Circuits GMS et start-up : 4 tendances clés 2022-2025

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Sauveur Fernandez (à gauche au micro) animera quatre cycles de mini-conférences sur le forum des Bio-Tendances à Natexpo Paris 2021. Photo Archives Laura Duponchel / Bio Linéaires.

Désormais acteur du bio, la grande distribution et les marques conventionnelles s’inspirent du circuit spécialisé, mais, avec les start-up, avancent aussi, sur des voies novatrices. Focus sur deux de ces voies avec Sauveur Fernandez (Econovateur). Notre expert les présentera en détail à Natexpo, lors du Forum des Bio-Tendances. Rendez-vous les 24, 25 et 26 octobre à Paris Nord-Villepinte sur le stand R111 de Bio Linéaires !

Inscription Forum des Bio Tendances septembre 2021

1. Drive piéton et quick commerce, nouveaux étalons

Le drive piéton est parti pour devenir, en une poignée d’années, une version proxy « nouveau siècle » du drive. 40 % des jeunes actifs, cible prioritaire, affirment ne plus fréquenter les hypermarchés… 700 000 ménages ont utilisé les quelque 600 drives piétons en 2020. Des chiffres en passe d’être doublés d’ici un an. Ce nouveau format va devenir un concurrent sur qui compter pour la bio spécialisée, pour au moins deux raisons :
1. les prix bas de l’hyper en centre-ville,
2. 2 000 références en moyenne sont disponibles virtuellement, et accessibles à quelques minutes à pied de son domicile…
Mais rien n’empêche de reprendre ces principes à son compte. La livraison à domicile en une à deux heures se démocratise quant à elle dans les villes moyennes. Elle concerne plutôt les familles avec enfants et les encombrants. Mais les start-up européennes comme Gorillas ou Cajoo en France vont encore plus loin avec la livraison en… 15 minutes, qui sera d’ici peu investie par la GMS, et courante en 2030.

2. Livraison de repas et cuisine fantôme

Sur les pas d’Amazon, les Licornes (grandes start-up de livraison à domicile et de repas américaines et européennes) évoluent verticalement en maîtrisant de plus en plus les trois grandes clés du nouveau commerce alimentaire. Elles sont à la fois partenaires… et de plus en plus concurrentes des grandes enseignes conventionnelles. Source : atthemargins.co

Encore embryonnaire en France, la livraison de repas et kits ou box repas, dopée par la Covid est dynamique aux États-Unis et en Angleterre. Sur les pas des start-up spécialisées (Blue apron, Uber Eats…), la grande distribution américaine s’est lancée depuis peu dans ce secteur, incluant les restaurants fantômes (restaurants virtuels uniquement disponibles par Internet). Ces grandes enseignes ont pris conscience du danger de laisser ce marché prometteur aux start-up (Blue Apron, Uber Eats, etc.).
En France, les start-up du type Deliveroo dominent, bien plus que la GMS. C’est cependant une erreur, là aussi pour les distributeurs (inclus les magasins bio !) de ne pas investir massivement dans cette nouvelle offre alimentaire pour trois grandes raisons :
1. si le Français, contrairement aux pays anglo-saxons, n’a pas l’habitude de commander ses repas, les choses évoluent du côté des jeunes urbains connectés, et des célibataires qui sont la clé d’entrée,
2. les enseignes de restauration, pour se prémunir de futurs confinements, ont compris qu’il fallait livrer à domicile, ce qui va accélérer le phénomène,
3. les commandes s’effectuant de plus en plus sur smartphone, la place est limitée coté application (environ neuf applis quotidiennes utilisées). Les start-up agrégatrices citées, et d’autres, sont actuellement en train de verticaliser leur offre en basculant notamment vers l’épicerie… La livraison de repas (et les darkstore !) est ici utilisée comme un cheval de Troie pour créer une super application de commande qui permet de livrer tout type de produits de grande consommation (PGC) pour mieux s’imposer, par sa praticité, dans le smartphone du client.

Cette stratégie habile (utilisée depuis toujours par Amazon) n’est pas encore perçue à sa juste valeur par la GMS. Il n’est pas sorcier pourtant de deviner, qu’après quelques années de dure bataille et une concentration inévitable des start-up, celles-ci auront les moyens d’affaiblir, dominer ou racheter certains acteurs du conventionnel… et de la bio française et européenne.

La bio devrait investir la livraison de repas, mais à sa manière. En évitant par exemple les « ghost kitchen » peu coûteuses mais anonymes et sans âme, en mutualisant des cuisines ou en s’associant avec de « vrais » restaurants. Une stratégie suivie depuis peu par la start-up française Not So Dark.

Sauveur Fernandez

Toutes les conférences de Sauveur Fernandez à suivre sur le Forum des Bio Tendances

Toutes les conférences à suivre sur le Forum des Bio-Tendances :
Bio post-Covid, quatre clés pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs
Vrac : tendances marchés et dernières avancées réglementaires
Emballages : ce que les magasins bio attendent des fournisseurs
BIO++ : face à la montée de nouveaux objectifs sociétaux
Comment la Covid-19 a impacté le réseau bio
Un vent de liberté pour le consommateur bio ?
Des filières solidaires aux slow filières circulaires du XXIe siècle
Le marché bio belge doit-il penser différemment ?

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