraîne aussi des anomalies du développement appelées plus communément « crétinisme ».

Une supplémentation peut donc être envisagé uniquement pour les femmes à risque ou dont le déficit en iode est avéré.

Quels sont les besoins en iode ?

En France et en Belgique, les apports journaliers recommandés (AJR) pour les adolescents et les adultes sont de 150 µg d’iode.

Si on se base sur un apport en sel de 5 g maximum par jour, la quantité d’iode absorbé par ce biais est de 90 µg. Le sel est donc un bon vecteur de cet élément mais il peut être insuffisant en particulier pour les personnes ne consommant pas de poissons, de fruits de mer ou d’algues.

S’assurer chaque jour d’un bon apport en iode, et donc d’un statut convenable en cet élément, permettrait en cas d’accident nucléaire de diminuer le taux de captage thyroïdien de l’iode radioactif.

Les aliments les plus riches en iode

Les algues, de grandes pourvoyeuses d’iode

Les algues marines comme le varech vésiculeux (Fucus vesiculosus), une algue brune, sont de grands fournisseurs de ce précieux oligo-élément sous forme naturelle. De plus la biodisponibilité de l’iode provenant des algues est excellente. À l’inverse, en cas de carence avérée, il faut éviter une consommation importante de certains aliments dits « goitrogènes » car ils bloquent la fixation de l’iode dans la thyroïde (légumineuses, pommes de terre, crucifères, soja, manioc).

Précautions d’emploi

Les compléments d’iode et/ou d’algues en contenant sont déconseillés en cas d’hyperthyroïdies (maladie de basedow) et d’hypersensibilités ou d’allergies à l’iode.

Angélique Houlbert
Nutritionniste

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